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28 septembre 2013

Echange de bons procédés

Sous le prétexte fallacieux d'un échange de bouteilles de Jurançon contre leurs homologues en Coteaux de Saumur, nous voilà donc en ce samedi soir en bonne compagnie pour partager un bon repas et quelques belles bouteilles.
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Voilà donc au programme.
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En apéritif, un Champagne Grand Cru, Georges Vesselle : un BSA non millésimé produit à partir d'une grande majorité de pinot noir. J'aime ce champagne à la fois vif, frais et corpulent, avec une touche boisée présente mais bien intégrée à la structure du vin. Belle longueur en finale. Très Bien
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Avec une entrée de saumons (fumé et en tartare) et sa salade de fenouil, deux vins étaient proposés en parallèle. Un Saumur blanc, Clos David 2010 du château de Brézé : vinifié par Arnaud Lambert du domaine de St Just, ce vin se caractérise par un nez typiquement chenin, traçant, minéral crayeux à souhait, une belle touche d'agrumes. La bouche est en parfait accord avec le nez, et se révèle fraîche, à la fois minérale et florale, avec une belle corpulence. Finale vive et vibrante. Excellent 
A ses côtés, le Condrieu 2001 du domaine de Monteillet (Stéphane Montez) montre un équilibre très différent. Un nez sur la réduction, à la Coche-Dury, joliment grillé ... mais qui laisse transparaître des notes florales assez capiteuses (violettes) mais équilibrées. Fond miellé. Impression de fraîcheur et de tension également. En bouche, l'attaque est proprement acide et tendue, mais contrebalancée par l'opulence, la richesse et l'aromaticité, ces effets se combinant pour offrir un très grand vin, complexe, aromatique et profond. Finale interminable, tendue et grasse à la fois. Superbe
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Avec une épaule d'agneau, un Châteauneuf du Pape, Pontificis Ebrius 2001, chateau Cabrières (carafé 3 heures) : changement complet de registre avec ce vin qui possède la particularité de renfermer les 13 cépages de l'appellation. Le nez est plutôt animal, profond, quoique sans doute un peu fermé. Impression de sauvage lié au grenache, alors que les senteurs florales de la syrah sont plus évanescentes. La bouche est éminemment puissante, aromatique et tannique, mais avec une acidité encore bien présente (et qui doit se fondre impérativement) et une granulosité qui a du caractère. Grosse minéralité également. Vin jeune, de grand potentiel. Très Bien
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Avec les fromages, retour sur les blancs précédents, puisqu'un Saint Joseph blanc 1986 de la maison Delas s'est révélé passé, maigre et somme toute légèrement oxydé.
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Avec une soupe de mirabelle, deux "vins" servis.
Un Cidre de Glace 2008, maison Lafontaine : première expérience pour moi avec ce cidre, car au nez, il constitue une parfaite synthèse entre les vins de glace (comme on peut les rencontrer en Allemagne) et le cidre. Y'a d'la pomme, avec un côté perlant résiduel et un soupçon de caramel. En bouche l'acidité est redoutable, mais bien équilibrée par une forte proportion de sucres. C'est vivifiant. Très Bien
Un Eiswein, Ürziger Würzgarten 1998, Karl Erbes : magnifique vin bâti sur le fil. Equilibre parfait entre l'acidité, les sucres et le perlant aromatique. Notes de rhubarbe, de miel et de rôti. Le perlant est magnifique, et contribue à cette impression de fraîcheur et de buvabilité, à l'instar d'un Sauternes sans le côté (parfois trop) capiteux. Excellent ++
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Voilà, encore une belle soirée, au cours de laquelle les amis ont eu soin de ma santé en m'offrant une bouteille de "jus de choucroute" (après le vin de palme, mon système digestif est prêt à tout !).
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Bruno

19 avril 2013

Les vignerons de Mosel-Saar-Ruwer. 5-Reichsgraf von Kesselstatt à Morscheid (Ruwertal)

Nous avons été reçu là encore de manière royale dans une magnifique salle de dégustation au siège du domaine Reichsgraf von Kesselstatt, situé "Schloss Marienlay" à Morscheid dans la Ruwertal.
Pour les personnes intéressées, la brochure du domaine est fournie en pied de cet article.
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Annegret Reh-Gartner, la maîtresse de maison, a été pour nous un hôte de luxe, nous expliquant parfaitement la philosophie du domaine, tantôt en anglais, tantôt en français.
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La dégustation s'est déroulée en quatre partie, respectant la pyramide de classification établie par le domaine et quelques autres collègues :

