28 juin 2019

Dégustation à l'Hostellerie de Levernois


Lors de notre dernière visite en octobre dernier, nous avons appris un peu par hasard que l’Hostellerie de Levernois proposait des dégustations pour des groupes d’au moins 4 personnes, les jeudis et samedis à 18h00 à la « Boutik » (et pour un prix modique de 22 € par personne).
Ce week-end bourguignon entre amis et passionnés de vins était l’occasion de tester cette prestation. Nous sommes donc accueillis par Nicolas Geoffroy, sommelier au restaurant gastronomique, qui nous trace dans un premier temps un tableau complet des vins de Bourgogne, entre géologie, topographie, ampélographie et appellations.
Puis nous rentrons dans le vif du sujet avec la dégustation (étiquettes découvertes) de 4 vins, suivant un schéma très ludique (et logique) : une appellation « régionale », une appellation « village » et deux appellations « premier cru », issues du même village, et l’ensemble sur un même millésime 2015.
Accueil professionnel et décontracté, un caveau de dégustation où il fait frais (par ces jours de canicule, c’est vivifiant), des vins servis à la bonne température, dans des verres ad-hoc, tout était réuni pour passer un bon moment (et accessoirement fêter un départ en retraite). En route pour une dégustation ponctuée d’échanges.

Bourgogne Chardonnay 2015, domaine Jean-Marc Roulot : une robe pâle aux reflets verdâtres. Un nez d’une extrême finesse, sur des notes mentholées fraîches, une fine minéralité apportant une granulosité juste dosée. Bouche vive et très tonique, équilibrée par une rondeur aromatique bien présente. Equilibre entre l’amertume et l’acidité qui se conjuguent pour apporter une vibration persistante. Finale sur des amers fins, provoquant une salivation vibrante. Une pointe très légère de boisé vient compléter un tableau de grande qualité. Un rapport Qualité/Prix imbattable. Très Bien  +

Chassagne-Montrachet 2015, domaine Lamy-Caillat : nez boisé sur une légère réduction fine, associée à des notes de cailloux. A l’aération, la floralité se développe, plutôt profonde et élégante, sur les classiques (attendus) du cépage. Bouche sur l’opulence mesurée, alliant boisé grillé fin et amers nobles. Du volume jusqu’à une finale laissant une grande empreinte. Un retour en rétro-olfaction sur un boisé légèrement fumé. Excellent

Meursault premier cru le Poruzot-Dessus 2015, domaine Tessier : un nez très profond, intense, dégageant une impression séveuse sans sacrifier à une finesse mentholée. En bouche, la puissance minérale domine à l’attaque. Puis, le côté traçant apparaît, accompagné d’une minéralité saline généreuse et intense. Retour en finale sur une fine amertume prégnante, légèrement réglissée, et laissant une vibration élégante sur les papilles. Grand potentiel. Excellent (+)

Meursault premier cru Genevrières 2015, domaine Tessier : servi en parallèle du précédent, pour un exercice ô combien instructif, ce vin paraît plus profond encore, j’allais dire plus sérieux. Un nez complexe, entre opulence mesurée et finesse. Notes d’amandes douces. Magnifique bouche dégageant une puissance et une allonge énergique. Un réglissé fin apporte un complément de tonicité, complété par des amers claquant. Une sorte de synthèse (presque parfaite) entre les trois vins précédents. Excellent ++ J’achète (oui, en 2019, j’ai le droit).

Un grand merci à Nicolas pour cet exercice dont nous sommes ressortis moins ignorants et surtout en ayant pris un véritable plaisir à échanger pendant plus d’une heure.
Je vous recommande fortement, si vos pas vous mènent à Levernois, de tenter l’expérience.

