15 avril 2022

C'est très bien "Chez Odette" (Saint Nicolas de Bourgueil)


Prélude à cette semaine de vacances, un court détour dans le vignoble tourangeau, pour une découverte, le bistrot « Chez Odette » ouvert très récemment par le domaine Frédéric Mabileau pour lequel nous avons une tendresse particulière.

En ce vendredi d’avril ensoleillé, nous avons pu profité pleinement de la terrasse, de l’air doux et de ce sentiment de « déjà presque vacances » tant l’ambiance y était calme, paisible et accueillante, sous l’œil amical et précis de Nathalie Mabileau.

Menu bistrotier en trois services, qui change toute les semaines.


Asperges blanches, vinaigrette à l’œuf cassé, estragon et amandes

St Jacques snackées, bouillon à la citronelle, poireaux et shitackés


Parmentier de bœuf, purée de carottes au cumin, échanlotes confites


Mousse au chocolat, graine de sarrasin torréfiées

Tatin de pommes, crème fraîche, glace vanille de Madagascar


Une qualité au top, des associations et saveurs parfaitement dosées, un service décontracté et précis, un style « familial » et une carte des vins tourangeaute avec des vins du domaine, à des prix doux.


Pour accompagner le repas, nous avons choisi une bouteille de :

Saumur, Chenin du Puy 2018, Frédéric Mabileau : magnifique nez sur une aromatique très fruitée, entre fruits jaunes et pêches, impression solaire bien dosée et équilibrée. Pointe grasse saline qui nous fait frissonner. Super salivant déjà. Bouche qui file vers le plaisir, presque d’une façon gouleyante. Mais la structure n’est pas bien loin. De la matière, une mâche en bouche presque « tannique », comme je les aime. Equilibre entre la vivacité de la jeunesse et le sérieux du cru, sur un triptyque opulence / acidité / gras. Finale qui nous emporte avec des notes de zan, des amers fins, une pointe saline et une allonge superlative. Excellent +

Avec le Parmentier … une bouteille de Saint Nicolas de Bourgueil, Eclipses n° 12, 2015 : un nez sérieux, profond, de la sève, construit sur un équilibre très fruits noirs. On y retrouve la droiture du Cabernet franc … mais également son côté fruité et enjôleur, sans ces satanés notes de poivrons encensées dans les bistrots parisiens. Pas de ça ici § De la maturité, du fruit et une structure. Ce vin se montre sous un visage très jeune en bouche, marquée par une assise droite et allongée. Acidité légèrement granuleuse, qui vient se compléter avec les tannins, déjà bien arrondis. Ce grain en bouche est salivant, et très plaisant. Finale sur unebelle longueur, un poil réglissé pour augmenter sa trace. Gros potentiel de plaisir et de garde. Aujourd’hui Très Bien +, demain certainement Excellent +

Avec la tatin, il ne fallait pas repartir à vide, nous avons pris un verre de Vin de France, « Pet’ Nat’ », cuvée Orgasmic : un clin d’œil de feu-Frédéric Mabileau qui nous avait fait goûter en avant-première ce vin lors d’un Salon. Une sorte d’OBNI. Une belle bulle, sèche, aux accents muscatés (style Moscato d’Asti de Pelissero par exemple). C’est frais, vif, aromatique, sur les fleurs blanches, dessinant un joli grain. Une belle manière de terminer un moment d’exception. Très Bien


Si on connaissait le domaine, ses vins et son sens inné de l’accueil, voilà maintenant qu’il décline ce « savoir-recevoir » au service d’une assiette bistronomique. Bravo à Nathalie Mabileau pour ce souffle nouveau très prometteur. Toutes nos félicitations à l’ensemble de l’équipe. Nous vous souhaitons une belle continuation dans ce projet déjà bien abouti.

A très vite en Touraine.


Bruno


10 avril 2022

La retraite, ça se fête !

Un départ en retraite, cela se fête, mais en bonne compagnie et avec des condisciples qui apprécient la bonne chère. Voilà ce qui fût fait dans les règles de l’art en ce dimanche des rameaux.

Repas en petit comité, mais en comité de qualité. Je n’ai pas été particulièrement assidu puisque je n’ai pris qu’une photo des bouteilles, et que je n’ai pas consigné mes notes de dégustation. Ce sera donc un compte-rendu à minima, qui a été avantageusement relaté par l’ami Oliv, sur LPV.

Encore une fois, nous avons passé une belle journée. Nous avons bien mangé, bien bu et bien ri. Ces moments sont toujours aussi précieux !