La pyramide de la Qualité selon le domaine
  • VDP Gutswein (l'équivalent des appellations régionales de Bourgogne)
  • VDP Ortswein (l'équivalent des appellations villages de Bourgogne)
  • - VDP Grosse Lage - Grosses Gewächs (Premiers crus "secs")
  • - VDP Grosse Lage - Kabinett mediumdry / fruity (Premiers crus "Kabinett")
  • - VDP Grosse Lage - Spätlese and Auslese fruity (Premiers crus "sucrés")

VDP Gutswein
Riesling dry, Schloss Marienlay 2012 : un nez citronné fin et frais, plutôt vif. Bouche droite, de demi-corps mais bien constituée. Minéralité très fine. Finale tendue, vibrante. Bien ++
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VDP Ortswein
Riesling dry, Kaseler 2012 (Ruwer) : un équilibre général plus charpenté, sur une assise minérale sèche. Joli fruité. Bien
Riesling dry, Wiltinger 2012 (Saar) : nez très Saar, fin, minéral à souhait et fumé. Bouche complexe, entre joli gras et amers (déjà) très agréables. Très Bien ++
Riesling dry, Graacher 2012 (Mosel) : un équilibre plus opulent et plus fruité aromatique (semble-t-il Mosel dans l'âme). Salin et opulent en bouche. (Tout) petit manque d'élégance. Très Bien
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VDP Grosse Lage - Grosse Gewächs
Riesling Grosse Gewächs, Kasel Nies'chen 2011 (Ruwer) : floral, riche et de très beaux amers nobles. Très long, avec une rétro-olfaction magnifique. Potentiel énorme. Excellent
Riesling Grosse Gewächs, Brauenberg Juffer-Sonnenuhr 2011 (Mosel) : Nez très riche et aromatique, une pointe fumée grillée très salivante. Grosse aromaticité à l'aération, toujours sur un équilibre élégant. Bouche proprement magnifique, tension et amers (encore et encore). Excellent +
Riesling Grosse Gewächs, Scharzhofberger 2011 (Saar) : un nez plus cistercien, floral, léger quoique sérieux. Bouche saline, réglissée (type caramel amer), tendue par une acidité et une amertume qui se combinent de très très belle manière. Excellent +.
Premier supplément. Riesling Grosse Gewächs, Scharzhofberger 2009 (Saar) : un nez qui s'est clairement ouvert. L'amertume est plus développée en bouche, mais déjà partiellement intégrée. Excellent finale sur le zan. Excellent ++.
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VDP Grosse Lage - Kabinett mediumdry / fruity
Riesling Kabinett mediumdry, Kasel Kehrnagel 2012 (Ruwer) : Grosse fraîcheur mentholée au nez, avec des notes de poire. Sensation de granulosité fine en bouche, un peu type "peau d'abricot". Equilibre de demi-corps sur les fruits blancs (poires). Excellent +
Riesling Kabinett mediumdry, Josephshöfer Monopol 2012 (Mosel) : équilibre de grande élégance et de grande finesse. Plus de puissance en bouche par rapport au nez. Fraîcheur douce en finale. Sans doute pas en place aujourd'hui. Très Bien ++
Riesling Kabinett mediumdry, Scharzhofberger 2012 (Saar) : encore une impression de fraîcheur intense au nez, mais là, la bouche est totalement raccord, avec des notes de zan et d'amers nobles. Peut-être un léger manque de corps en finale, mais ne chipotons pas ! Excellent
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VDP Grosse Lage - Spätlese and Auslese fruity
Riesling Spätlese, Josephshöfer Monopol 2011 (Mosel) : très élégant au nez, une pointe rôtie magnifique. Salinité très légère, mais vivifiante. Belle bouche bien construite, avec une aromaticité fine. Un vin de demi-corps apparent ... qui sait se prolonger en rétro-olfaction. Excellent ++
Riesling Spätlese, Scharzhofberger 2008 (Saar) : un nez traçant, tendu sur une minéralité très présente. Un côté anisé sec de bon aloi. La bouche est clairement botrytisée, salivante et traçante. Que c'est long (et bon) ! Excellent ++
Deuxième supplément. Riesling SpätleseJosephshöfer Monopol 2005 (Mosel) : magnifiiiiiiiiique nez de grand et vieux Sauternes !!!!! Un rôti magnifique, de la rhubarbe, un côté zan et toutti quanti. J'oubliais les raisins de Corinthe. En bouche, la liqueur est énorme mais de grande élégance. Un supplément de fraîcheur et d'amertume en finale. Que dire, c'est Superbe (et pis c'est tout).
Riesling Auslese, Josephshöfer Monopol 2007 (Mosel) : Un vin estampillé "Long Goldcapsule #6" ! Il lui faudra du temps pour se livrer car il n'est pas encore totalement en place. Bouche sphérique, sur un rôti élégant et fraîche. Une impression (trompeuse ?) de demi-corps mais toujours long. Excellent +
Troisème supplément. Riesling EisweinKaseler Nies'chen 2002 (Ruwer) : Si la perfection existe, nous l'avons donc touchée ici. En effet, que dire, comment traduire notre émoi devant ce vin. Les mots me manquent (c'est pour cela que je meuble un peu). Perlant de l'Eiswein au nez, complété par un complexe de puissance et de fraîcheur. Bouche parfaite, sphérique, ronde, remplissant le palais, mais toujours fraîche. Une sensation de cristaux de glace qui croquent sous les dents. Equilibre remarquable entre les sucres et l'acidité. Finale à l'avenant, salinité glacée. Superbe (encore plus que le deuxième supplément).
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Nous tenons une nouvelle fois à remercier très chaleureusement Annegret pour son accueil, sa disponibilité et ses explications (si mon allemand pouvait être au niveau de son français, j'en serais très heureux). Merci également de nous avoir permis d'acheter quelques belles bouteilles.
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Bruno


