1 février 2020

Visite chez Jacky Blot, au domaine de la Taille aux Loups (Montlouis)


Une dégustation chez Jacky Blot est un grand voyage. Voyage en humanité pour commencer, tant le personne est attachant, communicatif et sait se rendre disponible à ces interlocuteurs. On a souvent l’impression, lorsque l’on discute avec Jacky, d’être important à ses yeux. Voyage au pays des grands vins ensuite, tant le niveau général des gammes (le domaine de la Taille aux Loups et le domaine de la Butte) est élevé, et toujours remis en cause par la recherche perpétuelle de l’amélioration et de la perfection. De nouvelles cuvées apportent toujours un changement dans la continuité comme aurait dit l’un de nos anciens présidents. Voyage enfin dans les échanges qui se nouent au gré des visiteurs, dans une sorte de benchmark entre nouveaux et anciens, débutants en vin ou confirmés …
Cette année encore, arrivée vers 14h15 pour un départ « assez tôt » vers 17h00. En route pour une visite entre Montlouis, Vouvray (j’y tiens) et Bourgueil.

Débutons par les blancs du domaine de la Taille au Loup
Triple Zéro (millésime 2017 non revendiqué) : nez salivant frais, sur des notes de fermentation de la pomme, une sorte de cidre mêlé au vin. Impression très agréable, accompagnant une douceur de belle effet. Tension en bouche avec un ciselé précis, sur le « semi-oxydatif », qui se retrouve jusque dans une finale « peau de pomme ». Tendresse sur le classique du chenin. Grande allonge. Excellent
Un deuxième service a révélé un tout autre visage du vin, mais un même plaisir. Vin plus gras, avec une aromatique mieux développée. Bouche avec de la tension presque perlante. Finale qui n’a pas changé.
Montlouis, Clos Michet 2018 : finesse élégante au nez, pointe mentholée bien présente, fine aromatique en support. Bouche grasse et opulente mais équilibrée parfaitement par une acidité mesurée. Finale presque fumée. Un vin « immédiat ». Très Bien
Montlouis, Clos Mosny 2018 : finesse plus sur la tonicité au nez. En bouche, force tellurique intense, tension exacerbée, gras intégré et grande aromatique en soutien. Vin solide et séveux jusque dans sa finale de caractère. Excellent
Montlouis, Clos du Hochet 2018 : belle aromatique florale au nez, grasse, avec une impression de profondeur. Bouche dégageant une grande énergie, une minéralité superlative, dessinant une finale ciselée quoique laissant une impression de rondeur et de civilité. Retour magnifiques sur des amers salivant. Nouvelle cuvée de 2017, mais grand parcellaire. Excellent +
Vouvray, Clos de la Bretonnière 2018 : un nez de calcaire fin, poudré délicatement. Puissant en bouche, tendu mais gras et finalement très enjôleur. Un faux vin immédiat. Potentiel de vieillissement immense … pour un plaisir vraisemblablement décuplé. Excellent ++
Vouvray, Clos de Venise 2018 : le même style de vin, avec un supplément de tout. Aromatique exceptionnelle, pointe perlante sur le menthol, notes fumées au nez. Bouche avec un énorme potentiel, de la mâche (presque « tannique »), de la classe. Seule la finale semble un peu en retrait et s’exprime « plus discrètement ». Excellent + (potentiel exceptionnel)
Montlouis, Clos du Hochet 2017 : premier millésime sur ce vin et très grande réussite. Après un an, le vin a pris un volume supplémentaire, une carrure d’athlète. Du volume et de l’ampleur donc, mais aussi un gras mentholé au nez, une bouche énergique, tellurique, puissante et large. Empreinte superlative, entre minéralité et gras. Enrobe les papilles. J’en salive encore ! Excellent ++
Montlouis, les Hauts de Husseau 2017 : impression de caillou au nez, et de discrétion en bouche. Energique malgré sans doute une phase de fermeture (et difficile de passer après le Hochet 2017). Très Bien ++
Montlouis, Clos Mosny 2015 : un nez discret, qui m’évoque plus les blancs d’Anjou que de Montlouis. Par contre, la bouche est riche, ronde, mais sans mollesse. Fraîcheur en finale, opulence équilibrée, grande acidité et du peps. Un vin énergique. Très Bien +
Montlouis, Clos Michet 2012 : tonicité perlante au nez. J’adore l’aromatique prometteuse. Grande bouche, fumée à souhait, salivante, avec un grain minéral vibrant. Finale sur de magnifiques amers nobles, presque grillés. 💓
Montlouis, Clos Mosny 2012 : un nez un peu sur la retenue, sur un équilibre floral et mentholé. Puissance sur le caillou en bouche, de la mâche, qui dessine un profil de vin masculin. Excellent +
Montlouis, les Hauts de Husseau 2012 : immédiateté enjôleuse pour ce vin tout en rondeur et en tension. Accessible, sans complication. Salivation salvatrice en finale. Excellent
Vouvray, Clos de la Bretonnière 2012 : minéralité grasse, aromatique classe et de grande élégance au nez. Bouche de « grand cru », serrée, tendue, puissante sans sacrifier à l’élégance. Grandiose finale. 💓
Vouvray, Clos de Venise 2012 : senteurs florales évanescentes au nez, discrétion asiatique, zénitude élégante. Bouche alliant tous les classiques du chenin exceptionnel : tension, gras, grillé, acidité. Le vin dessine une longue route qui mène vers le nirvana. Longue longue empreinte. 💓💓
Montlouis, Remus Plus 2010 : moins concentré bien sur que le précédent, mais toujours un vin sur l’élégance. Vivacité et gras se conjuguent parfaitement. Pointe semi-perlante en finale. Excellent (+)
Montlouis, Remus Plus 2008 : nez à mon goût un peu voilé, légèrement truffé. Bouche qui m’a parue « raide », manquant d’élégance. Finale sur des amers typés peau d’amande. Très Bien
Vouvray, Clos de Venise 2000 : le feu d’artifice pour terminer cette série de blancs. Superbe nez tout en dentelle Bouche à l’avenant, sans creux et sans manque. A la fois sur la longueur et sur la largeur. Fine amertume en finale, acidité noble et folle. Un OVNI dans le verre. On approche de la lumière avec une tendresse superlative. 💓💓

