13 octobre 2018

Retour à l'Auberge de la Pomme (les Damps, 27)


On avait quitté l’auberge de la Pomme sous le soleil et la chaleur de juillet pour un 80° anniversaire, nous revoilà sur les bords de l’Eure en cette douce soirée d’octobre pour un nouvel anniversaire, toujours en famille mais en comité plus restreint.
Repas en salle, mais plaisir toujours renouvelé.

Pour débuter, un Lagavulin 16 ans d’âge, un single malt d’Islay sur un équilibre viril et masculin, très tourbé, une pointe iodée marquée et équilibrée par des notes aromatiques douces (vanillé) et fumées. Excellente mise en bouche.

Nous choisissons ensuite le Menu gourmet composé de :

Saumon mi-fumé, tartare d’huitre-pomme verte, sauce hollandaise
Cuisson millimétrée du saumon, nacré comme il faut, finesse et délicatesse de la chair, accentuée par une sauce finement « citronnée ». Grand plat.
 
Cabillaud cuit nacré, raviolo de tourteau, bouillon de poulet Thaï
Belle association entre l’occident et l’orient. Toujours cette cuisson « al dente » du poisson, un bouillon vivifiant et apportant une touche presque viandée au poisson. Excellent.
 
Filet de poulet fermier d’Ancenis poché puis rôti, mousseline de carotte et tandoori, jus court
Du poulet oui, mais quel poulet ! L’équilibre parfait entre la tendresse, le croustillant, une cuisson qui laisse une sensation « lactée » à la viande très délicate, et encore et encore ce jus court parfait. Encore un grand plat.

Plateaux de fromages affinés par Madame Quatrehomme (MOF 2000)
Raisonnable il faut être pour combattre le pernicieux cholestérol qui me guète.

Comme une tarte au citron, meringue au cacao et sorbet cassis
Une tarte complètement revisitée. Un visuel éclaté mais éclatant, des saveurs superlatives, une mousse de citron sur un équilibre acide magistral, une meringue au cacao qui croque et un sorbet presque parfait.

Pour accompagner ce repas, et dans la perspective d’un week-end bourguignon qui se profile, une révision des classiques du couple Chardonnay / Pinot Noir.

Avec les poissons, un Chablis, premier cru Vaucoupin 2013, cave de la Chablisienne : chardonnay très minéral, d’une pureté effilée. Nez sur un équilibre un peu serré dans un premier temps, puis s’ouvrant doucement sur des notes florales accompagnant un substrat minéral / iodé très marqué. Bouche jeune très vive, tendue, assez masculine et légèrement épicée. Acidité redoutable qui allonge le vin, dans sa première jeunesse encore aujourd’hui. Belle persistance, même si un surplus d’aromatique eut pu améliorer notre perception. Très Bien

Avec la volaille, un Volnay-Santenots premier cru 2009, domaine Jacques Prieur : là encore, un vin très jeune, plutôt sur une phase de fermeture malgré un carafage de plus de 2 heures. Nez sur un fruité profond, cassis / notes terriennes, finalement sur un registre assez tannique et corpulent. Bouche sur une base de fruits noirs, des notes épicées salines marquées, et surtout une très grande réserve d’acidité. Pas de doute, ce vin vieillira bien et (très) longtemps. Pas de traces d’élevage à ce stade. Une vision et une lecture différente des vins du Marquis d’Angerville, ici plus sur la corpulence et une sorte de rondeur (le grain tellurique en bouche ne se perçoit pas ici). Grande finale, pleine de promesses. RDV dans  que sur  persistance en finale, toujours sur un  ans mais la maison est coutumière du fait (j’ai encore en mémoire quelque Puligny-Montrachet, premier cru les Combettes 1985 dégustés il y a quelques mois. Très Bien ++

Confirmation (une nouvelle fois) de la grande qualité de l’assiette, qui vaut largement le détour, même pour les desserts dont je ne suis pas toujours un grand fan.
Un grand merci à l’équipe de l’Auberge de la Pomme pour ce moment d’exception, même si nous avons manqué les St Jacques pour cause de « Menu Gourmand » !