crédit : Reichsgraf von Kesselstatt©

17 avril 2013

Les Vignerons de Mosel-Saar-Ruwer. 2- Helmut Dönnhoff à Oberhausen an der Nahe


Deuxième visite de vigneron, avec le domaine Helmut Dönnhoff, situé à Oberhausen an der Nahe.
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Place à la dégustation des vins disponibles.
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Vin n° 1204 - Weissburgunder trocken, 2012 : magnifique nez floral très expressif, style aligoté corpulent. La bouche est agréable, droite, avec un beau glycériné. Finale sur la salinité avenante. Bien +++
Vin n° 1209 - Grauburgunder trocken, 2012 : nez plus aromatique, capiteux et un peu fermé. La bouche me semble-t-il manque un peu d'énergie. Assez rond, bien fait, avec une jolie finale, mais pas tout à fait mon style. Bien +
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Vin n° 1216 - Riesling trocken, 2012 : nez très fin, ciselé et tendu. Belle bouche construite sur une belle acidité discrète mais bien présente. Tendre et tendue à la fois (sucres résiduels : 6 g/l). Finale peut-être un peu courte. Bien +
Vin n° 1221 - Riesling trocken, Tonschiefer 2012 : un nez situé un cran au-dessus, et largement, citronné, une pointe pétrolée, toujours sur un registre de minéralité très fine. La bouche est d'une tension vibrante, et qui dégage une belle puissance maîtrisée. Rétro-olfaction sur la fraîcheur. Très Bien +
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Vin n° 1228 - Riesling trocken, Kreuznacher Kahlenberg 2012 : nez plutôt fermé, mais avec déjà une belle aromatique. C'est fin et floral. La bouche est par contre plutôt charpentée, puissante, grasse et ronde. Finale longue et vibrante. Bien ++
Vin n° 1249 - Riesling trocken, Roxheimer Höllenpfad 2012 : un vin un peu mou en attaque. La bouche est sensiblement identique. Pas en place aujourd'hui. A revoir
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Vin n° 1217 - Riesling Qualitätswein Feinherb 2012 : nez très droit et tendu, sans aucune sensation de sucres. La bouche présente une belle complexité et surtout une acidité qui équilibre merveilleusement les sucres. Finale très vibrante. Très Bien ++
Vin n° 1236 - Riesling Kabinett, Kreuznacher Krötenpfuhl 2012 : le nez est plus réservé, mais déjà plus élégant. Belles notes d'agrumes. Si l'attaque en bouche est un peu en retrait, très belle aromatique sur le retour en rétro-olfaction, avec une finale très minérale, fin et élégante. Très Bien +
Vin n° 1237 - Riesling Kabinett, Oberhäuser Leistenberg 2012 : si le nez est expressif et la finale salivante, la bouche m'a paru en léger retrait. Bien +++
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Riesling Eiswein, Oberhäuser Brücke 2010 : le plus de la dégustation. Magnifique nez, rôti, miellé et fruité (pâte de fruits / coing). Grosse liqueur en bouche, mais l'équilibre est maintenu sur le fil par une belle acidité de structure. Toujours cette impression de fraîcheur et de "cristaux de glace" en finale. Magnifique
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J'avoue une légère déception par rapport à ce que j'avais pu lire ça ou là, mais il est vrai que nous n'avons dégusté que les entrées de gamme. Un registre plus sur la finesse et la minéralité (terroir, quand tu nous tiens) que chez Karl Erbes.
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Bruno

