20 juillet 2023

Dégustation chez Arnaud Lambert à St Just sur Dives (49)



Rendez-vous avait été pris en février dernier pour une dégustation plus sérieuse, dans de meilleures conditions, chez Arnaud Lambert. Voilà qui est fait désormais avec cette visite agrémentée d’une balade dans les vignes pour observer l’état d’avancement du raisin.

Un grand merci à Arnaud pour son accueil, sa disponibilité et ses échanges. En route pour quelques impressions.


Débutons par les rouges :

Saumur, Mazurique 2021 : un nez sur la cerise bien mature, des tannins sur de fins amers salivant, de la mâche et de la concentration pour cette entrée de gamme. Bien +

Saumur-Champigny, Terres Rouges 2021 : du charme et de la gourmandise sur une base fruitée. Jolis tannins déjà bien civilisés. Bien +

Saumur-Champigny, Terres Rouges 2022 : un vin profond, construit sur une rondeur affirmée et une tension acide. Belle maturité du raisin. Finale charmeuse. Très Bien +

Saumur, Tue-Loup 2020 : un nez sur une amertume tannique marquée et des fruits murs, l’ensemble dessinant une esquisse complexe et équilibrée. Douce rondeur en bouche, avec une jolie rétro-olfaction sur de fins amers salivant. Très bien ++

Saumur, Tue-Loup 2021 : un vin qui m’a semblé plus léger, en demi-corps, toutefois frais, fruité et digeste. Très Bien

Saumur-Champigny, Montée des Roches 2020 : un nez séveux, sur les fruits noirs, bien structuré. Une bouche vineuse, avec de fins tannins légèrement poudrés. Un grand vin de gastronomie en devenir. Excellent

Saumur-Champigny, Clos Moleton 2020 : c’est profond, vineux et sur un grand équilibre de cabernet franc bien élevé, mur, frais. Une trame presque « acidulée » tant le vin semble frais. Amers et tannins nobles. Excellent +

Saumur, Etoile 2020 : une rondeur au nez, une attaque en bouche fraiche et tendre. Un faux maigre. Un peu fermé sans doute à ce stade. Très Bien ++ / Excellent


Place maintenant aux blancs :

Chenin, Parcelles 2022 : nouveau cru avec un nez qui sauvignonne. Acidité redoutable équilibrée par un joli gras en bouche. Finale salivante. Bien

Saumur, Midi 2022 : tendresse, floralité et fraîcheur pour cette entrée de gamme toujours charmante et charmeuse. Bien +

Saumur, Perrières 2021 : élégance et floralité au nez. Du charme et de la sève en bouche. Rondeur et allonge. Aromatique finement poudrée. Allonge qui perdure. Excellent

Saumur, David 2020 : un peu sur la retenue. Complexe en bouche, structuré, avec du gras et une pointe fumée. Très Bien ++ / Excellent

Saumur, David 2021 : nez très élégant, plus léger. Bel équilibre général pour un vin qui se fera plus vite. Très Bien +

Saumur, La Rue 2020 : c’est ciselé et cristallin au nez. Pointe « Brézé ». Superbe bouche où « il y a tout ! ». Fraîcheur, aromatique, empreinte des amers, gras enveloppant et finale réglissée. Equilibre magistral de l’acidité. Excellent +

Saumur, Coulée de St Cyr 2020 : « une petite Rue », avec certes moins d’élégance mais finalement plus de corpulence et de puissance. Excellent


Une bulle pour la route :

« 1948 » qui offre une jolie tendresse « sèche », une grande allonge et une délicatesse. Très Bien ++ / Excellent


Pour finir :

Coteaux de Saumur, Valboisière 2009 : une grande et belle liqueur fraîche, une amertume noble du botrytis, des sucres parfaitement intégrés et digestes. Excellent

Enfin, pour la science, une « Cuvée Moise 2001 » : une robe vieil or brillante et déjà salivante. Pointe mentholée. Une bouche totalement détendue, tout en rondeur. Acidité perlante nettement perceptible. Finale sur le sucre candy. Tout est légèreté dans ce vin. Excellent ++


Encore un joli moment de dégustation avec Arnaud et surtout confirmation de la montée en puissance constante du domaine.

