8 août 2019

Quelques vins à l'occasion d'une cousinade

A l’occasion d’une semaine de repos en Basse-Normandie, nous avons organisé un repas entre cousins, une sorte de cousinade.
Repas simple mais efficace, avec des produits locaux issus de paysans-artisans, accompagné de quelques bouteilles, dans la joie et la bonne humeur.
Sans prise de note, voici quelques impressions :

Vouvray, Clos de Venise 2012, domaine de la Taille aux Loups (Jacky Blot) : grande complexité aromatique sur un substrat minéral crayeux, acidité ciselée et parfaitement intégrée, pointe d’amers sur la finale. Tendresse et tension avec de la « mâche ». Longue et superbe empreinte finale, sapide et avec une granulosité vivifiante. Un grand vin ! Exceptionnel
Arbois, cuvée des docteurs 2014, domaine Lucien Aviet : un Chardonnay (Melon à queue rouge) plutôt monolithique, avec un large déficit en aromatique. (Trop ?) grande acidité, mordante sur la finale. La petite pointe de « jaune » ne parvient pas à rétablir l’équilibre. Moyen
Pernand-Vergelesses, premier cru Ile des Vergelesses 2010, domaine Rapet père et fils : un futur grand pinot. Malgré la jeunesse du cru, on y retrouve déjà toutes les composantes d’un grand vin, et en pleine cohérence. Un fruit sérieux et vineux, sur les fruits noirs, une pointe fumée de belle facture, salivante, une charge tannique mesurée et avec un petit grain en bouche et une longueur sur les papilles déjà prometteuse. Excellent +
Saumur, Clos de l’Etoile 2011, château de Brézé (domaine Arnaud Lambert) : beau Cabernet Franc sur la maturité du raisin, une trame droite sur un fruit encore discret, tendresse et velouté des tannins, allonge sur la corpulence, belle maturité. Très Bien ++

Une belle journée d’été s’achève sur de beaux souvenirs. A reprendre sans tarder.

Bruno

7 août 2019

L'abbaye de Cerisy-la-Forêt (50)

L’abbatiale de Cerisy-la-Forêt (Manche) constitue l’un des plus beaux joyaux de l’art roman bas-normand, qui a souffert des affres du temps, notamment d’un incendie ayant détruit l’entrée de l’église et de multiples restaurations de l’époque gothique jusqu’à l’époque sub-actuelle. Malgré tout, son abside de quinze fenêtres étagées sur trois niveaux lui confère une grande luminosité et un aspect encore imposant.

Chronologie résumée
VIe siècle : fondation d’un monastère primitif, dédié à Saint Pierre et Saint Paul, par Saint Vigor, futur évêque de Bayeux.
XIe siècle : Robert le Magnifique, duc de Normandie, édicte la charte de fondation d’un nouveau monastère dédié à Saint Vigor.
XIIIe siècle : embellissement de la façade avec un porche gothique et de deux tours ; puis construction d’une la chapelle privée à l’usage de l’abbé.
XVe siècle : fortification de l’abbaye et transformation en garnison ; puis renforcement des piles de la croisée du transept et travaux dans la chapelle de l’Abbé.
XVIe siècle : l’abbaye passe sous la commende, début de son déclin. Saccage de l’abbaye par les protestants en 1562.
XVIIIe siècle : Travaux sous l’égide de la congrégation bénédictine de Saint-Maur, avec reconstruction du cloître dans un style classique. Après la Révolution, les bâtiments monastiques sont en grande partie détruits et les terres vendues.
XIXe siècle : Destruction de la partie ouest de la nef et du porche gothique en 1811. Inscription au registre des monuments historiques en 1840.
XXe siècle : création de l’association des Amis de l’Abbaye de Cerisy-la-Forêt ; restauration des couvertures, des murs et de l’intérieur de l’abbatiale ; nouvelle tranche de travaux de consolidation des piles de la croisée du transept et remise en eau de l’étang des moines.
XXIe siècle : rénovation de la charpente et de la toiture de la chapelle de l’Abbé et de la Salle de Justice.

L’abbatiale
L’église : majoritairement de style roman (deuxième moitié du XI° siècle) avec quelques parties remaniées de style gothique (XIII° siècle). Son plan respecte une forme en croix latine.

L’abside : composée de trois étages de fenêtres renforcée au XIV° siècle par de larges contreforts. De chaque côté du toit, se trouvent un pignon et des clochetons. Dans les parties hautes, les baies d’origine sont toujours présentes ainsi qu’une série de gargouilles et de modillons de style roman.

Le chœur : Sans déambulatoire, il comporte deux travées droites terminées par une abside profonde. Le vaisseau central communique par des portes vers les collatéraux. De courtes absidioles forment un chevet plat à l’extérieur. La voûte d’ogives en pierre du XIV° siècle a été retirée pour restituer l’aspect roman d’origine, puis remplacée par un plafond plat charpenté plus traditionnel.

La nef : constituée de sept travées en plein cintre du XI° siècle, seules subsistent les trois premières. L’élévation de la nef comporte trois niveaux : le premier avec de grandes arcades retombant sur des piles cruciformes, le deuxième avec des tribunes ouvrant sur la nef par des baies géminées et le troisième avec des fenêtres hautes et une galerie de circulation située dans l’épaisseur du mur.

