4 septembre 2012

Miscellanées du Pilat

En vrac, quelques photos des plus beaux endroits rencontrés cet été dans le massif du Pilat, et dans le nord de l'Ardèche toute proche.
.
Commençons par les vignobles de Condrieu et Côte Rôtie
.
Panorama depuis les crêts de la Perdrix et de l'Oeillon
Vue sur le massif des trois dents
.
La Chapelle Saint Sabin, lieu de pèlerinage païen
.
Sainte Croix en Jarez, l'un des plus beaux villages de France
Ancienne chartreuse du XIII° siècle sauvée de la destruction par son rachat en 1792 par les habitants de la commune voisine de Pavezin
.
Marlhes
.
Riotord et son église romane des XI et XII° siècles
Chapiteaux classés
.
La cité médiévale de Malleval ...
.
... et la cascade du Saut de Laurette
.
Panorama depuis le Grand Felletin (1387 mètres), situé à la limite de trois départements, Loire, Haute-Loire et Ardèche
.
Le lac artificiel du Ternay
.
Notre Dame d'Aÿ et sa vierge noire
.
 
L'église romane du XII° siècle de Veyrines
.
.
.
.
Bruno

2 septembre 2012

Ripailles avec Pampo dans le Pilat

Ce post aurait pu s'appeler "Sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle", en référence à l'énorme bobard que nous avions montré à l'endroit de notre impétrant tout nouvellement sexagénaire.
Donc, une semaine de partage, de fou rire et d'amitié, rythmée par de belles marches en montagne (petite la montagne), de belles bouteilles et une soirée du Capitaine (qui s'est tenue en fait un midi) dont nous reparlerons ultérieurement.
C'était vraiment très drôle de voir notre doyen d'une semaine trembler de ces quatre membres afin de découvrir, tous les matins, le programme secret que nous lui avions concocté !
.
Quelques impressions de mémoire car sans prise de notes au cours de ces dîners (car nous sommes sérieux en vacances, jamais de vin le midi ou quand on randonne).
.
Dimanche soir
Sancerre, Chêne Marchand 2011 : belle mise en bouche pour ce vin servi à l'apéritif. C'est très frais, sur un équilibre de demi-puissance, typé "pierre à fusil" et tendrement citronné. Bien ++
Nuits Saint Georges, Premier Cru Les Rues de Chaux 2004, domaine Georges Chicotot : robe discrète, légère évolution avec un disque aqueux déjà présent. Magnifique nez de pinot, frais, cynorrhodon, ronce, cassis et fruits rouges. La bouche est complètement en phase, profonde, suave, mûre, sans notes végétale. Finale persistante, légères notes réglissées sur un touche de bouche d'une belle granulosité vibrante. Sans doute l'un des tous meilleurs 2004 que j'ai dégusté. Excellent
.
Lundi soir
Riesling Auslese**, Urziger Würzgarten 1994, Jos. Cristoffel Jr. : en apéritif, c'est toujours aussi agréable, sur des notes de fruits exotiques, d'ananas et de pamplemousse. Matière fin et équilibre subtil entre l'acidité et les sucres. Très Bien
