16 juin 2019

Un dimanche idéal


En prélude à une pièce de théâtre très justement intitulée « La Dégustation » (et magnifiquement interprétée par Isabelle Carré, Bernard Campan, Mounir Amamra, Eric Viellard et Olivier Claverie), déjeuner très amical en plein Paris, avec au Menu :

Entrée sur une trilogie Saumon, Chèvre et Tomates
(Très colorée et très gouteuse)

Quiche maison
(Excellente)

Salade de fruits rouges et son coulis de rhubarbe
(une jolie façon de terminer un repas sur une note estivale)

Pour accompagner l’ensemble, nous avons bu :

Condrieu, la Berne 2011, domaine Faury : un chenin méridional ou un viognier ligérien ? Telle pourrait-être la question. Premier nez de chenin, plutôt sur la droiture et la minéralité. Pointe gras et opulente qui se développera à l’aération, avec des notes plus « lourdes » de violette, d’abricot sur un substrat restant vif. Bouche très opulente mais sans lourdeur, tendue, une acidité acidulée presque perlante (un effet Kiss Cool !). C’est sphérique avec du caractère. Superbe finale qui laisse une empreinte fraîche et élégante. Excellent

Saumur Champigny, Clos Moleton 2011, domaine de Saint Just : petite déception avec ce vin (cette bouteille) clairement dans une phase de fermeture. Un nez réservé quoique évoquant le cabernet franc bien mûr. Notes de fruits noirs, pointe d’épices transparaissent. Bouche avec un caractère demandant à s’affirmer, ronde, tannique … mais avec un manque d’aromatique. Bel accord avec la quiche. Bien ++

Saar-Mosel-Nahe, Riesling Spätlese, Graacher Josephshöfer 2005, Reichsgraf von Kesselstatt : un Spätlese d’anthologie. Premier nez rôti évoquant les plus grands liquoreux (type SGN / Anthologie de Philippe et Catherine Delesvaux), une aromatique profonde, intense et exceptionnellement salivante. Notes de fruits confits aromatiques. Bouche complètement à l’avenant, d’une richesse exceptionnelle pour un spätlese. Une charge de sucres finalement bien placée et bien équilibrée. Vibration ultime et accord magnifique avec le fruité / sucré des fraises et l’amertume fine de la rhubarbe. Anthologique-2019
Superbe repas, accompagné de superbes vins, superbe pièce de théâtre, un dimanche idéal pour se remettre d’une semaine d’audits intense(s).

Bruno

14 juin 2019

Un mini Tour de France

Récit de quelques agapes lors d’un « Tour de France de la Qualité » réalisé dans un cadre professionnel …

Premier soir à Aix en Provence, avec un temps normand breton, froid, humide et vent. A croire que la dérive des continents a pris une accélération subite ! Pour se remonter le moral, un Chablis 2015 du domaine Laroche, qui représente l’alliance presque parfaite de la minéralité chablisienne et de la rondeur du millésime, une belle entrée en matière (Très Bien). Ensuite, et en accompagnement d’un tartare de bœuf au couteau, un IGP Méditerranée, le Grand Rouge 2016, domaine Revelette : très jeune bien sur, mais un cabernet sauvignon de noble origine. Puissance méridionale, une aromatique fruitée intense, des épices douces mais bien présentes, des tannins encore un peu accrocheurs mais qui savent jouer sur un registre élégant et une acidité qui tend et allonge le vin. Du velours pour les papilles et les neurones ! Très Bien ++

Second soir à Mâcon, où nous avons testé l’Hôtel 360 Panorama. Des chambres spacieuses et luxueuses (nous avons été surclassés), un équipement au top, un personnel aux petits soins et, cerise sur le gâateau, un « Sky Bar » situé sur le toit et permettant une vision à 360°, allant des monts du Beaujolais aux Alpes en passant par la Bresse et quelques clochetons de la ville. En apéritif pour la route, un Viré-Clessé 2016 du domaine Lassarat qui se présente sur un équilibre assez sudiste (pour un chardonnay), une minéralité sur les pierres chaudes, une aromatique dense, une pointe réglissée et une acidité qui porte le vin. Très Bien

Traversons ensuite la Saône pour se retrouver au restaurant « L’Autre Rive », avec un menu Plat+Dessert à 33€. Superbe plat sur une base poulet de Bresse à la crème et au vin jaune, très beau dessert sur une base fruits rouges de saison, croquant à souhait. Simple mais extrêmement efficace. Pour accompagner le plat, un classique de la maison Bobosse, un Rully 2016, domaine Dureuil-Janthial : cerise noire bien mûre, bouche complexe, acidulée et croquante mais avec du fond. Petits tannins fins, enjôleurs. Mariage réussi avec le plat. Une nouvelle confirmation de la qualité des vins de Vincent Dureuil. Très Bien +

Finalement une semaine d’audits pas trop difficile à vivre !

