6 avril 2021

Repas pascal amical

Reprise timide des activités pour un repas pascal amical, en tout petit comité.

Au menu :


Amuse-bouche divers : saumon gravlax et caviar (une association qui tue), burrata et caviar (un terre-mer finement iodé et salé), une tapenade « olives et figues » (belle puissance sur l’amertume)


Noix de Saint Jacques snackées, corail et huile de truffe


Gigot de chevreau, frites de patates douces et de pommes de terre


Fromages divers


Eclairs et chocolats MOF


Pour accompagner ce repas :

Champagne, Grand Cru blanc de blanc, Expérience 2009, André Jacquart : Pour lui-même, seul, une bulle construite sur la minéralité et une belle amertume, avec des accents presque jurassiens. En accompagnement des amuse-bouche, le vin prend un côté « S de Salon », sec, tendu, minéral, sur la poudre de craie. Léger enrobé gras. Belle persistance qui claque en finale. Très Bien +


Savennières-Roche-au-Moine, cuvée les Moines 2011, domaine Tessa Laroche : une robe jaune clair … qui prend trèèèèès rapidement une profondeur orangée et presque marron … Au nez, c’est clairement un chenin de schiste, très puissant, profond et minéral, avec une sensation granuleuse bien présente. Bouche un peu mitigée, laissant entrevoir un stade évolué un peu (trop) prononcé. Dommage car le potentiel est bien là. Puissance, corpulence et masculinité dans un écrin élégant, que le côté « oxydé » gâche un peu. Je crains qu’il ne puisse pas vieillir beaucoup plus. Bien ++


Saumur-Champigny, Montée des Roches 2014, domaine de Saint Just : un cabernet franc d’une folle jeunesse. Robe sombre et profonde. Nez sur les fruits noirs, très intense. Bouche marquée par une acidité pas encore totalement intégrée. Mon condisciple du jour me souffle « poivron noir ». C’est droit effectivement, c’est intense … mais le vocable de poivron me dérange toujours avec le CF. Variétal me sied mieux. Finale finalement enjôleuse, sur un fruité bien mûr, un bouquet poivré salivant. Très jeune mais très prometteur. Très Bien +


Gevrey-Chambertin, premier cru Petite Chapelle, 2002, domaine Rossignol-Trapet : y’a pas à dire, le pinot noir est un cépage magique ! Robe légère, diaphane, sur des teintes tirant vers le rouge clair. Un nez de pinot fin évolué, sur la cerise noire, des notes de sous-bois légères, de feuilles mortes. Bouche sur une belle corpulence côtedorienne, très cistercienne, sans esbroufe mais d’une efficacité redoutable. La tension acide est encore bien présente, et nous laisse espérer un vieillissement encore long et harmonieux. Le grand écart avec le vin précédent mais, finalement, ce contre-point est très salvateur, et magnifie les deux bouteilles. Finesse et allonge sur une finale toute en douceur. Excellent (+)


Mittle Rhein, VDP Grosse Lage, Riesling trocken, Im Hahn Nacharach 2017, Toni Jost : un reisling allemand, un trocken léger, aérien, floral et fruité. Grande acidité noble, habillée par une aromaticité très citronnée. Léger perlant qui vient apporter un supplément de peps. Simple sans doute, sans la profondeur et l’empreinte des Auslese mosellans, mais un très beau vin, frais, buvable et digeste. Très agréable façon de terminer un repas sur une note légère. Très Bien +


Le lendemain, sur le reste des bouteilles, changement de registre avec un Samur Champigny assagi, qui a pris du gras et du volume ... alors que le Gevrey s'est un peu étiolé.


De belles retrouvailles en attendant un prochain week-end en terres icaunaises !


Bruno


2 mars 2021

Soirée blanche

Soirée « blanche » en ce mardi de confinement. Blanche non pas en hommage à l’ancien maire de Paris ou le producteur de disques, mais parce qu’un repas amical s’est transformé en dégustation de 3 blancs.

Comme toujours, assiettes de belle qualité, bonne humeur au programme et quelques petits pièges dans lesquels … nous sommes tombés !


