31 décembre 2013

Dernières bouteilles de l'année 2013

Pour un réveillon tranquille à la maison, en famille, nous avons sorti peu de bouteilles, mais quelles bouteilles !
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Mise en bouche avec un Champagne, Grande Année, Krug : un Champagne très vineux, une pointe oxydative, un fond minéral crayeux, presque sur la coquille d’huître et une suavité extrême. C'est opulent, acide-traçant et frais en finale. Très Bien
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Avec une entrée constituée par un plat de charcuterie de gibiers, un Pouilly-Fuissé, la Maréchaude 2007, domaine Delorme : un premier nez sur la réduction, qui laisse ensuite apparaître une sensation minérale forte, sur la craie et le silex (pierre à feu). La bouche est extrêmement complexe et associe des notes complémentaires, entre une vive acidité de structure, une rondeur méridionale délicate et une minéralité siliceuse. Finale magnifique sur des amers qui m'évoquent le zan, à la fois opulente, grasse, ronde et tendue (allongée par l'acidité de structure bien présente). Excellent ++
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Avec une cuisse de sanglier marinée, un Chambertin Grand Cru, 2004, domaine Rossignol-Trapet : le roi Chambertin est bien là. Au-delà d'une robe plutôt claire et peu intense, le nez est complexe, entre fruits noirs, cassis, réglissé et fumé. La bouche n'est pas (apparemment) imposante, mais impose sa présence gibracoise. Force tellurique mesurée, fruité évanescent, complété par des notes secondaires, l'ensemble étant porté par une acidité de bon aloi. Très long et salivant. Excellent
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Clap de fin, place maintenant à 2014.
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Bruno

Bilan 2013

Le bilan de l'année 2013 sera sans doute plus rapide que celui esquissé l'an dernier à pareille époque, la raison principale en étant, vous l'avez certainement remarqué, une moindre grande assiduité de ma part dans la rédaction de compte-rendu de dégustation. Non pas que j'avais décidé d'être raisonnable cette année, mais plutôt qu'une période - heureusement courte - de chômage m'a contraint à la recherche d'un nouveau job, et surtout ne m'a pas permis la même disponibilité pour les salons "pro" et autres rendez-vous du vin qui m'avaient pas mal occupé fin 2012. Ajoutez à cela une absence totale de soirées dites Gunthard, largement compensées par des repas amicaux, en vous aurez une explication du phénomène.
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On a coutume de dire que c'est dans les périodes difficiles, et le chômage en est une, que l'on compte ses véritables amis. Je crois aujourd'hui pouvoir vous le confirmer, la "garde rapprochée" fût toujours là, et plus encore, alors que d'autres semblent s'être évaporés. Dont acte !
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Très rapidement concernant les blogs, je pourrais répéter ce que j'ai écris l'an dernier, et même le confirmer en le double-soulignant. C'est toujours hallucinant de subir quelque petit encyclopédiste étriqué, sorte de sous-Diderot toulousain incapable de communiquer autrement que par tableau Excel interposé, et qui me laisse penser qu'il doit bien s'ennuyer dans la vie. Fatigant en vérité !!
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En dehors des classiques "blog du GJE", "Jacques Perrin", "Mosel Fine Wines" de l'ami David R. qui m'a piloté en Moselle allemande (ce dont je l'en remercie très chaleureusement) et "TLBCOUF", une mention spéciale au "Verre et l'assiette" de Jehan, au "Blog d'Epicure" d'Antoine et à un petit nouveau, enfin que je viens de découvrir, nommé "Vin plaisir".
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Concernant ce blog en particulier, la fréquentation a logiquement baissé, en même temps que le nombre d'articles publiés. Malgré tout, avec une moyenne de près de 80 visites par jour, je reste très satisfait de "mon audience" et j'adresse ici un immense merci à l'ensemble de mes lecteurs.
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Autre statistique, même tendance de la part de l’hébergeur de ce blog.
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J'espère de tout cœur que vous avez pris plaisir à me lire et à vous délecter des photos des jolis repas que j'ai essayé de vous faire partager. N'hésitez pas à intervenir, car je ne censure jamais !
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En 2014, pas de bonnes résolutions puisque je ne sais pas les tenir. Juste que comme ma cave est pleine, il va bien falloir que je me recentre sur des achats raisonnés. A suivre ...
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En guise de conclusion, je vous adresse tous mes vœux de santé, de bonheur et de réussite professionnelle et personnelle pour cette année 2014 qui, je l'espère, verra encore de belles dégustations et quelques repas d'anthologie dans de belles tables étoilées. 2014 sera marquée par un déménagement, et les projets qui vont avec.
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Prochains grands rendez-vous déjà programmés : Honfleur et le Sa Qua Na, le restaurant Jean Paul Jeunet à Arbois, le restaurant de Levernois, une verticale du cru "Ile des Vergelesses" au domaine Rapet, plus quelques soirées sur le pouce, au débotté, à la bonne franquette entre amis ...
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A l'année prochaine pour un nouveau bilan si tout va bien.
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Bruno

