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29 juin 2019

Tasting au domaine Chicotot à Nuits Saint Georges (21)

Chaque périple en Bourgogne est l’occasion de réviser nos classiques. Cette fois-ci encore, nous ne dérogerons pas à la règle maintenant gravée dans le marbre : « un week-end en Bourgogne n’est réussi que s’il passe par Nuits Saint Georges ».
Et donc, malgré la canicule, nous revoilà pour notre plus grand plaisir chez la famille Chicotot pour un audit « qualité » des vins et des vignerons. Premier constat, l’accueil est toujours amical, les discussions toujours aimables, joyeuses et sans prise de tête. Deuxième constat, les vins sont toujours aussi bons. J’irai même jusqu’à dire qu’ils se sont bonifiés depuis notre dernière visite d’octobre : les 2018 ont terminé leur malo et sont donc aptes à la dégustation et les 2017 ont acquis une stature plus imposante encore. Trêve de bavardage, voici quelques impressions

Les 2018 sur fût : ou la promesse d’une future splendeur
Ladoix 2018 : un fruité éclatant au nez, avec une « granulosité » salivante. En bouche, un vin avec de la mâche, tout en restant gouleyant. Très Bien +
Bourgogne, Côte d’Or 2018 : fruité acidulé au nez, plus mesuré et sur une espèce de retenue. Bouche construite sur une acidité plus marquée, avec toutefois une légère rondeur en finale. Très Bien
Nuits Saint Georges, Charmottes 2018 : une grande élégance au nez, sur un registre toujours fruité, et avec ce « grain ». Soyeux en bouche, tendresse sur un équilibre complètement sec. Finale finement salivante. Très Bien +
Nuits Saint Georges, les Saint Juliens 2018 : nouvelle cuvée sur le coteau nord de Nuits, avec un nez plus profond, traduisant une assise terrienne plus marquée. Très belle et grande structure en bouche, un vrai faux premier cru. Finale kirschée, avec une rondeur avenante, une tension salivante et des notes réglissées. Très Bien
Nuits Saint Georges, premier cru les Rues de Chaux 2018 : mon chouchou sur la durée. Nez poudré fruité très élégant, pointe grillée / torréfiée fine. Bouche superbe, avec une sorte d’exubérance mesurée. Tannins soyeux quoique puissants. Fine amertume finale. Excellent +
Nuits Saint Georges, premier cru les Pruliers 2018 : un vin plus immédiat et plus « facile ». Fruité acidulé au nez, bouche ciselée, gouleyante mais associant une acidité et une tannicité bien présentes. Très Bien (+)
Nuits Saint Georges, premier cru aux Thoreys 2018 : un fruité assez exubérant mais plus profond et plus suave, sans être confit. De la soie en bouche, avec une acidité perlante sur la finale très avenante. Excellent
Nuits Saint Georges, premier cru les Vaucrains 2018 : si le nez est un peu fermé et réduit, la bouche dégage une impression de puissance, de « force tranquille ». Quel toucher de tannins, un grain superlatif. Potentiel énorme … sous réserve d’être très patient. J’avais écrit « laissons le temps au temps » en octobre dernier. Je confirme. Potentiellement Excellent ++
Nuits Saint Georges, premier cru les Saint Georges 2018 : Si mon cœur penche vers les Vaucrains, je dois avouer que le St Georges 2018 est exceptionnel. C’est le grand frère du précédent, mais avec son caractère. Une synthèse de la puissance et de l’élégance, sur un registre presque ‘fin’. De la soie en bouche, malgré son origine terrienne de St Georges et malgré sa jeunesse. Finale extraordinairement enjôleuse, presque « sucrée ». Retour très long sur des notes grillées fines. Exceptionnel