Champagne Grand Cru, Georges Vesselle : un quasi blanc de noir (90 % de Pinot noir et 10 % de Chardonnay) construit sur un équilibre minéral, une belle trame allongée, une bouche vive et un habillage fruité très charmeur. Une pointe d’évolution apporte une complexité sur de beaux amers fins. Certes, c’est un champagne de gastronomie qui accompagnerait avec bonheur des volailles (pintade), mais il fait bien le job pour nous ouvrir les papilles. Très Bien +

Chablis, Grand Cru les Clos 2008, Vincent Dauvissat : un nez « homme mort » à l’ouverture, sur une minéralité intense, profonde, sur les coquilles d’huitres. Après aération, le vin s’est stabilisé. Trame acide minérale de très belle facture, tension en bouche sans être décharné. Pointe grasse légère, notes à peine miellées. C’est grand et tendu. Ça imprègne les papilles. Beau dialogue avec le gras du plat. Excellent

Nuits Saint Georges, premier cru les St Georges 1990, domaine Georges Chicocot : petite frayeur à l’ouverture, le vin est mutique, la bouche est plutôt raide. Laissons faire le temps au temps. Lors du service, le vin a repris de la vigueur. Sa robe diaphane a repris des couleurs. Le nez devient tertiaire, notes de sous-bois et de champignons, sur un substrat fruité encore présent. L’acidité est bien équilibrée. Les tannins sont toujours présents, avec une forme de rondeur. Sans doute une bouteille pas au niveau des précédentes qui s’étaient révélées exceptionnelles. Beau concerto avec la viande, sur un registre de douceur. Très Bien +

Chambertin Grand Cru 2003, domaine Louis Rémy : On est là sur un vin plus immédiat, plus consensuel. Robe profonde et intense. Nez sur les fruits noirs, de belle maturité, mais sans le compoté fatiguant du millésime. En bouche, un vin charpenté, sur une belle rondeur. Notes sudistes développées, pointe épicée. Cela me réconcilie un peu avec le domaine. Très Bien ++

Corton-Charlemagne Grand Cru 2010, domaine Rapet père et fils : structure minérale intense, vin charpenté presque tannique, une acidité d’une folle jeunesse qui me (nous) laisse penser que ce 2010 est encore un bébé. Superbe empreinte finement saline. Elevage totalement intégré. Superbe finale mentholée. Excellent +

Vin Jaune d’Arbois 1990, domaine Jacques Tissot : une robe évoluée, jaune tirant largement sur un vieil or brillant. Un jaune puissant, des fragrances sur la fraîcheur et l’acidité, aromatique classique sur le curry, mais sur un registre frais et délicat (pour un jaune). Bouche riche et tendue, avec de l’énergie. Encore une fois, la longueur s’exprime sur un registre toujours frais et dont le côté jaune est élégant. Excellent +

DOCG Moscato d’Asti 2019, Agr. Pelissero : un bonbon de douceur, sur une aromatique fruitée superbe, entre pamplemousse, abricot et pêche. Douceur / sucrosité tout en mesure, avec une acidité ronde. Salivant sur la finale. Une vraie gâterie qui se marie parfaitement avec les fraises. Très Bien +


Voilà, le premier acte d’une nouvelle vie débute. En guise de conclusion, je reprendrai les dernières phrases de mon mail de départ professionnel :

N’oubliez jamais, comme le disait l’un de nos anciens Présidents, que « la vieillesse, c’est d’abord perdre la curiosité ». Restez vigilants, sur tout, à tous propos, en toutes occasions. Il y aura toujours des Larzac personnels et collectifs à défendre.

Je vous souhaite une belle continuation et toutes les réussites personnelles et professionnelles … Je pars l’esprit propre, les consignes passées, un système qualité robuste et une connaissance organisationnelle consolidée.


Le prochain acte se déroulera en Normandie, sous un ciel azuréen et un soleil de plomb.


Bruno


6 février 2022

Raclette familiale

 

Repas familial ce dimanche et, compte-tenu de la saison, une raclette était la bienvenue. Raclette améliorée toutefois puisque, à côté de la charcuterie traditionnelle, nous avions quelques mets italiens tels que cette mortadelle truffée de tuerie.

Mise en bouche avec un DOCG Moscato d’Asti 2019, Agr. Pelissero : un bonbon de douceur, sur une aromatique fruitée superbe, entre pamplemousse, abricot et pêche. Douceur / sucrosité tout en mesure, avec une acidité ronde. Salivant sur la finale. Une vraie gâterie ! Très Bien +


Passons sur une Roussette de Savoie, Marestel 2009 du domaine Dupasquier complètement (dé)passé. De l’eau sucrée, des amers astringents et une pointe oxydative. Out.

Pernand-Vergelesses, premier cru Clos du Village 2011, domaine Rapet père et fils : ce « premier cru de raccroc » comme on a pu lire en son temps dans la presse spécialisée et chez les sachants du vin a largement bien tenu son rôle, tant en dégustation pure que confronté aux fromages fondus et à la charcuterie (toutes sortes dont une variété fumée, une variété à l’ail des ours et une variété au chèvre). Joli nez de chardonnay, sur un équilibre assez large et légèrement beurré. Notes minérales mentholées en complément. Bouche avec de la structure, une droiture associée à une enveloppe équilibrante. Minéral à souhait, une pointe d’opulence et surtout une finale ultra-claquante. Une entrée de gamme de haut niveau. Excellent (+)


Bruno