Après une disette très passagère, nous nous sommes
rattrapés ce week-end, avec quelques bouteilles, et des fortunes diverses :
Mosel-Saar-Ruwer,
Riesling Kabinett, Rotschiefer 2012, van Volxem : un superbe nez sur la poire williams, avec une pointe saline
légèrement perlante, fraîche, énergique et qui apporte du peps. Fine sensation
« douce », veloutée. A l’aération, des notes pétrolées apparaissent,
complétées par des composantes plus capiteuses. Attaque en bouche vive, douce
et saline, sur une grande complexité et un équilibre magistral. Un joli gras
fruité se mêle avec des notes florales plus consistantes. L’ensemble est tenu
par une grosse acidité intégrée. De l’énergie qui vient tapisser les papilles.
Finale à l’avenant, sur des touches salines, des amers fins et une impression
de mâche. Sensuel et charmeur sur un registre frais. Excellent ++
Saumur,
Chenin du Puy 2015, domaine Frédéric Mabileau : on retrouve la construction classique de ce cru, avec
un nez minéral fin, tendu, ciselé et allongé. Des notes florales fines et
douces apparaissent, complétées par une sensation grasse très légère. Bouche
équilibrée, sur une structure acide et une assise très chenin, avec une fine
salinité, un soupçon fumé et des notes grasses qui apportent une corpulence
supplémentaire. Sans doute un peu fermé en l’état toutefois. Finale fumée
fraîche, avec un joli potentiel de vieillissement.
Le soir, après une aération, on retrouve cet équilibre
général, en plus épanoui et plus exacerbé. Ouverture du vin, gras et rondeur,
sans conséquence sur l’aspect traçant et frais. Aromatique nettement
développée. Finale avec plus de caractère, sur des amers bien présents, de bel
effet, et qui claquent. Excellent
IGP
Collines Rhodaniennes, Syrah de Seyssuel, L’Ame Sœur 2013, domaine Stéphane
Ogier : un vin acheté après un salon « pro » au cours duquel
on nous fait gouter le millésime 2014 et on vous livre un 2013 en vous
expliquant que c’est pareil (ce n’est pas un coup d’essai puisque les Côte du
Py de Jean-Marc Burgaud avaient subi le même sort, mais j’étais resté ferme sur
le millésime) … Marketing commercial parisien par des commerçantes, à
l’attention … certainement pas des vrais amateurs ! Bref, un joli nez
profond, sur la violette, les fruits noirs et dégageant une impression de
maturité. En bouche, c’est bien construit, avec des tannins de caractère, un
fruité assez profond (fruits noirs), mais avec un manque évident de complexité.
Rien à voir avec le 2014 dégusté (de mémoire). Bref, une expérience à vite
oublier (de toute façon, elles se sont ré-orientées vers des salons avec « plus
d’espaces et plus d’intimité « dans lesquels seuls les vrais
professionnels sont désormais invités. Bien +
Bruno