Changeons de domaine, mais ni de vigneron ni de qualité de vins, avec les rouges du Domaine de la Butte.
Bourgueil, Pied de la Butte 2018 : gourmandise de fruits murs, tannins fins et salivants, amers nobles, impression de velours. Une belle structure pour ce vin de copains, de soif, d’été, bref pour toute occasion. Très Bien +
Bourgueil, Coteaux du Levant 2018 : cette nouvelle cuvée est structurée, construite sur une belle maturité du raisin. Fruits noirs coexistent avec des tannins nobles et civilisés, soyeux et crémeux. Energique avec une acidité redoutable. Un joli grain salivant en bouche. Excellent +
Bourgueil, Haut de la Butte 2018 : un nez presque bourguignon, sur les fruits bien sur, mais aussi des fragrances de ronce, dessinant un équilibre végétal de bon aloi. Grosse structure tannique en bouche, qui demandera du temps pour se fondre. Retour sur une finale marquée par une amertume prononcée, mais pas prégnante. Très Bien
Bourgueil, Mi-Pente 2018 : un nez cistercien, un fruit profond, mesuré, dessinant une assise solide. Bouche tendre, sur un potentiel énergétique élevé. Tannins certes saillants mais montrant déjà leur potentiel. Acidité noble, puissance tellurique et allonge. Gros potentiel. Potentiellement Excellent ++
Bourgueil, Perrières 2018 : un nez encore sur le végétal noble, la ronce, le cynorhodon. Le fruité est présent, en soutien et en complément, sur un substrat clairement minéral, de caillou. Bouche détendue, puissante, avec une belle acidité et une charge tannique crémeuse, de caractère. Finale superbe, marquée par une fine amertume salivante. 💓
Bourgueil, Haut de la Butte 2017 : un peu de retour sur terre avec ce vin sur la maturité et la douceur. Rondeur avenante en bouche, tannins sérieux et déjà facilement domptables. Une impression de presque immédiateté. Excellent
Bourgueil, les Perrières 2017 : nez, bouche et air de famille avec le 2018. Dans le détail, le vin apparaît plus ‘rond’ et moins tannique que son successeur. Mais on mégote un peu. 💓