29 décembre 2013

Une sélection de mes vignerons préférés

En Moselle allemande
     - Jos Christoffel Jr
     - Karl Erbes
     - Egon Müller
     - Weingut Joh. Jos. Prüm
     - Thanisch S.A. à Lieser
     - Dr. Thanisch
     - von Beulwitz

En Italie
     - Pio Cesare
     - Michele Chiarlo
     - Elvio Cogno
     - Giacomo Conterno
     - Ettore Germano
     - Bruno Giacosa
     - Fratelli Grasso
     - Massolino
     - Pelissero
     - Produttori del Barbaresco
     - Rizzi
     - Bruno Rocca
     - Luciano Sandrone
     - Vajra

Au Portugal

     - Quinta do Crasto
     - Croft
     - Graham's
     - Taylor's

En Alsace

     - Paul Blanck
     - Paul Ginglinger

En Beaujolais

     - Jean Louis Chapuy (chambre d'hôtes)
     - Michel et Cédric Chignard à Fleurie

En Bourgogne

     - Domaine du Marquis d'Angerville
     - Domaine de l'Arlot
     - Domaine Michel Bouzereau
     - La Chablisienne
     - Domaine Pascale, Georges et Clément Chicotot
     - Domaine Marc Colin
     - Domaine Jean Paul et Benoit Droin
     - Domaine Vincent Dureuil-Janthial
     - Domaine Alain Gras
     - Olivier Morin
     - Domaine Vincent Rapet

Dans le Jura et en Savoie

     - Domaine Jean-François Ganevat
     - Domaine Macle
     - Domaine Jacques Tissot

En Loire

     - Domaines de la Taille aux Loups / de la Butte (Jean-Philippe Blot)
     - Château du Bois Brinçon (Xavier Caillaud)
     - Domaine Daniel Crochet
     - Domaine François Crochet
     - Domaine Vincent Gaudry
     - Domaine Arnaud Lambert

En Normandie

     - Eric Bordelet

En Provence

     - Château Simone

En Rhône (Nord et Sud)

     - Domaine Georges Vernay

Dans le Sud-Ouest

     - Domaine Arretxea (Thérèse et Michel Riouspeyrous)
     - Châteaux Bouscassé et Montus (Alain Brumont)
     - Domaine Cauhapé (Henri Ramonteu)
     - Domaine de Souch (Yvonne Hegoburu)
     - Clos Uroulat (Charles et Marie Hours)