Bruno

16 juin 2019

Un dimanche idéal


En prélude à une pièce de théâtre très justement intitulée « La Dégustation » (et magnifiquement interprétée par Isabelle Carré, Bernard Campan, Mounir Amamra, Eric Viellard et Olivier Claverie), déjeuner très amical en plein Paris, avec au Menu :

Entrée sur une trilogie Saumon, Chèvre et Tomates
(Très colorée et très gouteuse)

Quiche maison
(Excellente)

Salade de fruits rouges et son coulis de rhubarbe
(une jolie façon de terminer un repas sur une note estivale)

Pour accompagner l’ensemble, nous avons bu :

Condrieu, la Berne 2011, domaine Faury : un chenin méridional ou un viognier ligérien ? Telle pourrait-être la question. Premier nez de chenin, plutôt sur la droiture et la minéralité. Pointe gras et opulente qui se développera à l’aération, avec des notes plus « lourdes » de violette, d’abricot sur un substrat restant vif. Bouche très opulente mais sans lourdeur, tendue, une acidité acidulée presque perlante (un effet Kiss Cool !). C’est sphérique avec du caractère. Superbe finale qui laisse une empreinte fraîche et élégante. Excellent

Saumur Champigny, Clos Moleton 2011, domaine de Saint Just : petite déception avec ce vin (cette bouteille) clairement dans une phase de fermeture. Un nez réservé quoique évoquant le cabernet franc bien mûr. Notes de fruits noirs, pointe d’épices transparaissent. Bouche avec un caractère demandant à s’affirmer, ronde, tannique … mais avec un manque d’aromatique. Bel accord avec la quiche. Bien ++

Saar-Mosel-Nahe, Riesling Spätlese, Graacher Josephshöfer 2005, Reichsgraf von Kesselstatt : un Spätlese d’anthologie. Premier nez rôti évoquant les plus grands liquoreux (type SGN / Anthologie de Philippe et Catherine Delesvaux), une aromatique profonde, intense et exceptionnellement salivante. Notes de fruits confits aromatiques. Bouche complètement à l’avenant, d’une richesse exceptionnelle pour un spätlese. Une charge de sucres finalement bien placée et bien équilibrée. Vibration ultime et accord magnifique avec le fruité / sucré des fraises et l’amertume fine de la rhubarbe. Anthologique-2019
Superbe repas, accompagné de superbes vins, superbe pièce de théâtre, un dimanche idéal pour se remettre d’une semaine d’audits intense(s).

Bruno

14 juin 2019

Un mini Tour de France

Récit de quelques agapes lors d’un « Tour de France de la Qualité » réalisé dans un cadre professionnel …

Premier soir à Aix en Provence, avec un temps normand breton, froid, humide et vent. A croire que la dérive des continents a pris une accélération subite ! Pour se remonter le moral, un Chablis 2015 du domaine Laroche, qui représente l’alliance presque parfaite de la minéralité chablisienne et de la rondeur du millésime, une belle entrée en matière (Très Bien). Ensuite, et en accompagnement d’un tartare de bœuf au couteau, un IGP Méditerranée, le Grand Rouge 2016, domaine Revelette : très jeune bien sur, mais un cabernet sauvignon de noble origine. Puissance méridionale, une aromatique fruitée intense, des épices douces mais bien présentes, des tannins encore un peu accrocheurs mais qui savent jouer sur un registre élégant et une acidité qui tend et allonge le vin. Du velours pour les papilles et les neurones ! Très Bien ++

Second soir à Mâcon, où nous avons testé l’Hôtel 360 Panorama. Des chambres spacieuses et luxueuses (nous avons été surclassés), un équipement au top, un personnel aux petits soins et, cerise sur le gâateau, un « Sky Bar » situé sur le toit et permettant une vision à 360°, allant des monts du Beaujolais aux Alpes en passant par la Bresse et quelques clochetons de la ville. En apéritif pour la route, un Viré-Clessé 2016 du domaine Lassarat qui se présente sur un équilibre assez sudiste (pour un chardonnay), une minéralité sur les pierres chaudes, une aromatique dense, une pointe réglissée et une acidité qui porte le vin. Très Bien

Traversons ensuite la Saône pour se retrouver au restaurant « L’Autre Rive », avec un menu Plat+Dessert à 33€. Superbe plat sur une base poulet de Bresse à la crème et au vin jaune, très beau dessert sur une base fruits rouges de saison, croquant à souhait. Simple mais extrêmement efficace. Pour accompagner le plat, un classique de la maison Bobosse, un Rully 2016, domaine Dureuil-Janthial : cerise noire bien mûre, bouche complexe, acidulée et croquante mais avec du fond. Petits tannins fins, enjôleurs. Mariage réussi avec le plat. Une nouvelle confirmation de la qualité des vins de Vincent Dureuil. Très Bien +

Finalement une semaine d’audits pas trop difficile à vivre !

Bruno