15 avril 2013

L'Allemagne, un autre pays du vin. 3- L'Hôtel Weiss à Mertesdorf

Suite de notre périple allemand avec cet hôtel Weiss, situé non loin de Trèves dans le Ruwertal, et appartenant au domaine von Beulwitz. Là encore, prix extrêmement doux, qualité de l'hôtel tip top et belle table. On pourra cependant regretter parfois un service des vins un peu en retrait (température souvent un peu chaude).
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Quelques photos aussi.
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et la vue depuis les chambres
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Ragoût d'asperges et ses gnocchis
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Poulet rôti, riz au légumes de printemps et sauce au thym
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Glace au yaourt, ananas et coulis de fruits rouges
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Riesling Auslese, Kaseler Nies'chen 2004, Erben von Beulwitz : un nez aromatique très riche, onctueux et presque rôti, laissant deviner des senteurs pétrolées à l'aération. En bouche, vin équilibré, plutôt rond, toujours riche, mais qui sait jouer également sur un registre de fraîcheur. Un côté salin / perlant qui me plait bien. Belle longueur sur la fraîcheur en finale. Bien ++
Riesling Auslese, Kaseler Nies'chen 1994, Erben von Beulwitz : un nez secondaire très complexe, presque sur un équilibre semi-oxydatif (une pointe de curry). A l'aération, ouverture sur la fraîcheur typiquement mentholée, et l'élégance. La bouche a mangé ses sucres, ce qui confère au vin un équilibre tout en rondeur. La finale est magnifique, elle m'évoque un vieux chardonnay non oxydé (!). A la fois sec et glycériné, il appelle à un petit coup de "revenez-y". Très Bien ++
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Soupe de carottes et de gingembre
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Filet de sandre grillé sur lit d'épinards, sauce au Riesling et riz
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Kaiserschmarrn et sa glace à la vanille 
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Riesling Auslese Halbtrocken, Nies'chen 1999, Erben von Beulwitz : un nez qui dégage une (grosse) impression liquoreuse, rôtie et (déjà !) d'amertume noble. Anis non sucré. Une première approche complexe, car associant puissance, finesse et élégance. La bouche est douce, élégante, bâtie sur de beaux amers sucrés (si si !). C'est vibrant. Finale montrant une belle tension et une longueur interminable. Superbe
Riesling Auslese ***, Kaseler Nies'chen 2003, Erben von Beulwitz (le vin titrant le plus de richesse de toute l'histoire des QmP) : une robe dorée très soutenue et intense. Un premier nez capiteux dans le sens noble du terme. Ouverture ensuite sur un grand et vieux Sauternes, profond, touche de zan et amers vibrants (puissance 10). En bouche, énorme liqueur, rôtie, fraîche, encore jeune. En retro-olfaction, retour de l'acidité qui me fait penser qu'une grande garde est nécessaire pour révéler le potentiel de ce vin.
Très bel accord aussi bien avec le poisson qu'avec le dessert plutôt, sorte de crèpe épaisse et sa glace. Bluffant !! Excellent ++ aujourd'hui. Sublime dans 20 ans
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Dernière soirée un peu en retrait avec un service des vins plutôt léger. Bref, pas pris de notes sur un Grosse Gewächs (Grand Cru) 2009 visiblement trop tempéré à notre goût. Pas grave ! RDV est pris dans quelques années lorsque le vin sera prêt.
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Bruno