Quelques 2017 en bouteille : ou comment le temps fait son oeuvre
Ladoix 2017 : un vin croquant, associant grillé, fruité et sève. Malgré sa place dans la dégustation, il m’a fait une très grande impression. Très Bien ++
Nuits Saint Georges, les Saint Juliens 2017 : nez sur l’élégance, bouche complexe, à la fois nuitonne (veloutée) et vosnienne (soyeuse). Une opulence maîtrisée jusque dans une finale étirée par une acidité de bon aloi. Excellent
Nuits Saint Georges, premier cru les Rues de Chaux 2017 : une véritable claque pour ce bébé ! Quel nez, complexe, sur le fruit bien mûr, les notes torréfiées et une aromatique bien développée. Bouche puissante, avec une acidité presque magique. Tannins sur la soie. Un vin de méditation, tant il est (déjà !) zen. Excellent ++
Nuits Saint Georges, premier cru les Vaucrains 2017 : un grand cru ultime, telle pourrait être sa devise. Tannins poudrés, longueur en bouche, acidité intégrée, aromatique à la fois fruitée et terrienne. Dire qu’il n’a pas 2 ans. Puissance sur la finesse ou finesse sur la puissance ??? Exceptionnel
Nuits Saint Georges, premier cru les Saint Georges 2003 : cerise sur le gâteau avec un 2003 à point, mais qui pourra encore vieillir tranquillement, et pour longtemps. Un premier nez de fruits noirs, laissant apparaître une légère évolution animale (qui disparaîtra avec l’aération). Pointe fraîche mentholée. En bouche, c’est frais, bien loin de nombre de 2003 confits ou fatigués. Les tannins sont encore jeunes. Des notes de pruneaux et de fruits noirs apparaissent à l’aération, la bouche s’arrondit doucement, un soyeux glycériné se développe, une pointe réglissée s’affirme. Rétro-olfaction sur les champignons, puis sur une empreinte tannique et puissante. Exceptionnel aussi, mais sur un autre registre.

Encore une fois, un immense merci à Georges et Pascale de leur accueil et de ce partage d’instants toujours magiques. Vivement la prochaine fois !

Bruno

8 avril 2012

Une décennie bien fêtée

Pour fêter la première décennie de connaissance d'un couple d'amis, lointains géographiquement mais toujours très proches dans notre cœur, nous voilà donc en ce dimanche de Pâques dans la garrigue nîmoise. Une bonne nouvelle, les cigales sont encore endormies ; une mauvaise, un méchant vent nous empêche de profiter du jardin.
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Précédés par un magnifique bouquet concrétisant ces 10 années, l'amitié, le partage, une cuisine de haut vol réalisée à quatre mains à l'aide du commis Oliv - qui avait aujourd'hui troqué ses habits d'apparat contre la toque - et quelques belles bouteilles ont été au rendez-vous.
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Quelques impressions de dégustation prises rapidement au cours d'un repas dont le but était l'amitié, sans autre ambition (en particulier en ce qui concerne l'analyse des vins).
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Sancerre, les Culs de Beaujeu 1996, François Cotat : une robe jaune claire, pratiquement sans signe d'évolution. Un nez complexe et qui apparaît équilibré, entre une sensation acidulée douce et une pointe de menthol, le tout enrobant une douce rondeur. La bouche est complètement en accord, fraîche, citronnée juste comme il faut, révélant une rondeur de bon aloi. La finale est magnifique, sur le fenouil et la truffe. Excellent.
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Corton-Charlemagne Grand Cru 2001, domaine Bonneau du Martray : magnifique nez de grand Chardonnay, noiseté, légèrement grillé, floral et laissant paraître des notes d'amertume noble. En bouche, on est frappé par la corpulence du vin, encore dans sa prime jeunesse. Magnifique amertume noble, complétée par des notes de zan, d'anis et un léger glycériné. La finale se révèle d'une minéralité noble, salivante et d'une tension ... interminable. Simplement un grand vin !
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Châteauneuf du Pape, château Mont Redon 1966 : une robe rouge orangée assez claire, montrant une évolution certaine. Le premier nez est d'abord très viandé (type jambon de pays fumé). A l'aération, des notes sudistes apparaissent comme la figue et le pruneau. La bouche est complètement fondue, suave et légèrement alcooleuse (mais pas trop). Notes kirchées magnifiques, apportant un velouté au vin. Finale légèrement réglissée. Excellent. Force est de constater que le vin soutient - tout comme notre hôte d'un jour - son âge.
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Bourgogne 2009, domaine Dugat-Py : Est-ce l'ordre de service mais nous avons eu une très grosse déception avec ce vin. Si le nez "pète" les fruits rouges avec une première sensation très cistercienne, la bouche fraîche apparaît stricte, (trop ?) serrée, à la limite de la raideur. Finale très marquée par l'élevage. A revoir.
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Richebourg Grand Cru 1988, domaine Gros frère et soeur (étiquette détachée) : la déception de ne pas voir l'étiquette a été rapidement effacée par le plaisir que cette bouteille  nous a apporté. Nez sur la cerise, doté d'une belle maturité et d'une évolution ménagée. La bouche est typiquement nuitonne, encore fraîche, terriblement fruitée, le tout porté par une acidité totalement intégrée. Granulosité salivante en finale, plus sur le cassis. Une impression de très grande profondeur se dégage de ce vin. Exceptionnel.
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Un grand merci à Fiona et à Laurent pour leur générosité, leur hospitalité et leur sens du partage. Rendez-vous dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, ... (j'arrête là car dans 30 ans, je serai peut-être en bout de course).
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L'amitié n'est pas un vain mot !
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Merci également au "mousse" Oliv qui a parfaitement officié aux fourneaux (un véritable Rémy Bricka que cet homme là !).
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En route maintenant pour le Pic Saint Loup !
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Bruno