Bruno

1 octobre 2018

Week-end icaunais

Traditionnel week-end icaunais organisé de mains de Maître par l’ami François, assisté de sa comtesse au vin jaune ! Pour ne pas déroger à la règle, beau temps, soleil et bonne humeur … entourés de petits plats de de grandes bouteilles.
Pas de prise de notes pour ce moment d’amitié mais quelques impressions sur les vins dégustés pendant deux jours.

Samedi midi, c’est l'Auberge espagnole :

Montlouis, Clos de Mosny2013, Jacky Blot (domaine de la Taille aux Loups) : minéral, tendu, traçant, encore très jeune et marqué par l'effet 2013. Bien ++
Viré-Clessé, Retour à la Terre 2017, Sophie et Gautier Guillemot-Michel : un Chardonnay complètement atypique, plus sur un équilibre de sauvignon de grande maturité, avec une aromatique frisant le Pinot gris. Très Bien
Sancerre, Clos de Beaujeu 2010, Gérard Boulay : grand sauvignon aux antipodes des marqueurs variétaux, tendresse sur une base de vin sec, aromatique fondue, maturité optimale. Excellent (+)
Saint Joseph 2006, Jean-Louis Chave : pas très causant, une aromatique méridionale marquée, assez peu épicée. Un peu transparent. Assez Bien
Porto vintage, Quinta do Vesuvio 1997 : très grand porto, complexe, alliant puissance et élégance subtile, fruité presque bourguignon, rémanence ultime. On frise l'Exceptionnel

Samedi soir, c'est Repas de Gala :

Champagne, les Rachais, Francis Boulard : minéral, légère évolution très avenante, tension et vivacité. Très Bien
Espagne, D. O. Rías Baixas, Albarino Selección de Añada, 2008, Pazo Señorans : un blanc sec, très sec, une note muscatée / glycérinée peu avenante. Pas mon style
Savennières, cuvée les Moines 2010, domaine aux Moines (Tessa Laroche) : grand chenin de schiste, minéralité tellurique, tension bien enrobée par l'élevage intégré, pointe oxydative très légère comme il faut. Grande empreinte générale. Excellent
Pessac-Léognan, château Laville Haut-Brion 1990 : un vin un peu mutique, manquant clairement de caractère et de définition. Moyen(+)
Pomerol, château Vieux Certan 1983 : du poivron, aigrelet et sans intérêt. Bof
Pessac-Léognan, château Pape Clément 1986 : pas de défaut mais un vin transparent et sans qualité. Moyen
Espagne, D.O.Q Priorat, Clos Martinet 2011 : puissance avec un manque d'élégance. Bien
Australie, Barossa Valley, Anaperenna 2006, Ben Glaetzer : très grand vin alliant puissance, maîtrise de l'alcool, fruité aromatique et épices douces, sur un substrat dégageant une élégance superlative. Excellent +
Chateauneuf du Pape, château Rayas 2006 : du sirop de fraise, mais du sirop ! Putassier. Bof

Champagne, Grand Cru Clos des Goisses 2001, Philiponnat : vif, avec une rondeur lié à l'âge, fines bulles salivantes, belle construction (sans doute moins abouti que son ainé d'un an bu ICI. Très Bien
Côtes du Jura, vin jaune 2003, château d'Arlay : un jaune un peu raide, sur un équilibre alcool à brûler / curry moins facile à boire que les cousins de Château Chalon. Bien
Côteaux du Layon St Lambert, Clos des Bonnes Blanches 1999, domaine Ogereau : un Layon très liquoreux et visqueux, une belle définition en bouche, minéralité mesurée. Un style en puissance et en sucres. Très Bien

Dimanche midi, brunch amélioré :
Pris au vol (sans photo)
Corton Charlemagne 2003, domaine Rapet : j'ai décidément du mal avec ce millésime. Manque évident de vivacité et une impression d'élevage encore bien présent (notes vanillées). Bien
Chevallier-Montrachet 2000, domaine Leflaive : un vin sur la réduction, très grillé, corpulence intense, bel équilibre mais un léger manque de je-ne-sais-quoi pour transformer l'essai. Très Bien
Mondeuse, cuvée Prestige 2003, domaine du Prieuré St Christophe : un nez de cabernet pas très mur (poivron), une bouche raide, sans qualité et pas en place. Bof

Dimanche soir, le rideau se baisse sur les fins de bouteilles ...

Une belle expérience dans un endroit tout en zénitude, à renouveler en toute urgence.

Bruno