Sancerre, domaine du Carrou 1998 : ce vin nous a été offert par Dominique Roger (domaine du Carrou), que je remercie très chaleureusement. Pour faire honneur à ce vieux millésime, nous l'avons servi sur une côte de veau sauce crémée, pommes de terre et champignons. Droiture, minéralité, fraîcheur citronnée. A peine évolué, si ce n'est une légère note de champignon en finale. Excellent
.
Mardi soir
Jurançon sec, Cuvée Marie 2009, Domaine Uroulat : en apéritif, le nez est marqué par des notes d'agrumes et de fruits blancs. C'est frais et fin. La bouche est marquée par une belle acidité équilibrée par la structure du vin et un 'je-ne-sais-quoi' de fumé et de miellé. Finale un peu vive, demandant un peu de garde. Bien ++
Ribera del Duero, Aalto 2005 : grosse matière, raisins très murs, tannins encore jeunes et grosse structure fruitée. Mais, c'est bien équilibré, sans doute par une sorte de minéralité. Pas forcément le style que je préfère mais je dois confesser que le vin m'est apparu Bien +++
.
Mercredi soir
Coteaux du Layon, Sélection de Grains Nobles 1996, domaine Philippe Delesvaux : en apéritif tout simplement, avec de la fourme de Burdignes et un bleu de chèvre du Pilat. Magnifique liqueur, équilibre minéral entre schistes et notes charbonnées et tourbées. C'est frais, tendu, bien que corpulent. Toujours aussi bon. Excellent ++
Languedoc Pic Saint Loup, cuvée Guilhem Gaulcem 2008, Ermitage du Pic Saint Loup : un joli nez de syrah, qui dégage une impression d'opulence et de maturité;. C'est épicé à souhait. La bouche est également très profonde, riche, très méridionale dans sa construction. Très Bien
Riesling Auslese**, Urziger Würzgarten 1998, Weingut Karl Erbes : un équilibre plus charpenté et plus aromatique que le Jos Cristoffel Jr. On y retrouve toutefois les notes de fruits exotiques. Une impression de sucres plus importante (effet millésime ou équilibre acide/sucre différent ?). Très Bien
.
Jeudi soir
Relâche, car c'était la soirée du Capitaine (qui s'est en fait tenue le midi).
.
Vendredi soir
Saint Aubin, Premier Cru En Montceau 2002, domaine Marc Colin : il en fallait une, c'est celle-là. Le syndrone Pierre Morey a encore frappé ! Soi-disant que les problèmes d'oxydation précoce ont été résolu ... Bref, on sent un vin de belle facture, sérieux, séveux, avec cette salinité propre aux Saint-Aubin, mais on ne peut guère préciser. Dommage
Chapelle Chambertin Grand Cru 2004, domaine Rossignol-Trapet : là, on entre dans la catégorie des grands Bourgognes, un peu comme le Nuits du début de la liste. C'est très terrien au nez comme en bouche, cassis / cerise, fumé élégant, tannins veloutés et belle maturité du raisin. Finale sur une puissance maîtrisée, fraîche et longue. Excellent
.
Que dire de cette semaine. Beau temps, amitié, gastronomie, bons vins, échanges et rires. Rien de tel pour oublier les petits tracas de la vie quotidienne. Place maintenant à la fameuse soirée du Capitaine ...
.
.
Bruno