RETOUR

28 décembre 2013

Une semaine d'agapes en Normandie

A l'occasion d'une semaine passée en Normandie en famille, quelques repas de fêtes ont été bien accompagnés. N'ayez crainte, je ne vais pas vous affubler d'une « liste à la LaurentG » (© Bobosse 2013), car le vin ne se limite pas à une note laconique lancée de façon péremptoire (et cela devient très rapidement lassant), mais au partage des nombreux plaisirs que la table nous procure.
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Voici donc quelques indications sur mes ressentis pris sur le vif et sans notes.
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Pouilly-Fuissé, Clos Reyssier 2008, domaine Delorme : un joli Pouilly-Fuissé construit sur une belle acidité, une trame minérale élégante, peut-être un léger manque d'aromatique, mais une belle finale longue, fraîche, finement minérale, tendrement saline et sur de légers amers grillés. Très Bien
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Chablis, premier Cru Vaillons 2002, domaine Laroche : Le syndrôme de Pierre Morey a encore frappé. OXYDE. Il serait vraiment temps qu'une prise de conscience générale de la bourgogne viticole ait lieu, car le coefficient d'oxydation prématuré est incroyablement élevé. Je passe !!!
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Lors du réveillon du 24 décembre, servi sur un foie gras au porto maison, un Chablis, grand cru Grenouilles 2000, la Chablisienne : un nez sur la minéralité fine / calcaire de Chablis, avec un supplément de profondeur et (déjà) une grosse une impression de puissance. La bouche est tendrement miellée, équilibrée entre gras, puissance et minéralité calcaire fine. Quelques notes de coquilles d’huîtres, un soupçon de vanillé et une magnifique finale, complexe à souhait (droite, saline, salivante, encore de beaux amers nobles ...). Bref, c'est Superbe
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Alsace Riesling, Grand cru Pfersigberg 2007 : c'est riche, onctueux, corpulent / opulent, mais traçant grâce à une trame citronnée (léger confit), minérale, saline, tendre et doucement pétrolée. Excellent
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Saumur blanc, les Perrières 2011, domaine de Saint Just : Un chenin pur, floral, de demi-corps, avec une sapidité fine. Bouche tendre et tendue, sur une belle définition. Finale finement minérale. Bien ++
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Chassagne-Montrachet, premier cru Clos du château de la Maltroye 2007 : un Chardonnay de noble origine, structuré, une impression glycérinée, des notes d'amandes amères salivantes. Très belle finale légèrement grillée. Très Bien ++
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Vin de Pays des Collines Rhôdaniennes, l'Art Zélé 2011, domaine Faury : une syrah pure, tendre, croquante, sur un équilibre floral, épicé et fruité. Tannins crémeux sans aucune mollesse. Structure bien présente et élégante, profonde en finale, évoquant presque une Côte Rôtie. Comme d'habitude, Excellent
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Chiroubles vieilles vignes, 2011, domaine Chapuy : Un gamay suave, un fruité sérieux, un grain en bouche élégant, un vin qui n'est pas lisse, à l'image de son concepteur. Tannins agréables, mi-polissés mi-rocailleux (dans le sens positif du terme). Finale terrienne qui a du caractère et de la personnalité. Un rapport qualité/prix imbattable. Très Bien +++
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Saumur Champigny, les Terres Rouges 2009, domaine de St Just : un bouquet de cerises au nez comme en bouche, un grain tannique assez imposant, légèrement granuleux mais soyeux. Une finale peut-être un peu dissociée ? Bien +++
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Lors du réveillon du 24 décembre, pour accompagner des filets de boeuf au poivre, sauce au foie gras, un Nuits Saint Georges, premier cru les Saint Georges 2000, domaine Chicotot : nez complexe, à la fois sur un fruité type cerises et pruneaux à l'alcool, une pointe réglissée, une touche grillée / résinée et des notes tertiaires (feuilles mortes), l'ensemble dégageant encore / toujours une impression de fraîcheur et de jeunesse. La bouche est en accord total avec le nez. Un pinot profond et corpulent, soyeux, suave et sensuel, sur une base fruitée. Un grain tellurique du plus bel effet, l'archétype du vin de caractère que j'affectionne particulièrement. Signe qui ne trompe pas : la bouteille n'a pas survécu au repas. On touche au Sublime, l'un de "mes" meilleurs bourgognes de 2013.
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Côte Rôtie, Blonde du Seigneur 2001, domaine Georges Vernay : un nez très séveux, tannique, concentré et vineux. Notes de fruits noirs intenses et presque confites. La bouche est bâtie sur un équilibre de grosse puissance tannique, mais droite et très fraîche. Epices intenses, sans notes florales. Tannins polis en finale. Très Bien (sans doute un peu trop corpulent à mon goût).
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Nuits Saint Georges, premier cru En la Rue de Chaux 2006, domaine Chicotot : un pinot patiné, sur des notes secondaires et tertiaires qui respectent encore le fruit. Grillé léger, notes de cassis, une touche glycérinée (rondeur), et une évolution modérée. Tannins domestiqués mais présents, équilibrés par une acidité encore remarquable, le tout dessinant une suavité extrême en bouche, et en finale, qui laisse une marque sensuelle très persistante. Excellent ++
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Lirac, les Muses 2010, domaine du Joncier : c'est rond, très aromatique, gorgé de soleil, sur les fruits noirs bien matures, une belle pointe d'amertume en sus (mourvèdre majoritaire). Un vin très buvable. Très Bien +
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Lors du réveillon du 24 décembre, pour accompagner un macaron au chocolat et aux amandes, un Riesling Auslese (Mosel-Saar-Ruwer), Kaseler Nies'chen (Alte Reben) 2004, Erben von Beulwitz sur un équilibre aromatique très riche, presque "SGN". Notes d'ananas confits / rôtis, de liqueur équilibrée entre la puissance des sucres et l'acidité redoutable et la grande minéralité schisteuse du vin. Pétrole doucement. Grande élégance en finale. Excellent ++ (étonnamment, l'accord avec le chocolat fonctionne très bien !).
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Maintenant, au régime en attendant le 31 !
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Bruno