Cette année, nous avons réussi à ne pas (trop) déborder sur notre emploi du temps prévu. Nous déclinons avec un peu de peine l’invitation de Jacky Blot à déguster les sucres, mais la route nous attend pour nous mener jusqu’à Angers.

En conclusion, je reprendrai mes écrits de l’année dernière : Confirmation de la très grande qualité humaine du vigneron et de la très grande qualité gustative des vins de ses deux domaines.

Un immense merci à Jacky Blot et son épouse pour leur disponibilité et leur sympathique accueil.

Bruno

Repas au Bistrot des Belles Caves à (37) Tours

Le Bistrot des Belles Caves, à Tours, porte bien son nom. La cuisine y est bistrotière, mais quand même avec un supplément « gastro » non négligeable … et la carte des vins propose un choix très intéressant, basé notamment sur des vins des deux domaines de Jacky Blot, la Taille aux Loups en Montlouis + Vouvray et la Butte en Bourgueil.
Tradition oblige, nous y voilà en ce samedi matin, prélude d’un week-end ligérien fort en émotions …
Malgré ma dilettante avec peu de photo et aucune prise de note, notamment du plat (une pièce de bœuf de noble origine, cuisinée à merveille), voici deux plats (entrée et dessert) de belle facture.

Tartare d’avocats et salade de saumon

Dessert « tout chocolat » (une tuerie)

Pour accompagner le repas, nous avons choisi une bouteille :

Jasnières, 2017, domaine de la Roche bleue : belle entrée en matière pour accompagner le saumon. Un vin sur la fraîcheur, la finesse et la floralité. Tendresse en bouche, tension mesurée, aromatique sur les agrumes. Un vrai vin de copain, d’été ou de curieux. Très Bien

Bourgueil, Perrières 2003, domaine de la Butte : en l’absence du millésime 2005, nous avons été dirigés par David Fontaine vers un 2003. Et grand bien nous a pris. Robe évoluée, sur un rouge orangé d’intensité moyenne. Un nez tertiaire, qui ne cache pas le fruit du cabernet franc. Maturité du raisin, fruits noirs, pointe de pruneaux et de cuir, l’ambiance est plantée. En bouche, le vin est complexe, entre le fondu suave confit (et non confituré) du millésime et une réserve d’acidité encore bien présente. Tannins arrondis, presque bourguignons. Très belle finale tout en douceur, en longueur et en charme. Quelques années de garde sont encore possible pour ce vin dans la force de l’âge. Excellent

Une adresse sûre, pour un repas rapide et de bonne qualité (cerise sur le gâteau, l’amateur de vins peut vraiment se faire plaisir, à des prix modiques).

Il me fallait signaler ce bistrot haut de gamme. RDV l’année prochaine.

Bruno

20 janvier 2020

Salon "Papilles et Pupilles" - 16° édition


RDV traditionnel de janvier, la Rencontre autour du vin et des spiritueux d’auteurs organisée par « Papilles et Pupilles » se tenait ce lundi au studio Cyclone rue Vulpian. Cela fait maintenant quelques années que nous participons avec plaisir à ce salon dont l’organisation et la convivialité sont à souligner. Nous tenons une nouvelle fois à remercier très chaleureusement Florence Coiffard et Delphine Laurent de leur invitation.
Très beau salon, organisation parfaite, des locaux spacieux et aérés et verres à dégustation optimisés pour notre plus grand confort.
Notre sélection, courte et toute personnelle d’un plateau resserré, nous a donné entière satisfaction.