Bruno

3 juin 2019

Salon Nebbiolo : Vins & Terroirs 2° édition


Deuxième salon « Nebbiolo, Vins & Terroirs » organisé cette année par l’agence Natives et Vinifocus, toujours dans les locaux très aérés de l’Hôtel Saint James Albany à Paris.
Après une semaine passée dans les Langhe, l’occasion était tentante de compléter notre connaissance des vins du Piémont italien.
Organisation sans faille, espaces aérés entre les stands, verre à dégustation de très bonne qualité (Sophienwald), vestiaire, … Tout est réuni pour une mise en valeur optimale des crus piémontais, malgré peut-être une température un peu élevée. En route pour un « mini-Giro ».

Bruno Rocca - Rabajá
Confirmation de l’élégance et de l’excellent du domaine. On avait croisé un Chardonnay d’anthologie à Alba, les Barbaresco ne sont pas en reste
DOCG Barbaresco, 2016 : nez sur une essence de parfum, très frais et élégant. Bouche de velours, sur une très grande aromatique. Une élégance superlative. Très Bien ++
DOCG Barbaresco, Currà 2015 : un nez un peu fermé, qui a du mal à se livrer. Bouche sur de beaux amers enrobés, des tannins prometteurs quoiqu’encore à fondre. Excellent
DOCG Barbaresco , Riserva Currà 2013 : quel complexité au nez, entre fruits confits / à l’alcool, des notes de café torréfié et une base fraîche mentholée. Un équilibre de Chambolle Musigny en bouche, avec une charge d’acidité et de tannins en symbiose. Finale ultra claquante. Excellent ++

Ceretto
Une belle gamme qui demande toutefois de la patience avant d’atteindre son optimum.
DOC Nebbiolo d’Alba, Bernardina 2017 : nez poudré fruité, sur la finesse. Bouche claquante pour un « silple » Nebbiolo, avec un toucher de bouche velouté. Vin de copains très sérieux. Très Bien ++
DOCG Barbaresco, 2016 : le même que le nebbiolo, avec un supplément de tout, déjà bien placé. Excellent
DOCG Barbaresco, Bernadot 2016 : ce vin se présente sous une forme un peu stricte aujourd’hui, plus de tension et plus d’acidité. Les différentes composantes sont présentes, mais à associer. A revoir
DOCG Barolo, Ceretto 2015 : malgré une fermeture au premier nez, l’aération apporte un supplément d’élégance fine, presque granuleuse. Belle bouche sur des tannins veloutés, avec une grande aromatique, une acidité de structure imposante et une fraîcheur sur des amers vivifiants. Excellent +
DOCG Barolo, Brunate 2015 : un nez de Grand Cru, avec déjà une impression de puissance sur une base de fruits très aromatiques. Une bouche superlative, avec un toucher de tannins cambuléen. Magnifique finale en feu d’artifice. EXCEPTIONNEL
DOCG Barolo, Prapò 2015 : aujourd’hui moins prêt à boire, mais on sent bien le potentiel. A revoir

Ettore Germano
Une gamme un peu hétérogène, avec des sommets de grâce et de plaisir.
DOC Langhe Nebbiolo, 2018 : robe rose, diaphane. Nez « jus de raisin «  et fraise. Bouche à l’identique … avec peu d’intérêt pour moi (sur un style Rayas …). Non noté
DOCG Barolo, Riserva Lazzarito 2012 : un nez bourguignon, sur les fruits noirs, très sérieux, avec une pointe que je qualifie de « jurassien » (amertume semi-oxydative type savagnin). Bouche arrondie, suave, salivante, avec une longue et fine acidité. Tannins encore bien présents, jusqu’à une finale vibrante. Quel régal. EXCEPTIONNEL
DOCG Barolo, Cerretta 2013 : nez « muet », bouche puissante, avec de beaux tannins qui restent à se fondre. Grand potentiel lié à une réserve d’acidité redoutable. A attendre impérativement. Sera Excellent
DOCG Barolo, Comune di Serralunga d’Alba 2015 : une robe rubis assez légère, qui se retrouve dans un nez plutôt fruité, mais sans grande concentration. Bouche avec une structure de demi-corps, des tannins fins. Très Bien +