RDV au prochain Salon des Vins de Loire en 2024.


Bruno


19 juillet 2023

Domaine Frédéric Mabileau et restaurant Chez Odette à St Nicolas de Bourgueil (37)


Dans un premier temps, nous avons rendez-vous au domaine Frédéric Mabileau pour une dégustation de l’ensemble de la gamme disponible. Comme toujours, accueil superlatif de l’ensemble de l’équipe, Madame Nathalie Mabileau en tête. C’est parti.


Anjou, Chenin des Rouillères 2022 : un vin floral, aromatique, qui sauvignonne légèrement. Bouche fraîche et saline. Léger manque de définition, mais nous verrons qu’il s’agit là d’un petit problème de bouteille. Bien +

Lunatic 2022 (ex-Orgasmic pour de sombres raisons de marque !) : une bulle sèche, légèrement muscatée, avec une structure sur l’allonge et une finale assez tendre. Manque un peu d’aromatique et de complexité. Bien

Hypnotic 2022 (bulle rosée issue de Pineau d’Aunis, de Grolleau et de Cabernet Franc) : un nez très fin, aérien, sur les fruits rouges, légèrement acidulé. Construction que l’on retrouve en bouche, avec un supplément tannique et une fine amertume. Très Bien

Pineau d’Aunis, Sans les mains 2022 : grande aromatique sur le poivre et l’anis. Bouche tendre, ronde, avec une structure sèche (non sucrée) en finale. Très gourmand. Très Bien

Diantre 2022 : un pur Grolleau sur les fruits rouges, cerise essentiellement. Bouche de demi-corps bien construite, tendue, sur un équilibre sec. Très Bien +

FRED (Foxtrot – Romeo – Echo – Delta) 2022 : passé un premier nez poivronné (une sorte de réduction), ce vin est charnu, fruité, de belle maturité. La bouche offre une tendre rondeur, une allonge et une immédiateté. Une vinification « beaujolaise » (carbo) très réussie et charmeuse. Excellent

St Nicolas de Bourgueil, les Rouillères 2021 : un vin droit, immédiat, frais et de demi-corps. Idéal par ces chaleurs estivales. Très Bien +

St Nicolas de Bourgueil, Coutures 2019 : une touche boisée subtile et bien dosée, une structure vineuse sérieuse, des tannins déjà fins et une amertume / astringence pour un vieillissement harmonieux. Tout est déjà présent. Excellent

Bourgueil, Racines 2020 : un vin plus rond et plus consensuel, une fine minéralité en supplément. Tannins plus fins. Un autre registre du Cabernet Franc de noble origine. Excellent

St Nicolas de Bourgueil, Eclipse n° 13, 2017 : un supplément de tout pour ce « grand cru » en devenir. Douceur, tendresse, équilibre, complexité et tannins nobles. RDV dans 10 ans pour une partie de plaisir. Excellent ++


Après cette agréable mise en bouche, nous avions réservé une table au restaurant Chez Odette, située dans la cour du domaine, pour prolonger le plaisir, et nous ne nous sommes pas trompés. Menu « bistrotier » de belle facture, en trois temps :



Carpaccio de daïkon mariné, truite fumée, consommé d’algue et mayo au yuzu



Galette de pois chiche, crème d’aubergine, poitrine de cochon braisée, salsa tomate / oignons rouges / piment



Ganache estragon, tuile chocolat et confit de cassis


Pour accompagner ce repas.



Un verre de Anjou, Chenin des Rouillères 2022 : sur cette bouteille ouverte à notre attention, le vin a perdu son côté sauvignon. Nez floral, minéral et profond, sur une allonge cristalline. Bouche à l’avenant, complétée par une jolie rondeur et une aromatique salivante. Très bel accord avec l’entrée. Très Bien ++

Une bouteille de St Nicolas de Bourgueil, Eclipse n° 13, 2017 : confirmation de la qualité de ce cru, avec un supplément d’âme par rapport à la dégustation pure, qui nous fait dire que ce vin est fait pour être bu à table. Fine tannicité granuleuse qui se marie à merveille avec le cochon. Excellent ++


Un grand merci à l’équipe du domaine Mabileau pour leur accueil, leur disponibilité et félicitations à Charly qui officie désormais en cuisine, pour notre plus grand plaisir.