Domaine Lucien Crochet
Redécouverte du domaine et de ses vins, avec une qualité de belle facture, tant en blanc sur la floralité qu’en rouge sur des équilibres presque bourguignons.
Sancerre, 2018 : un nez floral, vif et arrondi qui se retrouve sur une bouche assez complexe, qui laisse une impression grasse et très enjoleuse. Un beau vin de soif et de copains. Bien +
Sancerre, Les Calcaires 2017 : une empreinte minérale bien définie, un tendu légèrement granuleux sur la poudre de calcaire, une aromatique sur les agrumes et le citron. Belle énergie dans son ensemble. Très Bien
Sancerre, Le Chêne Marchand 2016 : malgré le nez plutôt fermé, un vin de belle définition, équilibré sur le triplet gras / tension / aromatique. Potentiel certain pour ce vin de garde assez charpenté. Très Bien +
Sancerre, Vendanges du 7 octobre 2015 : un demi-sec construit sur la douceur et l’équilibre. C’est de demi-corps et léger, mais bien équilibré. Grande finale salivante. Bien ++
Sancerre, domaine 2014 : un pinot vif et acidulé, une sorte de faux maigre, des tannins avec une pointe volumique salivante, jusque dans la finale réglissée. Bien +
Sancerre, La Croix du Roy 2015 : le sommet de la gamme pour moi en termes de rapport qualité / prix / plaisir. Fruité sur la maturité et le gras, bouquet de fruits noirs gorgés de soleil, tannins fins et déjà très civilisés, mais avec un volume de caractère. Finesse et pointe végétale jusque dans la finale. Excellent (+)
Sancerre, Prestige 2018 : Pointe végétale noble au nez, vivacité et aromatique pinotière. Bouche construite sur une structure acide de bel effet, conjuguant velours et suavité. Grands amers sur la finale qui laisse une immense empreinte. Digne d’un grand bourgogne. Longue garde obligatoire. Excellent +

Domaine Robert Denogent
Dommage que la dégustation ait été polluée par un braillard de chez Guy Savoy. J’espère que le style dans le restaurant est tout autre … Une gamme un peu hétérogène.
Un Mâcon village, les Sardines 2018 : un vin pris sur cuve sur un équilibre gras et acidulé. Impression semi-perlante de bel effet. Gouleyant. Vin de soif et de copains bien fait. Bien
Un Macon Fuissé, les Tâches 2017 : plus sérieux et plus vineux, tant au nez qu’en bouche. Opulence, fraicheur et empreinte finale de belle facture. Bien +
Un Viré-Cléssé, en Chatelaine 2017 : un vin fermé à triple tour avec un nez sur la pomme L Prémox ou problème de bouteille (notre « ami » sommelier n’a semble-t-il pas détecté le soucis … Le nez sans doute, ou le syndrôme de celui qui ne recrache pas). A revoir
Un St Véran, les Pommards 2017 : beau gras, belle bouche, belle énergie pour ce vin alliant tension, longueur et empreinte volumique. Très Bien +
Un Pouilly-Fuissé, la Croix 2017 : une grande minéralité, du potentiel de garde sur une énergie acide et minérale. Un peu moins mon style que le précédent, mais très bien fait. Très Bien (+)
Un Pouilly-Fuissé, les Reisses 2017 : le même que le précédent, ais avec un supplément de tout, et surtout de potentiel. Pointe d’élevage légèrement perceptible, mais le vin va évoluer magnifiquement. Excellent
Un Pouilly-Fuissé, les Cras 2017 : plus longiligne et avec un élevage à ce stade encore prégnant. A fondre avant de se prononcer. Déjà Très Bien
Un Pouilly-Fuissé, la Croix 2016 : nez aérien sur la réduction. Même constat en bouche, sur un équilibre plutôt acide qui doit évoluer. A revoir