8 décembre 2013

Un peu de retard dans les compte-rendu

Fin d'année difficile et surtout occupée, ce qui explique un certain retard à l'allumage dans mes compte-rendu de dégustation. Essayons de rattraper un peu le temps.
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Le week-end dernier, une belle trilogie, avec :
  • Un Savennières Roche aux Moines 2001 bâti sur une tension minérale forte et une corpulence élégante. Touches fraîches et mentholées. Minéralité sapide en finale, qui se marie avec bonheur avec des noix de Saint Jacques à l'huile de truffe. Excellent
  • Un Gigondas, Font de Tonin 2006, domaine de la Bouïssière extrêmement corpulent, sans doute un peu trop à mon goût. Beaux tannins onctueux. Une légère chaleur en finale. Bel accord avec des côtes de sanglier, purée de céleri et topinambours. Bien +++
  • Un Riesling Auslese (Mosel-Saar-Ruwer), Kaseler Nies'chen (Alte Reben) 2004, Erben von Beulwitz proprement magnifique, un véritable SGN, équilibré, complexe, mêlant des notes rôties, aromatiques et une pointe miellée à une liqueur douce, parfaitement en place qui contrebalance redoutablement une acidité élevée et une grande minéralité. Excellent ++
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Ce week-end, servi sur une belle pièce de boeuf, un Pernand-Vergelesses, premier cru Ile des Vergelesses 2006 : magnifique comme d'habitude. Un nez toujours rustique mais élégant, sur les fruits rouges, une pointe de fumé, un fond cassissé, avec une sorte de grain et de caractère très avenant. La bouche est en symbiose complète, portée à la fois par le naturel délicat du pinot noir et par ce côté terrien et tellurique du cru. C'est fruité et soyeux. Magnifique finale sur une fine minéralité vibrante. Un vin presque discret en attaque, mais qui sait s'imposer sur la longueur et marque nos esprits. Finesse et longueur. Peut-être ne suis-je pas totalement objectif, mais je le trouve une nouvelle fois magnifique.
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Ajout de dernière minute en ce dimanche soir. Pour accompagner un vacherin au savagnin et son plateau de charcuterie, un Anjou blanc, Authentique 2009 de Philippe Delesvaux : toujours cette puissance minérale presque charbonnée, alliée à des notes de fleurs blanches. La bouche est à la fois riche en sucres, corpulente, confite et cristalline. Cet adjectif me revient pratiquement systématiquement quand je goute ce franc de pied. Un peu à la manière des auslese mosellans les plus nobles, l'acidité équilibre parfaitement les sucres. Une sorte de TBA hors de gamme. Magnifique accord avec le plat (un concerto de douceurs), puis ensuite avec des gaufres légèrement citronnées et sucrées. Excellentissime
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Une pause salvatrice d'une journée et nous recommençons demain soir ...
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Bruno