Le clocher : une tour lanterne présente jusqu’au XVIII° siècle a été surmontée d’un troisième étage au XVIII° siècle et d’une flèche au XIX° siècle. Les deux premiers niveaux sont romans. Le second niveau comprend sept arcades aveugles par côté, dont deux attenantes à la fine arcade centrale.

Le cloître : un cloître disparu de trente-cinq mètres sur trente était constitué de deux cents colonnes. Il était situé entre les travées restantes et le réfectoire disparu. Quelques fondations subsistent.


Quelques photos

L’église abbatiale et sa reconstitution

Le cœur

Les tribunes

Verticalités et voûtes

Clé de voûte

Vitraux

Modillon

Vestiges

Logis de l’abbé

Bruno

23 juillet 2019

Un nouveau déjeuner chez Pasta e Basta (Paris 13°)

Retour au restaurant Pasta e Basta en ce mardi midi d’avant canicule, pour un repas toujours aussi superbe et gouteux.

Après des antipasti composés d’une pizzetta à l’huile citronnée et d’une chiffonnade de jambon italien, nous sommes parti sur un repas assez light composé d’une entrée et d’un plat :

Burrata et San Danièle

Avocat et gambas

Veau et artichauts au four

Comme d’habitude, Romain nous a concocté une sélection très précise de deux vins, un blanc en apéritif et avec les entrées, un rouge pour le plat. En avant pour la découverte.

IGP Sicilia, Bianca di Valguarnera 2007, Duca di Salaparuta (Cantina di Casteldaccia) : un vin de cépage insolia qui a tout d’un « Chardonnay globe-trotter ». Je m’explique. Une robe jaune orangée, qui semble évoluée, très profonde et brillante. Un nez sur l’aromatique sudiste, presque typé Marsanne mais avec un complément de fraîcheur (acidité type Riesling), de fruité (type Chardonnay), dont des note de fruits secs, et un élevage semi-oxydatif de belle composition (type Savagnin). Bref, grande claque au nez, avec une complexité rarement vue. Bouche énergique restant fraîche et même vive. Tout en rondeur avec une pointe perlante / de peps qui titille la langue. Finale en plein accord avec l’ensemble. Rondeur allongée, tension enrobée, aromatique complexe, … On ne s’en lasse pas. Excellent (+)

DOCG Barbera d’Asti Nizza, La Court 2009, Michele Chiarlo : une robe violacée très sombre. Un premier nez sur la puissance, la concentration et la corpulence, sous un voile de fruits (cerise) noirs bien mûrs et des notes presque torréfiées. Je pars bien entendu sur Barolo compte-tenu de ces premières impressions J. Ensuite, et avec l’aération, des notes fraîches apparaissent, faisant le parfait contre-point avec la sauge du plat. C’est fruité à souhait. En bouche, c’est bien sur dense et charpenté, mais d’une élégance superlative. Des tannins de velours, dégageant une grande et salivante mâche. Une acidité qui ne fait pas d’esbroufe, mais qui apporte une solide colonne vertébrale au vin. Pointe d’amers nobles sur une finale interminable et d’un soyeux superlatif. Pointe réglissée et fumée. Une sorte de « Gevrey-Chambertin sudiste ». Et ce n’est qu’une « simple » Barbera (et d’Asti qui plus est) ! Excellent ++

Encore une fois, Romain nous a régalés avec sa cuisine typiquement italienne, la noblesse des produits utilisés, la justesse des assiettes, le choix pointu des vins et l’accueil toujours très amical, presque familial. A refaire … avec quelques degrés de moins.

Bruno

21 juillet 2019

Un couteau Thiers, modèle Mi-Jo de la maison Chambriard

Aller en week-end à Thiers sans visiter un coutelier, c’est assez difficile. Aller à Thiers, chez des amis couteliers qui ont un magasin particulièrement attrayant et ne pas acheter de couteau, c’est pratiquement mission impossible. Ne tournons pas autour du pot inutilement, cette nouvelle escapade auvergnate s’est soldée par un coup de cœur, comme toujours j’allais dire.
Voilà donc un sixième Thiers, et le cinquième de la famille « Chambriard » devant lequel je n’ai pas pu résister. Bref, j’ai encore craqué !

Présentation (caractéristiques techniques) du couteau, nouveau modèle 2019 « Mi-Jo » :
  • Manche en bois de fer (bois fossile) de l’Arizona.
  • Lame en acier rasoir inoxydable (Sandvik 14C28).
  • Mitres avant en acier inoxydable.
  • Ressort guilloché à la main avec l’emblème de Thiers (mouche forgée).
  • Système à cran darrêt à « pompe centrale » hérité du modèle « Le Trappeur », sur un registre toutefois plus fin et plus élégant.
  • Longueur totale : 192 mm - Longueur du manche : 110 mm - Poids : 69 grammes.

Quelques photos.

Le couteau ouvert

Le couteau fermé

Détail du manche (qui respecte mieux la teinte du bois)

Le ressort et son guillochage

Ma collection vient - encore - de s’enrichir.

Bruno