Luciano Sandrone
Très grande maison, avec deux vins exceptionnels, dont un ‘simple’ Nebbiolo.
DOC Nebbiolo d’Alba, Valmagigiore Sidi e Paucis 2009 : élégance au nez, belle acidité et bouche de soie, de la mâche grâce à des tannins avec du caractère, sur une base aromatique. Un nebbiolo noble. Excellent ++
DOCG Barolo, Le Vigne (Assemblage de crus) 2014 : nez nuiton, fruité, fumé, profond et intense. Bouche veloutée, avec un grain, un toucher d’élégance, des tannins crémeux. Grand vin en devenir. Excellent +

Parusso
Confirmation de la qualité de l’ensemble de la gamme … sous réserve de lui laisser du temps pour s’ouvrir.
DOC Langhe Nebbiolo, 2017 : un fruité acidulé finalement sérieux, une bouche avec de la sève, sur un registre aromatique complété par une touche de boisé fin. Très Bien +
DOCG Barolo, 44° Annata 2014 : un nez grillé fruité du plus bel effet. Une bouche avec des tannins salivants, sur un équilibre de demi-corps. Du charme pour cette entrée de gamme en Barolo. Très Bien ++
DOCG Barolo, 2015 : une pointe de réduction animale au nez, qui est assez insistante. Bouche sur des amers plutôt saillants, avec toutefois la perception d’un bel enrobage. Pas prêt du tout
DOCG Barolo, Bussia 2012 : fine réduction élégante, complétée par une pointe d’alcool noble sur base fruitée. Bouche très équilibrée, fraîche, peut-être un peu courte. Très Bien ++
DOCG Barolo, Bussia 2011 : on retrouve un équilibre au nez sur le moka, des notes animales et une pointe alcool en complément. Puissance totalement maîtrisée en bouche, m’évoquant les pruneaux à l’alcool. Très longue (et agréable) persistance. Excellent ++
DOCG Barolo, Riserva Bussia Oro 2010 : on monte encore d’un cran dans l’exigence, mais il faudra être très patient. Aujourd’hui, le nez est très original, une sorte d’amertume acre mais élégante (difficile à verbaliser). Puissance en bouche sur une trame acide bien définie, laissant une marque superlative de fraîcheur en rétro-olfaction. Potentiel énorme. Aujourd’hui Excellent +

Roberto Voerzio
Une gamme homogène, cohérente et de belle facture, sur un mode privilégiant l’élégance.
DOCG Barolo, La Serra 2014 : frais et fruité au nez, malgré une pointe de réduction / de fermeture. Bouche sur une trame minérale bien dessinée, portée par une grande acidité fine. Tannins anguleux bien formés, demandant une garde certaine. Très Bien +
DOCG Barolo, Cerequio 2014 : quel nez sur la fraîcheur mentholée, des notes de fruits confits, une impression de douceur et d’extraction minimaliste mais ô combien efficace. Bouche de soie, typée Chambolle, de demi-corps bien sûr … mais avec une structure portée par des tannins soyeux et suaves. Excellent +
DOCG Barolo, Fossati Casa Nere, 2009 : un triptyque fruité / réglisse / menthol au nez. Une bouche ronde mais pas molle, enjôleuse, avec ce qu’il faut de salinité pour apporter du volume et du caractère. Tannins présents qui laissent une impression de mâche en finale. Excellent

Courte mais belle sélection de dégustations qu’il nous faut quitter. En effet, malgré une belle fraîcheur de l’ensemble des vins, la structure, la puissance et la charge tannique des crus commencent à fatiguer nos papilles.
Confirmation de cet ‘esprit de famille’ en Pinot Noir et Nebbiolo, pour notre plus grand plaisir.
Nous sommes d’ores et déjà attendus en Piémont pour quelques dégustations futures …

Bruno