22 avril 2020

Résistance 6

Episode VI : Le retour du Jedi (ou comment les forces du bien finissent toujours par triompher).

Après une période un peu difficile, liée à des bouteilles défectueuses ou pas à la hauteur attendue, à une perte partielle du goût (enfin, surtout une altération voyant les sensations d’amertume et d’acidité exacerbées) … il fallait reprendre le bon chemin. Pour accompagner une pintade, mon choix s’est porté, plutôt que vers un « traditionnel » pinot noir de bourgogne, sur un cabernet franc tourangeau !

Bourgueil, le Haut de la Butte 2014, domaine de la Butte (Jacky Blot) : j’avais écrit précédemment « maturité / fraîcheur / fruit ». Un an plus tard, on retrouve ce triplet à quelques nuances près. Robe rubis soutenue, plutôt profonde et concentrée, sans notes d’évolution. Nez de fruits noirs sur la maturité, complétés par des fragrances végétales nobles, une certaine « mâche » et une impression tannique de bel effet. Bouche construite sur l’allonge. Corbeille de cerises noires bien mures, pointe d’amertume végétale encore présente, droiture et délicatesse. Tannins fins et de caractère. Ultra-jeune encore. Finale salivante, pointe de glycérine, grain minéral fin et impression de douceur en retour. Allonge superbe. Excellent

Voilà, retour (en cours) vers la normalité

Bruno

20 avril 2020

Résistance 5

Episode V : L’empire (du mal) contre-attaque

Chablis, premier cru Forest 2008, Vincent Dauvissat : derrière une robe diaphane, se cache … peu de choses ! Un vin passé. Nez mutique, quelques notes d’encaustique … et c’est tout. Bouche sans âme, sans aromatique et surtout une finale astringente, sur une amertume type « caoutchouc brulé ». Lamentable
Lirac, Le Blanc 2016, domaine du Joncier : robe jaune dorée intense, presque orangée. Symptôme ... vite confirmé d’un vin oxydé !
Nuits Saint Georges, premier cru les Chaignots 2011, domaine Robert Chevillon : robe rubis carmin sombre mais plutôt peu intense (dans le sens peu concentrée). Nez complexe, à la fois rustique et suave. Notes de fruits noirs, de réglisse et d’épices. Bouche plutôt ronde, tannins doux et aimables, fruit confit sans être confituré, acidité liée au millésime bien équilibrée par la structure. Grande épice morésienne, force terrienne nuitonne et suavité vosnienne. Une belle complexité. Finale à l’avenant, sur des notes tendrement glycérinées. Très Bien +

On attend avec impatience l’épisode VI …

Bruno

13 avril 2020

Résistance 4

Week-end pascal un peu original cette année, pour cause de confinement respecté (heureusement, il a plu dans l’après-midi. Conséquence, moins de cons dans les rues !). Remontons nous le moral avec :


Fleurie, cuvée spéciale (Vieilles Vignes) 2010, domaine Chignard : robe profonde et dense, sans évolution notable. Nez un peu mutique, sur les fruits noirs, mais manquant franchement de peps. Bouche structurée autour d’une charge tannique assez dense, complétée par des notes fruitées un peu en retrait et une acidité assez marquée. Finale peu amène, avec des tannins amers, à la limite de l’astringence. Peu de plaisir en l’état. Bien
Pernand-Vergelesses, premier cru Sous Frétille 2010, domaine Rapet père et fils : robe jaune pâle, sans notes d’évolution. Très joli nez de chardonnay, sur des senteurs d’amandes douces. Impression de minéralité saline et de fraîcheur mentholée. Bouche bien équilibrée. Attaque franchement sur la minéralité de la colline de Corton, poudre de calcaire et notes mentholées, pointe glycérinée qui vient polir l’ensemble. Joli grain en bouche, salivante, sérieux et vineux. Finale qui voit le retour d’amers nobles, entre grillé fin et peau d’amandes. Longue persistance fraîche. Excellent
Saint Nicolas de Bourgueil, Eclipse n° 11, 2014, Frédéric Mabileau : robe rubis carmin profonde, quelques reflets plus vifs. Grand nez de cabernet franc mur et noble. Un fruité typé griottes, une droiture sur la maturité (le côté « mur » du CF), une élégance qui pinote presque. Attaque en bouche presque discrète, avec des tannins d’une race exceptionnelle, fins et élégants. Bel équilibre général, avec une épice douce et racée. De la mâche, un vrai toucher de bouche suave. Finale tout en équilibre, en longueur et en rondeur. Persistance sensuelle dans une rétro-olfaction fraîche, une sorte de turbo à sensations ! Promesse d’un vieillissement serein pour les autres bouteilles. Exceptionnel
Chambolle-Musigny, premier cru les Noirots 2010, domaine Anne et Hervé Sigaut : robe rouge intense et profonde. Un premier nez très fruité, sur les fruits noirs, la maturité, la structure et un côté épicé. En bouche par contre, le vin apparaît sur une forte acidité qui gomme les autres composantes. Une aération intense a permis de « dégazer » le vin. Nez plus en retrait, ayant perdu son côté fruité au profit d’un supplément de corpulence et de profondeur. La bouche est par contre plus conforme à nos attentes. Structurée de type nuiton, des tannins marqués mais soyeux, un fruité épicé profond. Belle finale enrobée sur un glycériné soyeux. Relative déception quand même. Très Bien

Résistance …

Bruno

5 avril 2020

Résistance 3

… suite de notre résistance …


Alsace Gewurztraminer, Grand Cru Pfersigberg 2006, domaine Paul Ginglinger : nez sur une aromatique très développée, typique du cépage avec des notes épicées douces, des fragrances de rose, de fleurs chaudes, … l’ensemble étant complété par une impression de tendresse, de suavité et de douceur presque sucrée. Nos sens sont en éveil. Bouche avec du volume, de la profondeur et une aromatique suave. Fraîcheur vive. Malheureusement, la finale apparaît légèrement dissociée, avec une amertume un peu trop marquée pour tutoyer les sommets. Après une journée d’ouverture, le vin prend de l’ampleur, de la corpulence et du fond, mais toujours avec ces amers marqués. Dommage, je sans doute un peu trop tardé à ouvrir la bouteille. Très Bien +
Volnay, premier cru Caillerets 2008, domaine du Marquis d’Angerville : robe sombre, profonde, sur des notes tirant sur le carmin. Nez sensuel, tellurique, masculin, avec cette trilogie fruits noirs, notes terriennes et pointe fumée. Légère impression végétale très agréable. Bouche marquée par une acidité typique du millésime, mais finalement pas stridente. Une corpulence sur les fruits noirs, des tannins veloutés et une sorte de mâche permettent de gommer cette impression. Finale avec un beau volume, de la mâche et une sorte de « douceur » glycérinée du plus bel effet. Là encore, une longue aération a été bénéfique au vin. Très Bien +.

Résistance (suite et on espère bientôt fin !).

Bruno