Déjeuner mémorable chez Régis Marcon

Alors, le voilà enfin cet obscur objet du désir ! Lieu de célébration de nos 50 ans, cet endroit a marqué à jamais mon esprit. Nous avions pris secrètement rendez-vous pour une nouvelle rencontre, une fête d'anniversaire de notre sémillant Pampo a donc été l'occasion de conjuger avec bonheur l'utile et l'agréable.
.
En ce jeudi 16 août au matin, c'est relâche au gîte. Pas de précipitation, pas de préparation de pique-nique, de bouteilles d'eau fraîche ou de chaussures de marche. Non, juste une douce quiétude qui annonce déjà la tempête pour nos papilles.
.
Vers 11h00, nous troquons nos habits de vacanciers pour une tenue somme toute un peu plus habillée, mais c'est la solennité des lieux - sorte de cathédrale de la gastronomie - qui nous y invite. Notre récipiendaire un peu déstabilisé (j'en pouffe encore) se plie avec quelque réticence à cette drôle de coutume, mais nous emboite le pas. Nous voilà donc partis.
.
Après 30 minutes de voiture, nous approchons du Graal
(crédit photo : le blog d'Epicure que je remercie pour la première photo)
.
Rapide conciliabule pour décider, d'un commun accord, que nous partirions sur le Menu "Entre Velay et Vivarais", composé de 6 plats, fromages, desserts et autres gourmandises.
.
les petits savoureux apéritifs, petites cuillères légères
Tomates et fraises - Sarassou aux herbes - Lisette et agastache - Tête de veau sauce ravigote
.
second amuse-bouche sur le thème du saumon cru
.
Senteurs de sapin, homard bleu de Bretagne
Chaud et froid de homard aux épices de sapin,
tomates fenouil à l'aspérule odorante.
.
Pour ma part, ce plat a été remplacé par une composition sur le thème du foie gras, du céleri et du jambon fumé de pays.
.
Herbes d'Été
Le choux farci « pigeon foie gras » servi comme un « phô »,
bouillon parfumé aux herbes du moment, chanterelles violettes.
.
Chanterelles communes
Bouillabaisse de moules aux girolles
relevée d'un safran de l'Ardèche.
.
Omble chevalier du lac et oseilles
L'omble chevalier poêlé aux jeunes carottes,
relevé d'un jus aux pousses acidulées.
.
Champignons et Tanaisie
Le thé de craterelles infusé à la feuille de Tanaisie.
.
Porcelet du Larzac
Couci-couça de porcelet « bio »
à la façon d'un couscous vellave aux lentilles vertes du Puy.
.
Les fromages d'Ardèche et d'Auvergne affinés dans notre cave pour les uns (je vous dis pas les pâtes persillées ...)
.
Assiette sur le thème des fromages AOC d'Auvergne
(Saint Nectaire, Bleu d'Auvergne, Salers, Fourme d'Ambert, Cantal) 
pour les autres
.
pour patienter ...
.
Les douceurs avec les chauds, les glacés et les pâtisseries
(le premier sur le thème de la myrtille, le second sur le thème poire, banane et morilles)
.
Mignardises, chocolat aux cèpes et caviar de lentilles
.