Domaine Jean-Marc Burgaud
Jean-Marc égal à lui-même de gentillesse et de sympathie. Les vins égaux à eux-mêmes, entre velours et typicité qui morgonne. Le cocktail est toujours là, pour notre plus grand plaisir.
Beaujolais-Village blanc 2018 : un chardonnay sur un registre très floral, une belle rondeur en bouche et un grain presque tannique qui réveille les papilles. Bien +
Beaujolais-Village rouge 2018 : quel fruité explosif au nez, quelle douceur gouleyante et quelle mâche. J’ai soif ! Très Bien
Morgon, les Grands Cras 2018 : un vin doucement rocailleux, de petits tannins salivants en finale pour un vin sérieux, vineux et équilibré. Très Bien ++
Morgon, Côte du Py 2018 : de la profondeur et une empreinte superlatives. Bouche apaisée sur un registre de gamay mur, charpenté et élégant. Un summun ! Excellent +
Morgon, Côte du Py Javernières 2017 : l’effet millésime pour ce gamay qui pinote ! Douceur, tendresse et aromatique presque de demi-corps. Tannins élégants. Beau vin qui sera plus rapidement prêt. Excellent
Morgon, Côte du Py James 2017 : l’archétype du grand morgon, tannique, rocailleux mais élégant, qui dégage une impression de profondeur et de charpente, tout en laissant échapper quelques notes fraîches, sur le menthol. RDV dans 10 / 15 ans. Exceptionnel

Voilà, courte mais très intéressante visite. Un salon organisé de mains de maitre(sses) par Florence Coiffard et Delphine Laurent, et toute l’équipe de « Papilles et Pupilles » que nous remercions.

RDV l’année prochaine.

Bruno

16 janvier 2020

Quelques vins de Janvier

Quelques vins de ce début de mois de janvier, histoire de ne pas perdre la main avant les événements qui s’annoncent (Salon Papilles et Pupilles et Week-end des vins de Loire à Husseau et Angers …).

Sans prise de notes, ces quelques commentaires.
Sancerre, la Jouline VV 2010, domaine du Carrou (Dominique Roger) : un nez de sauvignon très floral et élégant, sur une base citronnée salivante. Malheureusement, la bouche apparaît décharnée et déséquilibrée. Forte acidité, amertume prononcée sur des notes peu amènes de caoutchouc brulé, aromatique en retrait. Court et strident sur la finale. Moyen
Chambolle-Musigny, premier cru les Sentiers 2010, Anne et Hervé Sigaut : un nez qui pinote sur un équilibre très profond, fruits noirs, croquant, fumé assez prononcé mais de belle facture et fraîcheur. Bouche typée Chambolle, une acidité charpentée, une fine amertume et des tannins soyeux du plus bel effet. Seul une finale un peu courte (et un léger manque d’empreinte) empêche au vin d’atteindre les sommets. Très Bien +
Saumur, Clos du Tue-Loup 2011, château de Brézé (Arnaud Lambert) : un cabernet franc bien né. Nez droit, franc, fruité (fruits noirs), une pointe acidulée salivante. Belle bouche équilibrée, des tannins élégants et crémeux, un coefficient de torchabilité très élevé. Finale gourmande, qui ne demande qu’à y revenir. Excellent (et à moins de 15 € la bouteille, la vin est trop courte pour ne pas en profiter)
Morgon, Côte du Py 2009, Jean-Marc Burgaud : un gamay rocailleux comme Jean Lassalle, un fruité acidulé en contre-point de la structure tannique déjà bien fondue. Belle épice vive, complexifiée par une pointe minérale saline. L’ensemble dégage une suavité sur l’acidité, le tout avec une charpente sérieuse et juste dosée. Grande finale vibrante. « De la belle ouvrage ». Excellent

Bruno

1 janvier 2020




Un changement d'année en fanfare

Match retour du dernier réveillon (2018) pour le passage à l’année 2020 qui, contrairement à ce qu’on lit ou entend trop fréquemment, ne marque pas la fin d’une décennie. Pour cela, il faudra pour attendre 2021. Nous voilà donc invités pour un repas qui restera dans les annales tant la conjonction des planètes fut au rendez-vous. Un grand merci à nos amis Jean-Paul et Elisabeth pour cette soirée mémorable à tous les points de vue.