6 décembre 2013

La Pascade à Paris

A deux pas de l'opéra, Alexandre Bourdas a ouvert il y a un an un"bistrot", la Pascade, en hommage au plat traditionnel de l'Aveyron, sorte de grosse crêpe améliorée.
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En préambule, on sent bien dans la cuisine, dans l'association des saveurs et dans la juste cuisson des poissons la pointe, j'allais dire le fantôme, du propriétaire, dont le restaurant phare situé à Honfleur constitue l'une de nos cantines préférées.
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Nouveauté, il existe maintenant un menu Pascade que nous avons choisi.
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Un magnifique carpaccio de veau pour débuter, relevé par le citron, les épices et la pomme granny. Superbe.
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Cuisson millimétrée du cabillaud, onctuosité de la purée de roquette et senteurs et saveurs de la truffe. Excellent !
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Des mini-Pascades en dessert, sur une base Oranges confites / Passion / ti'Punch & Caramel / Dose de café.
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Pour accompagner ce repas, un joli Jurançon sec, cuvée Maris 2012 du domaine Hours : toujours cette complexité florale et cet équilibre subtil entre l'acidité de constitution du cru et une sorte de tendresse et d'onctuosité. Si le vin est encore très jeune, il sera déjà très bon d'ici 1 à 2 ans. Très Bien
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C'est proprement grand, à l'image du deux macarons que nous connaissons.
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Une adresse que je recommande très très vivement pour passer un agréable moment de vraie gastronomie dans Paris.
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Bruno



PS : désolé pour la qualité des photos prises de mon téléphone préhistorique.

Mon Grand Tasting à moi !