Les Vignerons de Mosel-Saar-Ruwer. 1- Karl Erbes à Ürzig


En préambule, voici une traduction de la plaquette du domaine où nous avons été reçus très chaleureusement. Un grand merci à nos hôtes pour leur disponibilité, leurs explications et le choix des vins dégustés.
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Le domaine Karl Erbes s'étend sur cinq 5 hectares sur les parcelles de Ürziger Würzgarten et Erdener Treppchen dans la vallée de la Moselle allemande. Le climat particulièrement doux de la région combiné à un sous-sol d'ardoises rouges unique à Ürzig offre les meilleures conditions pour le développement du Riesling. Nos vins sont élaborés sur des pentes très raides, avec des inclinaisons idéales pour prendre le soleil tout au long de l'année. L'ensemble du travail est fait manuellement, y compris la récolte. La devise du domaine est « la qualité plutôt que la quantité ». Les rendements sont volontairement réduits, et les raisins spécialement sélectionnés lors de la récolte, afin de refléter parfaitement le terroir de chaque vin. Sensible à la tradition, nos vins sont élevés en fûts de chêne.
L'ensemble du vignoble n'est pas greffé et les pieds de vignes sont agés de 50 à plus de 80 ans. Grâce à sa profonde portée racines thay peut atteindre l'eau et les nutriments du sol couvert d'ardoise, même dans des conditions très chaudes. Grâce à sa longue période de végétation, le Riesling reflète parfaitement l'expression du sol. Poussant sur un substrat d'ardoises rouges et grises, il puise dans le sous-sol profond ses nutriments pour donner la fameuse minéralité des vins qui en résultent.
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Ürziger Würzgarten : Ürziger Würzgarten est l'un des vignobles les plus raides de la Middle Mosel, avec une topographie idéale pour capter les rayons du soleil et profiter de la chaleur réfléchie par la rivière. La particularité de ce « climat » provient de l'assise géologique d'ardoises, de schistes et de grès rouges d'origine volcanique. La teneur en minéraux dans les roches dans lesquelles les vignes poussent a inspiré le nom de « Würzgarten » (Jardin des épices). Les vins singuliers qui y sont produits possèdent des arômes exotiques et fruités et un caractère profond, ce qui en fait l'un des vignobles les plus qualitatifs du monde.
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Erdener Treppchen : A l'époque romaine cette colline était déja utilisé pour cultiver la vigne, comme le prouve une presse datée du troisième siècle de notre ère, redécouverte et reconstruite au bas du vignoble. Au Moyen Age des escaliers en pierre ont été construits afin de faciliter l'accessibilité à la vigne, d'où le nom de Erdener Treppchen (« petit escalier » de Erden). Les vins y sont dynamiques, fruités et corsés, avec une finale minérale.
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Place maintenant à la dégustation (100 % Riesling).
La dénomination « Trocken » correspond à une teneur en sucres résiduels de moins de 9 g/l, la dénomination « Halbtrocken » à une teneur comprise entre 9 et 18 g/l, le terme de « Feinherb » n'étant pas officiel dans la nomenclature des vins allemands.
Ürziger Würzgarten, Trocken Spätlese 2012 : un nez minéral floral, une bouche de demi-corps, avec un végétal noble type gentiane / sureau. Finale très longue et persistante, complexe, sur le gras avec toujours ce végétal noble. Très Bien +
Erdener Treppchen, Halbtrocken, Spätlese 2012 : Impression végétale au nea, fine et élégante. Même sensation en bouche. Peut-être un peu plus raide que le précédent, malgré une charge de sucres sans doute plus importante. Bien ++
Ürziger Würzgarten, Feinherb Spätlese, 2012 : un nez similaire au premier vin, un peu plus fermé sans doute. La bouche apparaît aujourd'hui un peu déséquilibrée, avec un végétal et des sucres pas encore bien intégrés. Finale un peu courte également. A revoir sans doute