Bruno


16 juillet 2023

Anniversaire bis repetita

Anniversaire, bis repetita, à la maison, dans un cercle familial élargi par rapport à notre repas au restaurant.

Au menu « maison » (sans photos) : verrines de mousse d’asperges, jaune d’œuf et paprika pour l’apéritif ; pain de saumon au fromage de chèvre frais et herbes aromatiques pour débuter ; gigot de 7 heures et son tian de légumes pour se substanter ; plateaux de fromages normands et d’autres contrées ; Framboisier et Fraisier pour finir doucement.


Pour accompagner ce repas.

En apéritif, un Montlouis, Triple Zéro 2020, domaine de la Taille au Loups (en magnum) : une bulle ligérienne de noble origine, fraîche, tonique et vineuse. Nez floral, une touche de fruits jaunes, une minéralité crayeuse fine. Bouche tendue, allongée, avec un soupçon de tendresse (malgré l’absence totale de sucres résiduels et/ou ajoutés). Amers veloutés, pointe granuleuse en finale, qui titille nos papilles. Une valeur sûre. Excellent

DOC Chardonnay Langhe, Settembrino 2020, Fratelli Grasso : un chardonnay fin et élégant, complexe, floral, de bel équilibre. Nez légèrement poudré, charmeur, avec une belle aromatique. Pointe légèrement grillée, à peine perceptible. Finale tendrement fumée, avec du gras et une « fausse » rondeur. Finale salivante, marquante, sur de fins amers réglissés. Excellent (+)

Nuits Saint Georges, premier cru les Saint Georges 2008, domaine Georges Chicotot (magnum double carafé 4 heures avant le service) : robe diaphane, rouge orangé, brillante et limpide. Dès l’ouverture, le vin remplit la pièce de son « esprit », sur l’aromatique. Fine minéralité terrienne, complétée par une structure secondaire sur les feuilles mortes, le thé, l’infusion. Bouche étonnement puissante, mais contrôlée. Infusion de sens et de sensualité. Fruits noirs à l’alcool, tannins complètement polissés. Grande et longue finale, marquante, laissant une empreinte superlative. Sans doute encore plus élégant et plus complexe que la bouteille du même cru bue en mai dernier. Le vin de la journée. Sublime

Moi qui avais un peu de mal avec le millésime 2008, me voilà non pas réconcilié mais converti !

Nuits Saint Georges, premier cru les Saint Georges 2012, domaine Georges Chicotot (magnum double carafé 4 heures avant le service) : robe sombre, plus dense, plus profonde. Je confesse sans doute l’erreur de l’avoir servi après le 2008 (j’avais un doute qu’il n’écrase le 2008 ensuite …). Nez très nuiton, charge tannique présente, encore un peu saillante. Structure avec du potentiel. Il manque toutefois, à ce stade, un peu de complexité et de suavité. Notes grillées (réduites ?), touches de torréfaction (moka) à la mode « Rue de Chaux ». Bon vin mais à garder encore au moins 10 ans à mon avis avant de révéler tout son potentiel. Très Bien

Devant l’insistance de l’assistance, j’ai enfin sorti pour le dessert, un Allemagne, Mosel-Saar-Ruwer, Riesling Auslese***, Ürziger Würzgarten 1995, Weingut Karl Erbes : robe vieil or, brillante, limpide et salivante. Un nez sur les agrumes jaunes, le pamplemousse et la pêche. Bouche sur un équilibre demi-sec, tant le vin a mangé ses sucres. Très grande aromatique, impression tendre, tendue. Une vraie douceur légère pour finir le repas … et qui s’est relativement bien mariée avec les fruits rouges du dessert. Très Bien ++

Voilà, un peu de répit avant un mid-week ligérien qui s’annonce. Les cadences, les cadences !


Bruno