Comme tous les ans, l'une des grandes messes automnale  du monde du vin se tient au Carrousel du Louvre. Et comme d'habitude, nous profitons du vendredi matin pour quelques dégustations, de domaines connus ou inconnus.
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Nous débutons parle domaine de la Taille aux Loups de Jacky Blot où nous avons dégusté une magnifique gamme de Montlouis secs.
Un Montlouis Triple Zéro (bulles) brioché et tendre au nez, avec une rétro tendue. Une bulle tendre-sèche, avec de beaux amers en finale. ++
Un Montlouis Clos de la Bretonnière 2012 sur une belle aromatique, un très léger élevage. La bouche est tendrement grasse, équilibrée par une acidité noble et une minéralité de structure. +++
Un Montlouis Cuvée Rémus 2012 qui possède un nez chenin floral légèrement poudré. Une bouche de demi-corps, tendue avec une finale salivante. ++
Un Montlouis Clos Michet 2012 assez tendre, un joli gras typé meursault (pour les poncifs anti-meursault gras !), une belle énergie interne et une fina minéralité finale. ++/+++
Un Montlouis Clos de Mosny 2012 plus discret que le Clos Michet. L'acidité semble un peu plus mordante, nécessitant une garde plus longue. ++
Un Montlouis Remus + 2012 très vineux, avec un élevage élégant et discret. En bouche, magnifique tension minérale, une grosse réserve d'acidité qui claque sur la langue. Ultra-long, sur la finesse et l'élégance. +++/++++
Un Montlouis Clos de Venise 2012 qui présente un degré supplémentaire par rapport au Rémus +, salinité fine et fausse impression de perlant qui titille les papilles. ++++/+++++
Un Montlouis Remus + 2008 (magnum) avec un nez sur le caramel amer, un côté grillé et une droiture semi-oxydative magnifique. Bouche complexe, saline, tendue et grasse, presque tellurique. Magnifique fraîcheur en finale. +++++
Un Montlouis Remus 2002 sur le fenouil sec et l'herbe humide. Bouche qui paraît au début un peu décharnée mais qui se développe sans crier gare. Beau grillé en finale, malgré un léger manque de complexité. +++/++++
Un Montlouis Remus 1996 malheureusement un peu oxydé.
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Un tour ensuite au domaine aux Moines de Tessa Laroche pour une confirmation et une découverte.
Le Savennières Roche aux Moines 2011 construit sur une belle aromatique minérale intense et persistante. +++/++++
Un Savennières Roche aux Moines, cuvée les Moines 2010 qui a pris de l'ampleur et du volume par rapport à l'an dernier. Enorme, salin fin, gras et tendu, un toucher de bouche en soie, un grain magnifique. +++++
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A la cave de la Chablisienne, une gamme toujours très sérieuse et de haut niveau.
Le Chablis VV cuvée Les Vénérables 2010 est un peu réduit au départ. La bouche est tendre et agréable, une pointe vanillée. Traçante en finale. Simple et efficace. +++
Le Chablis premier cru Vaulorent 2010 est grillé, sur les amandes. Même impression en bouche, plus légère toutefois. Beau retour sur un gras minéral en finale et en rétro-olfaction. ++/+++
Le Chablis premier cru Côte de Léchet 2010 possède un nez typique coquilles d'huitres, frais et légèrement citronné. Belle définition générale en bouche, sur un registre minéral de bonne corpulence. Joli grain un peu miellé. ++/++++
Chablis grand cru Vaudésir 2010 : énorme nez sur l'homme mort (clin d'oeil). Structuré plus sérieusement, sur un fond de minéralité grasse (relativement). Belle finale sapide, qui laisse une impression de belle mâche en bouche. ++++
Chablis grand cru Grenouilles 2010 : un nez qui possède un supplément d'onctuosité malgré son caractère jeune et encore fermé. En bouche, la structure est complexe et sphérique, grasse et tendue, avec un élevage qui demande à se fondre (évidemment). Jeune et prometteur, sur une finale qui marque des amers magnifiques? ++++/+++++
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Dernière salve de blancs au domaine des Deux Roches / Château d'Antugnac avec deux régions distinctes, la Bourgogne du Sud et le Roussillon.
Le Saint Véran Les Cras 2010 se caractérise par une structure globale très agréable, un côté vibrant sur les amandes et une finale salivante. +++/++++
Le Saint Véran La Côte Rôtie 2010 est plus profond et plus séveux. Par contre, la bouche est en retrait, moins immédiate. Finale un peu courte, malgré une rétro-olfaction intéressante. +++
Le Saint Véran Rives de Longsault 2011 présente un joli nez d'amandes amères. La bouche est aromatique bien tendue. Un grain salivant et une finale sur des amers nobles. +++
Le Limoux Terres Amoureuses 2011 a un nez résiné intense et très expressif, sur une belle aromatique. La bouche est tendre et saline, manquant un peu de peps. Agréable en finale. +++
Enfin, le Limoux Las Gravas 2011 a un nez encore plus typé, quoique similaire au précédent. Bouche ronde, réglissée et amère. Un peu courte sans doute. ++/+++
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Passons maintenant aux rouges avec quelques vins italiens avec le très beau domaine Azienda Vitivinicola Duemani.
L'IGP Costa Toscana Cifra 2011 (cabernet franc) possède un fruité aromatique immédiat. C'est franc de fruits ! Ultra-mur en bouche sans molesse. Très beaux tannins frais. +++
L'IGP Costa Toscana Altrovino 2010 (cabernet franc / merlot)est sur les fruits noirs intenses et résinés. Très belle bouche également, puissante et élégante. Une pointe de végétal noble. ++++