Erdener Treppchen, Kabinett 2012 (40 g/l de sucres) : un nez atypique et complexe, avec un côté pétrolé plus marqué. La bouche est ronde en attaque, gourmande, fine et étirée. Belle finale, quoique manquant un peu de peps. Bien +++
Ürziger Würzgarten, Kabinett 2012 (70 g/l de sucres) : un nez très droit, frais, minéral et incisif. Toujours cette présence ô combien salivante du végétal noble. Attaque en bouche incisive, avec une belle acidité de structure. Salivant et très long en finale. Très Bien
Ürziger Würzgarten, Spätlese 2012 (80 g/l de sucres) : Superbe construction de Spätlese complexe, végétal, salin et tendu. C'est également très riche, corpulent, mais étiré et vibrant. Excellent
Ürziger Würzgarten Kranklay, Spätlese 2012 : Cette parcelle constitue une partie du Würzgarten, sorte de cirque solaire situé à mi-pente. C'est très floral au nez, avec une bouche plus ronde. J'y ai trouvé un manque (relatif) d'acidité. Finale clairement plus liquoreuse. Bien +++
Petit rappel méthodologique concernant les étoiles des vins de chez Karl Erbes. Avant 2000, les dénominations « * », « ** » et « *** » n'avaient d'autres significations que la parcelle d'origine. Depuis 2000, le nombre d'étoiles correspond à la proportion de raisins botrytisés.
Ürziger Würzgarten, Auslese **, 1994 : Nez magnifique de droiture et de complexité, sur le pétrole frais, le café torréfié et le caramel au beurre salé. Magnifique bouche équilibrée, sur le fil. Acidité tendue en finale, avec une grosse énergie bien canalisée en milieu de bouche. Excellent ++
Ürziger Würzgarten, Auslese ** 1995 : un nez au premier abord plus simple, mais offrant un charme différent, sur les agrumes confits (rôtis ?), une pointe pétrolée plus évanescente. La bouche est sur un équilibre de plus de puissance et de plus de richesse. Sans doute encore une garde de quelques années à prévoir. Excellent
Erdener Prälat, Auslese 2012 (130 g/l de sucres) : Le Prälat est une marque déposée, utilisable par quatre vignerons de Moselle. C'est une partie du Treppchen. Un nez très fruits blancs, avec une belle aromaticité. La bouche se révèle riche en attaque, avec une liqueur douce et une impression de fraîcheur. Très belle rétro-olfaction sur un équilibre plutôt demi-sec. Très Bien ++
Ürziger Würzgarten Kranklay, Auslese ** 2012 : un nez floral très riche, avec une grosse impression de liqueur. A l'aération, reprise de la minéralité et de la floralité. En bouche, c'est riche mais équilibré, avec un joli rôti noble, et une très belle finale tendue et fraîche. Aujourd'hui Très Bien. Demain (après-demain) Excellent
Erdener Prälat, Auslese * 2012 : un vin sur lequel je suis passé à côté. Il m'a paru végétal, avec une liqueur molle en bouche, mais j'ai toujours un trou lors d'une longue dégustation. A revoir
Ürziger Würzgarten, Eiswein 2012 : un magnifiiiiique nez sur la rhubarbe, un rôti noble de chez noble, une bouche digne d'un SGN de chez Philippe Delesvaux (sur un équilibre différent évidemment). Finale tendue et longue. Toujours cette impression de buvabilité. Excellent +++
Ürziger Würzgarten, TBA 2011 : très très (trop ?) grosse liqueur en bouche. Si l'attaque est un peu "monstrueuse", la finale se révèle d'une classe phénoménale, avec une rétro-olfaction magnifique, typé grand chenin / grand Sauternes. Très Bien aujourd'hui. Mieux encore dans 50 ans
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Une bien belle dégustation, un accueil très chaleureux, des vins servis à bonne température et une disponibilité en vieux millésimes à faire pâlir.
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Nous remercions très vivement Stephen Erbes de son accueil et de nous avoir "réservé" un guide parlant anglais (parce qu'au niveau langue de Goethe, nous sommes très largement perfectibles ...)
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Bruno