4 juillet 2011

Un week-end, quatre vins !


En ce week-end de transition, à la fraîche, pénard ... quelques bouteilles pour accompagner nos différents repas.
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Jurançon sec, Cuvée Marie 2006, clos Uroulat : Un nez sur la discrétion,  tendre, vanillé, sur les fruits exotiques et le miel. Après aération, des fragrances plus profondes d'amandes amères et de noisettes grillées, ressemblant un peu à un noble chardonnay. En bouche c'est délicieusement équilibré, entre l'acidité / minéralité, une aromatique élégante, un joli gras sans lourdeur et des notes fruitées. Amertume noble et fraîcheur. Belle persistance en bouche, sur une finale semblant légèrement grillée / boisée. BIEN ++
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Condrieu, Les Terrasses de l'Empire 2007, domaine Georges Vernay : changement radical de registre avec ce vin sur un style opulent et corpulent, mais qui sait rester buvable. Magnifique premier nez sur la violette épicée puis, après aération, les agrumes et la confiture d'abricots. En bouche, le vin est à la fois ample et frais, sur de belles citronnées et épicées. Glycériné sans lourdeur. Finale très sapide. TRES BIEN.
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Bourgogne Corps de garde 2008, domaine Goisot : Un nez de pinot franc, corbeille de fruits murs, légèrement boisé. Bouche de qualité, mêlant cassis et framboise acidulés, légèrement poivrés. Belle persistance sur une finale dont l'élevage demande encore un peu de patience. Un simple bourgogne régional mais diablement bien construit. BIEN++.
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Côtes du Rhône, La Pialade 2005 : une robe assez claire mais semblant déjà bien évoluée, avec des reflets orangés. Un nez puissant, complexe, très fruité sur les fraises épicées et réglissées. Quelques notes évoluées sont perceptibles (feuilles mortes, viande fumée). La bouche est sur un même registre de fruits rouges épicés, très suave. Une belle gourmandise juteuse, immédiate et réglissée, qui sait rester à la fois fine / soyeuse et concentrée / voluptueuse. Toucher de bouche proche du "Grand Frère" Rayas. Extrêmement persistant en finale, sur un registre "c'est petit 750 ml". EXCELLENT.
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Bruno