L'IGP Costa Toscana Duemani 2009 (cabernet franc)+ est un monstre de puissance, d'élégance et de fraîcheur. Une véritable gourmandise aromatique, résinée en finale. ++++/+++++
L'IGP Costa Toscana Suisassi 2009 (Syrah) franchit encore un palier. J'adore ce nez de fleurs capiteuses et épicées, mais toujours fraîches. Une belle syrah poivrée en bouche, avec un grain de tannins salivants. Très grosse puissance presque domestiquée. +++++
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Autre italien avec Montevetrano.
L'IGT Colli di Salerno Montevretrano 2009 est jeune mais puissant et très plaisant. Tannique avec une belle aromaticité en finale. ++++
L'IGT Colli di Salerno Montevretrano 2006 et similaire au 2009, sans doute un peu plus raide en bouche. Jolie floralité au nez par contre. La bouche est en retrait toutefois. ++
L'IGT Colli di Salerno Montevretrano 2003 est sur le moka grillé. La bouche est cependant clairement décevante, plus sur les pruneaux à l'alcool que sur les fruits. ++
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Une très belle découverte avec le dernier italien visité, j'ai nommé Albino Rocca.
Le DOC Barbera d'Alba Gepin 2011 est sur les fruits murs intenses et élégant. La bouche est fruitée, soyeuse et sur des amers nobles. +++/++++
Le DOC Barbaresco Duemiladieci 2011 est fin et élégant, avec encore une belle amertume. C'est sur un équilibre fruité frais. +++/++++
Le DOC Barbaresco Duemiladieci 2010 son aîné est toujours sur un équiilbre frais et presque bourguignon. Une pointe de rafle élégante. Toujours très beau. +++/++++
Enfin, le DOC Barbaresco Ronchi 2010 montre un nez sur le cognac fruité. La bouche est construite, suave, presque perlante. Là encore, une impression de finesse et d'élégance domine. Finale à l'avenant, magnifique et élancée. +++/++++
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Retour (temporaire) en France avec le Clos des Fées de Hervé Bizeul. J'avoue avoir été bluffé par cette puissance domestiquée et finalement très buvable (malgré mes a-priori sur les vins charpentés).
Débutons par le Côtes du Roussillon les Sorcières 2012 (Grenache / Carignan / Syrah 33/33/33) qui est l'archétype du vin de copains sur une très belle aromatique fraîche. Joli grain en bouche, sur des tannins légers. +++
Le Côtes du Roussillon Villages VV 2011 (Grenache / Carignan / Syrah 50/40/10) possède plus de chair et une structure tannique plus imposante ... et plus intéressante. Cela reste frais. ++++
Le Côtes du Roussillon Villages Le Clos des Fées 2011 (Grenache / Carignan / Syrah / Merlot) montre des tannins plus onctueux, presque crémeux. Plus de puissance en bouche, et une finale sur une granulosité vivifiante. C'est redoutable de plaisir. ++++/+++++
Le Côtes du Roussillon Villages La Petite Sibérie 2011 (100 % Grenache) est un très grand vin ... en devenir. Malgré la structure, la grosse charpente et l'énorme charge tannique, c'est toujours frais, avec un supplément de gras et d'onctuosité, une réserve d'acidité agréable, des amers nobles en finale de toute beauté. Que dire de plus ? Rien ! +++++
Je passe ensuite rapidement sur les vins de pays : un "modeste" plutôt léger, un "de battre mon coeur s'est arrêté" conforme à ce que l'on attend d'une syrah, une "image dérisoire" (tempranillo / carignan) trop amère à mon goût et un "faune avec son fifre sous les oliviers sauvages" (cabernet franc) trop poivron.
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Finale en apothéose avec les Porto de la maison Graham's. Que cela fait plaisir d'être reconnu d'une année sur l'autre, sans doute un esprit commerçant que le français n'a pas !
J'avoue apprécier les portos mais manquer un peu de vocabulaire pour les décrire. Donc, mes impressions seront "brut de décoffrage".
Tawny 20 ans d'âge : grande complexité au nez, sur le chocolat, le pruneau et les agrumes. Une impression de semi-oxydatif. La bouche de demi-corps est fondue, douce, sans être molle. +++/++++
Tawny 30 ans d'âge : magnifique nez sur le tabac blond, les épices et le cognac ! En bouche, on ressent un supplément de puissance et de tannins. Une touche de noix agréable en finale. ++++
Tawny 40 ans d'âge : un nez encore plus intense, sur le tabac poivré et (déjà) une sensation de liqueur douce. En bouche, énorme liqueur, complexe, mêlant cannelle, noix, pruneau et cognac (une sorte de cognac liquoreux). Magnifique acidité qui étire sans fin le vin. +++++ (et plus)
Six Grapes : un classique de la maison, sorte de "blend de vintages filtré", à boire dès la mise. Cerise / kirsch / fruits noirs. Bouche immédiate et fruitée, charge tannique granuleuse, avec un équilibre global sur le fruit. C'est vraiment très gourmand. ++++
Porto Vintage , Quinta de Malvedos 1998 : un nez fruité un peu fumé avec déjà une sorte de grain salivant. Bouche sphérique qui a du caractère. Un léger défaut, c'est un peu court ... mais que le vin est jeune tant l'acidité est bien présente. Fond de verre sur le tabac et les fruits confits. A revoir dans 10 ans minimum. ++++
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Voilà, le marathon se termine. Place maintenant à un déjeuner bien mérité dans l'une de nos cantines préférée (un CR arrive bientôt).
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Bruno