Et avec ce repas, que prendrez-vous ? Question perfide s'il en est tant la carte comporte de belles références, peut-être parfois un peu trop jeunes, mais c'est sans là la rançon du succès. Nous partons donc sur un objectif de trois bouteilles (à quatre), ce qui paraît raisonnable : deux blancs pour les 5 premiers plats et les fromages, et un rouge pour la viande.
.
Cruel dilemme entre les vins de la vallée du Rhône tout proche et ma région de prédilection, la Bourgogne. Rapide conciliabule avec notre invité, mon partirons donc sur un consensus mou avec deux Rhône et un Bourgogne.
.

Chablis Grand Cru Les Clos 2002, Vincent Dauvissat : magnifique vin en pleine force de l'âge. Un nez puissant, très minéral (pierre à fusil, coquille d'huitre, poudre de calcaire), une pointe grillée très discrète. L'évolution est réduite à son expression minimum, juste une impression miellée en arrière-plan. La bouche est à la fois tendue et puissante, le léger gras venant équilibrer la tension acide complètement fondue dans la structure du vin. Belles notes d'amers nobles. Très longue persistance, salivante. Excellent +++
Condrieu, la Dorianne 2008, Guigal : changement complet de registre. La première impression est celle d'une grosse matière, très puissante (le Chablis pourrait presque passer pour chétif à côté), un rien gras, et une maturité imposante. Mais voilà, c'est bien là que le bât blesse. Un premier nez très classique, sur un registre de fruits confits (abricots) et d’exubérance (un style Parkérien si je puis dire). La bouche est sphérique, très (trop) mure, associée à un boisé trop prégnant. C'est glycériné, visqueux, collant, presque sucré, avec un déficit par trop prononcé d'acidité. Passée la première claque, le vin apparaît lourd et fatigant. Pour moi (et cela n'engage que moi), c'est Moyen
Réflexion faite, c'est ici le seul bémol du repas. J'aurais du partir d'abord sur un Chablis, Grand Cru Grenouilles 2005 de la Cave de la Chablisienne, puis embrayer sur le Chablis Grand Cru les Clos 2002 de Vincent Dauvissat. Mea culpa. Errare humanum est.
.
Saint Joseph, les Reflets 1999, François Villard : Grande syrah nordique, à parfaite maturité. Une robe intense, profonde et sombre, avec peut-être quelques notes d'évolution sur le disque. Un nez profond et évoluant dans le verre, avec quelques notes de champignons, de viande et de fruits noirs épicés. On y rencontre ensuite les olives vertes et le cassis. La bouche est magnifique de droiture, d'équilibre et de fruité intense. Belle acidité fondue, tannins polissés. C'est à la fois vineux et (presque !) gouleyant, suave et d'une grand buvabilité. Finale fruitée intense, très fraîche, d'une longueur superlative. Excellent ++
.
Que dire de ce repas, rien si ce n'est que nous avons touché ici la perfection. Aucun défaut, tant dans le décor, la présentation des assiettes, les associations de saveurs et le service. Une deuxième expérience vraiment très réussie.
.
Encore une fois, un très bon anniversaire mon petit JP. N'est-il pas totalement épanoui après ce repas ?
.
.
Bruno