Pour commencer, un apéritif « light » avec quelques amuse-bouche de belle facture (brochette tomate-olive noire-jaune d’œuf cuit au congélateur ; toast de foie gras sur pain d’épices, tomates, boudins blancs), accompagnés par un Montlouis, Triple Zéro, domaine de la Taille aux Loups (Jacky Blot) : une fine bulle très fraîche, alliant tension acide du cépage, floralité, minéralité du terroir et un côté brioché toujours très avenant. Vivacité enrobée pour cette très belle entrée en matière. Excellent

Le menu sous forme de devinette, et les vins associés sur le même thème :
 
Quand l’Ecosse se promène dans les Maures
Fils illégitime de 2007

Les belles de Compostelle se parent de perles roses et de parfums acidulés
Le domaine a beaucoup travaillé pour le père Noël afin de recevoir ce premier cru en 2009

« Trump » teinté d’érotisme se drape d’épices et s’encanaille avec un trio coloré
AirBnB perdu sur sa péninsule en 2005

Contrairement à la Galilée, ils ne sont pas réels sur ce plateau
Les crus n’ont pas terni son faste en 2012

L’entremet du jour de l’an
Souteneur jurassien

Après maintes et parfois vaines recherche, voici les vins dégustés et bus :
Batard-Montrachet Grand Cru, 2002, Bouchard Père et fils : un grand chardonnay déjà à point, puissant, une trame terrienne profonde, presque argileuse, une floralité avenante, un grillé / des amers nobles et une vibration du plus bel effet. Excellent +
Chassagne-Montrachet, premier cru les Morgeots, 2009, domaine Ramonet : passer après ce fils illégitime aurait pu paraître difficile, mais rien n’en fût tant ce Chassagne dégagea une impression de force tranquille. Un (très) grand chardonnay riche mais d’une élégance superlative, une minéralité plus florale et plus aérienne, une amertume noble sur la peau de noix et d’amandes, un fin grillé vibrant entrant en résonance avec nos papilles. Superbe et subtile longueur, une pointe réglissée / glycérinée sur la finale. GRAND CHARDONNAY. Exceptionnel
D.O. Bierzo (Castille et Léon, Espagne), Villa de Corullon 2005 : un vin rouge sudiste qui a su garder toute sa fraîcheur et son élégance. Grand nez sur les fruits intenses, une pointe d’amertume assez marquée mais de belle précision. Notes herbacées fines - anisées - qui complexifient l’ensemble. Bouche en plein accord avec le nez. C’est puissant, frais, fruité et élégant. Notes complémentaires, sur le fumé et les épices et des touches d’évolution légère. Encore très jeune. Bel accord avec le canard. Excellent +
Vouvray, Clos de Venise 2012, domaine de la Taille aux Loups (Jacky Blot) : minéralité cristalline au nez, sur des notes florales et une pointe menthol / verveine. Déjà très salivant. Bouche tendue, puissante et très impressionnante. Une aromatique vibratoire, un léger gras qui enrobe et entoure l’acidité du terroir et du cépage, une acidité ciselée, une minéralité en second plan, qui apporte un complément de poudre crayeuse. Finale jouant à la perfection l’exercice du contre-point avec le gras et le lacté des fromages. Un instant magique comme le vin le permet parfois. Exceptionnel
Macvin, domaine de la Pinte : pas de souvenir précis de ce vin plutôt bien fait, sur une douceur mesurée, mais qui m’a un peu déçu, sans doute par manque de référence (n’ayant gouté que le Macvin de chez Macle). La fatigue peut-être.

Un grand merci à nos hôtes d’un soir pour leur accueil, leur générosité et … le couvert et le gîte.

Meilleurs vœux à toutes et à tous : santé, bonheur, prospérité et large soif !

Bruno