A l’apéritif, un Mosel-Saar-Ruwer, Kanzemer Altenberg GG, Riesling Auslese 2010, Van Volxem : très grand blanc de la Saar, un nez sur une aromatique fougueuse, profonde et fruitée, entre ananas et pamplemousse rosé, un zeste citronné en plus. Première impression de pureté et de puissance sur un registre salivant. Grande bouche encore jeune mais déjà prometteuse, une acidité saline qui émoustille les papilles, une aromatique douce, et un équilibre parfait entre l’acidité (que l’on devine redoutable) et la charge en sucres (que l’on devine très concentrée). Douceur sensuelle, enveloppante et sur une allonge maximale. Excellent (+)

Saumur, Coulée de St Cyr 2013, Arnaud Lambert (domaine de St Just) : un nez de chenin un peu évolué, qui commence à montrer un côté « Brézé », avec des notes semi-oxydatives ménagées. Association d’une minéralité du terroir et d’une floralité légère. Bouche un peu marquée par le millésime, mais un léger gras, une floralité légèrement arrondie et une élégance viennent tempérer l’effet « 2013 » sur l’acidité. Belle finale qui se livre finalement sur un registre plus rond, et propose un joli contre-point avec le consommé de champignons de Paris et son samossa croustillant aux champignons. Très Bien +

Dernier vin servi à l’aveugle sur une choucroute de la mer (Haddock, Noix de St Jacques et ses tranches de poitrine fumée, sauce au cumin. Robe dorée assez intense, profonde, concentrée et marquée. Premier nez très aromatique, fruits exotiques, impression de gras, de rondeur, d’amplitude. Notes florales capiteuses, d’épices douces. Bouche à l’avenant, très construite, très corpulente mais bâtie sur une belle acidité. Aucune lourdeur donc. Finale sapide, et accord majeur avec le plat. Je pars sur un Gewurztraminer de noble origine bien sur … c’est un Alsace Grand Cru, Riesling, Somemrberg 2012, domaine Paul Blanck. Atypique mais vraiment Excellent (+)


Encore une superbe soirée en très bonne compagnie. L’amitié permet d’oublier, l’espace d’un instant - certes trop court – vicissitudes du confinement.

Et comme nous sommes des gens raisonnables, on ne brave pas les interdits, on dort sur place et on en profite pour une battle entre un Rhum de la Barbade, Foursquare 2008, impétueux, fougueux, mais sur une élégance folle (notes de banane, de caramel, de zan) et un Rhum, XO Soleira de chez Zacapa, plus consensuel, rond, peut-être un peu trop lisse pour moi.


A bientôt les amis en terres beaujolaises …


Bruno

7 février 2021

Repas amical du dimanche

Petit repas amical (à quatre) ce dimanche midi, histoire de conjurer le CoVid-19 et la morosité ambiante.


Au menu : 

 
Duo de St Jacques snackées au sel de Guérande / en carpaccio à lhuile de truffe, et son corail


 
Filet mignon de porc à la moutarde basque (au piment d’Espelette), pommes grenailles et champignon


Plateau de fromages


Paris-Brest « MOF »


Pour accompagner ce repas …

En apéritif, Mosel-Saar-Ruwer, Riesling Auslese **, Ürziger Würzgarten 1994, Karl Erbes : une robe jaune dorée intense, profonde et déjà salivante. Un très grand nez de très grand auslese. Aromatique complexe sur l’ananas, le pamplemousse, le caramel et une touche réglissée. Fragrances suaves et exotiques. Bouche d’une matière aboutie, tendue, subtile. Equilibre parfait entre l’acidité et les sucres complètement intégrés. Tendresse ultime alliée à une énergie construite sur la longueur. Empreinte superlative. Exceptionnel

Avec l’entrée (puis les fromages), Saumur, Coulée de St Cyr 2014, domaine de St Just : une robe jaune pâle très brillante. Nez de chenin sur la minéralité, accompagné de notes florales, une touche grasse en supplément. En bouche, symbiose avec la tendresse et la délicatesse de la chair des St Jacques. Tension minérale sur le caillou, d’une fraîcheur et d’une vivacité du plus bel effet. La rondeur (toute relative) en fin de bouche vient apporter un supplément de plaisir. Finale sapide sur le zan et les fruits jaunes. Longueur salivante, portée par une acidité ciselée presque cristalline. Excellent

Avec le plat, Corton Grand Cru, Le Corton 2002, Bouchard Père et fils : robe déjà un peu évoluée, assez sombre et profonde. Un premier nez un peu « brouillon », certes fruité mais avec une composante plus secondaire. Attaque en bouche qui, pour moi, pèche par excès d’acidité et d’amertume. Milieu et bouche plutôt de « demi-corps ». Belle finale fraîche. Un vin sans défaut (si ce n’est cette acidité). Mais on est en droit d’en attendre plus eu égard à son pedigree (et son prix). Très Bien

Fin de repas accompagné de quelques macarons, et pour faire passer l’ensemble, un Rhum Barbades Four Square 2007 suivi d’un whisky Yamazaki 12 ans de la maison Suntory. Deux grands alcools sur des registres différents mais finalement ayant un certain « air de famille ». Puissance et élégance, notes végétales / d’amertume nobles, longue rémanence.


Une bien belle journée qui compense, partiellement, l’annulation de notre week-end des vins de Loire.


Bruno