1 septembre 2012

Dégustation au domaine Georges Vernay à Condrieu (69)

Crédit photographique : site internet du domaine Georges Vernay
.
Deuxième et dernière visite de vigneron pendant ces vacances dans le Pilat. Mais quel vigneron !
.
Je dois souligner l'accueil formidable qui nous a été réservé, l'immense privilège de pouvoir déguster (pratiquement) toute la gamme disponible, du plus "petit" vin de pays jusqu'aux immenses cuvées haut de gamme de Condrieu et de Côte Rôtie.
.
Un très chaleureux hommage à Paul qui a permis la réalisation de ce rêve et un immense merci à son assistante qui a pris tout le temps nécessaire pour conduire de façon magistrale cette dégustation de plus de deux heures.
.
Donc, les vins, en débutant par les blancs.
Vin de pays, le Pied de Samson 2011 (100 % viognier, élevage en cuve inox) : un nez de sirop d'abricots frais. Une bouche qui possède un joli volume, légèrement confite, sur les abricots réglissés. Un vin simple, mais très bien fait. Belle longueur. Finale toujours saline. Bien ++
Condrieu, les Terrasses de l'Empire 2011 (vignes de haut de coteaux, 30-35 ans d'âge, élevage presque exclusivement en foudre) : un nez plus fin et plus frais, sans doute plus sur la réserve du fait de sa mise récente. Toujours cette impression de marmelade d'abricots. La bouche est tonique, franche, avec une sorte de granulosité salivante. Ca claque sur le palais. Belle vibration en bouche. Très Bien
Condrieu, les Chaillées de l'Enfer 2010 (vignes de mi-coteaux, 55 ans d'âge en moyenne, élevage en barrique, dont 45 % de bois neuf) : un premier nez légèrement vanillé. A l'aération, quelques notes fumées et florales apparaissent. C'est d'une finesse superlative, mais toutefois très vineux. En bouche, c'est proprement magnifique. Quelle tension, quelle droiture. L'acidité est bien présente, et elle vient équilibrer le côté ample et gras du vin, avec presque un côté floral. Quelques notes de fruits blancs, mais vraiment en seconde bouche. La bouche se termine par une finale interminable (!), c'est fin, c'est tendu (je me répète), avec des amers magnifiques. Exceptionnel. Un très grand vin !
Condrieu, Coteau de Vernon 2010 (sélection parcellaire, vignes de 80-85 ans d'âge, élevage sous bois) : contradictoirement, le nez apparaît ici très floral, d'une élégance folle et très fin, un peu poudré dans le sens positif (alors que j'attendais plutôt quelque choses de plus corpulent). La bouche est par contre énorme à ce stade, d'une sphéricité qui emplit la bouche. L'équilibre est conservé par une sorte de minéralité et de salinité vivifiante. Un supplément de corpulence et de définition dans ce vin. La finale légèrement abricotée se présente sur un équilibre tendu. Excellent
.
Passons maintenant aux rouges.
Vin de Pays des Collines Rhodaniennes Syrah, 'de Mirbaudie' 2011 (élevage en cuve inox) : Enorme nez qui "pète" la violette et les fruits noirs, dégageant une première impression de belle maturité. La bouche est également très fruitée, légèrement épicée. Je lui ai trouvé un léger manque de définition mais n'est-ce pas lié à son passage juste après le Vernon ? En l’occurrence, je m'abstiendrai de porter un jugement plus précis. A revoir
Vin de Pays des Collines Rhodaniennes Syrah, 'Fleur de Mai' 2011 (élevage en barrique) : Une bien belle syrah au nez, fruits rouges et noirs, poivre noir et violette. La bouche est charnue, dans la délicatesse, toujours sur une sensation poivrée élégante, qui soutient le vin. Finale fraîche et salivante. Joli vin très bien fait, sans autre ambition que de donner du plaisir. Très Bien
Côtes du Rhône, Sainte Agathe 2010 (syrah plantée sur l'aire d'appellation du Condrieu, élevage en barrique sans bois neuf) : Un nez très profond, sur les fruits rouges. On note une très légère trace d'élevage et des notes épicées discrètes. La bouche est sérieuse, charnue en attaque. Une pointe de vanille, des touches épicées et une belle acidité de structure en font un vin de belle facture. La finale est vibrante, salivante et tendue. Bien +++
Saint Joseph 2010 (parcelles situées sur Chavanay, élevage en barrique, sans bois neuf) : un magnifique nez de syrah, élégamment habillé par quelques notes vanillées fines. Fruits, épices et violette sont largement présents. La bouche est bien constituée, peut-être avec un léger creux en milieu de bouche. Finale plus profonde et plus suave que le vin précédent. Bien ++
Côte Rôtie, Blonde du Seigneur 2010 (deux parcelles en côte blonde, l'une au-dessus de la Landonne, 8 à 10 % de viognier) : Changement de registre avec ce nez d'une suavité profonde, presque sensuel. Tout est déjà présent et c'est comme une invitation au plaisir. La bouche, bien que perturbée par une mise récente, est équilibre, sur une trame acide traçante. Les tannins sont certes anguleux, mais ne demandent qu'à se fondre dans le temps. Aucun défaut de conception, si ce n'est sa jeunesse évidemment. Finale superbe, traçante, longue à souhait. Excellent
Côte Rôtie, Maison Rouge 2009 (sélection parcellaire située sur Tupin-et-Semons, 100 % syrah, élevage en barrique, 45 % de bois neuf) : un nez ultra-puissant, très 'cerises à l'alcool', presque kirsché, légèrement viandé. La bouche est tellurique, presque terrienne. Encore un peu d'élevage bien sur, mais les notes de fruits noirs très murs sur présentes. Les tannins abondants demandent du temps pour se fondre, mais le vin reste frais en finale. Il n'assèche pas la bouche. Excellent (et plus avec le temps ?)
.
Voilà, la dégustation s'achève après plus de deux heures en cave. Nous repartirons avec des étoiles dans les yeux, devant le niveau général vraiment très élevé des vins de Christine Vernay.
.
De beaux souvenirs qui resteront gravés longtemps dans notre mémoire.
.
.
Bruno

Visite au domaine Faury à Chavanay (42)

Le domaine Faury est un domaine familial de 17 hectares situé au lieu-dit la Ribaudy, sur les hauteurs de Chavanay (Loire). Il possède des vignes dans les appellations Condrieu, Saint Joseph et Côte Rôtie, sas oublier les IGP des collines rhodaniennes (Viognier et Syrah).
.
Nous sommes reçu par Philippe, le papa, qui nous a permis de déguster l'ensemble de la gamme.
.
Débutons par les blancs.
Saint Joseph blanc 2010 (60 % de Marsanne et 40 % de Roussanne - 35-40 % de barriques de bois) : Un nez très fin, floral, fruité sur les fruits blancs (pêche blanche), une pointe abricotée venant relever l'ensemble. La bouche est caractérisée par un joli gras associé à une belle suavité et des amers nobles, très traçants. Acidité générale qui vient équilibrer un grillé de bon aloi (JFCD ?), plus soutenue en finale. Un vin qui vibre. Excellent
Vin de pays (IGP des collines rhodaniennes) Viognier 2011 : nez clairement sur les fruits jaunes et surtout les abricots secs. La bouche est construite sur un équilibre de demi-corps, un peu capiteux mais sans excès, un joli gras onctueux en finale. C'est relativement court, mais finalement bien fait. Très Bien
Condrieu 2010 : le nez est déjà plus profond, sur un équilibre floral et fruité (violettes, abricots, épices douces). La bouche est riche, ronde, structurée et complexe. La finale est saline, fraîche et tendue. Ce vin laisse une impression de toucher de bouche élégant. Très Bien
Condrieu, la Berne 2010 (sélection parcellaire de vieilles vignes de plus de 35 ans d'âge) : Un premier nez encore sur l'élevage (légère sensation vanillée), qui devient plus aérien (mentholé) à l'aération. En bouche, c'est très gras, sur des notes épicées. Sirupeux, il laisse une impression de fraîcheur en finale grâce à une acidité de bon aloi et des amers magnifiquement salivant. Ca claque sur la langue. Excellent +
.
Continuons ensuite avec les rouges, après avoir effectué une remise à zéro de nos papilles grâce à un verre d'eau très salvateur (oui, je sais, boire de l'eau chez un vigneron, c'est limite).
Saint Joseph rouge 2009 : Belle robe grenat très soutenue, brillante. Le nez est explosif de fruits rouges (cerises), bien mûr mais sans sur-maturité, une pointe d'épices et de violettes. La bouche est raccord avec le nez, sur les fruits rouges, un peu ronde, une belle astringence qui demande à se fondre. C'est à la fois sphérique et tendu. Tannins élégants. Finale assez simple, très fruitée, ronde, avec une impression de droiture et de tension. Très Bien
Saint Joseph rouge, la Gloriette 2010 (sélection parcellaire de vieilles vignes de 40 à 60 ans d'âge) : nez très vineux et très profond, sur les fruits rouges et noirs (cerises, cassis, une pointe de mûre), quelques fragrances d'olives noires. Belle épice noble, associée à un côté salin qui fait déjà vibrer les papilles. La bouche est construite sur de belles épices, un fruité gourmand et un équilibre de richesse sans sur-maturité. Quelques notes grillées et fumées rappelle un élevage de noble race. Magnifique finale salivante, saline, gourmande, ultra-persistante. Exceptionnel
Vin de pays (IGP des collines rhodaniennes) Syrah, L'Art Zélé 2010 (situé à la limite extérieure de l'appellation Côte Rôtie, il n'a pas le droit à cette dénomination. Donc, il s'agit d'un vin de Pays) : mais quel vin de pays ! Nez typique de la syrah de noble origine, sur les fruits rouges et noirs, les épices et la violette. Si l'attaque en bouche est plutôt sur un équilibre de demi-corps, le vin se développe en bouche, avec une belle acidité, des tannins présents mais pas prégnants, une belle maturité du raisin. Finale fraîche, sur une belle acidité. Très Bien ++
Côte Rôtie 2010 : robe sombre, profonde, rubis intense. Le nez est complexe, à la fois floral et fruité. A l'aération, notes épicées et grosse impression de salinité. La bouche est caractérisée par un joli fruité et son élégance gracile. Si j'ai perçu un léger creux en milieu de bouche, c'est sans doute un phénomène de saturation qui me fût propre, mes condisciples d'un jour n'ayant pas remarqué ce 'défaut'. En finale, retour sur les fruits frais, de légères notes d'élevage et une astringence noble qui préfigure un vieillissement harmonieux. Bien+++ (pour être totalement objectif avec mes impressions prises sur le vif).
.
Une gamme de très haut niveau, parfaitement à notre gout et très cohérente.
.
Nous remercions Philippe Faury pourson accueil, de sa disponibilité et ses explications.
.
.
Bruno