14 avril 2013

L'Allemagne, un autre pays du vin. 2- L'Hôtel Weisser Bär à Mulheim

Première étape de notre périple en Allemagne viticole, l'Hôtel Weisser Bär à Mulheim. Accueil de grande classe, prestations haut de gamme, table excellente, servie par une carte des vins exceptionnelle, le tout à prix relativement doux.
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Quelques photos pour commencer.
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Après une visite des locaux, place maintenant aux vins dégustés (et bus) à table.
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Carpaccio vom Rind mit gehobeltem Parmesan und Rucola
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Rosa gebratenes Lammnüsschen mit Kräuterkruste, Bohnen und Kartoffelgratin
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Gebrannte Vanillecreme mit Apfelsorbet
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Riesling Spätlese, Maximin Grünhäuser Abtsberg 2007, von Schubert : un nez frais et très élégant, montrant une aromaticité marquée, des notes d'agrumes jaunes (pamplemousse rosé) et une touche de pétrole. La bouche est très tendre, sur le citron mûr et l'ananas rôti. Belle acidité associée à une rondeur et un gras qui enrobent le vin. Légèrement perlant. Un toucher de bouche soyeux, type "peau de pêche", avec des arômes de pêche jaune. Finale sérieuse et corpulente, presque "tannique", très longue avec une belle acidité. Excellent
Barolo 2008, Armando Piazzo : au nez, l'impression est intense, mûre, profonde et séveuse. En bouche, le vin développe une grosse aromaticité complexe, une pointe réglissée et une astringence noble sur le cynorrhodon. A l'aération, le côté réglissé s'estompe au profit d'un fumé élégant. Finale sur une puissance tellurique alliée à une acidité bien présente, mais équilibrée. Très Bien
Eiswein Mülheimer Sonnenlay 1998, Weingut Bottler : un premier nez qui dégage une impression de grande fraîcheur. Pomme mûre et pointe miellée, notes d'ananas grillé et un léger perlant type "cristaux de glace" sous la langue. Un vin sur un équilibre Sauternais, un côté (trop) liquoreux en moins. La bouche est équilibrée, avec une attaque type chenin. Liqueur douce, grosse acidité et notes d'agrumes s'associent à merveille. Très beau vin bien équilibré. Excellent
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Geschäumtes Käsesüppchen
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Rosa gebratene Barbarie - Entenbrust auf Spitzkohl und Schupfnudeln
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Geeistes Erdbeersüppchen mit Limettensorbet
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Riesling Auslese, Bernkasteler Doctor 2005, Dr Thanisch : un nez pétrolé très aromatique au sens chimique du terme (une qualité, pas un défaut !). Impression de puissance maîtrisée, quelques notes d'ananas et de fruits exotiques. La bouche est éminemment charpentée, très liquoreuse mais élégante et buvable. Rondeur glycérinée de bon aloi. Finale fraîche et très florale, qui laisse une sensation de légèreté sur la langue.
Avec le plat, la puissance est compensée par une finesse superlative, et une finale encore plus minérale et traçante. Excellent ++
Nebbiolo, Amarone della Valpolicella 2009 : un nez déjà très sudiste, avec une  énorme puissance. La bouche est tannique (trop sans doute à mon gout), tellurique, un peu végétale (vendanges entières type vin de paille). A fondre impérativement. L'aromaticité et le réglissé ressortent derrière la fougue de la jeunesse, avec un fruité profond et intense. Clairement pas le style de vin que j'apprécie mais bien fait. Très Bien
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Ziegenkäsepraline an einem Salatnest
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Kalbsrückensteack mit Spargel, Sauce Hollandaise und tournierten Kartoffeln
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Variationen von Erdbeer und Rhabarber
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Riesling Auslese, Ürziger Würzgarten Kranklay 2006, Weingut S.A. Prüm : un nez puissant et exotique, presque épicé. Le pétrole est présent, mais juste évanescent. La bouche est très complexe. Elle débute par une rondeur suave et un joli gras. L'acidité vient ensuite allonger le vin, le rendre plus frais et plus fin. Retour des épices douces. Finale construite autour d'une minéralité fine, un très léger rôti, un grain salivant et salin. Avec le plat, la puissance est réduite, et compensée par la finesse et la longueur qui se développent. Finale ultra-fraîche.
A l'aération et avec un léger réchauffement, la puissance se retrouve, accompagnée par un gras sucré plus marqué, tout en conservant la finesse et la fraîcheur. Très Bien +
Riesling Auslese, Brauneberger Juffer-Sonnenuhr 1985, Fritz Haag : un nez très puissant encore, mais avec un supplément de fraîcheur et surtout d'élégance. C'est même presque floral, avec un rôti à l'aération. Notes de pamplemousse. En bouche, le vin développe une étonnante minéralité calcaire (presque sur un modèle de type "Corton Charlemagne"), avec des sucres et un côté vibrant. Magnifique finale, avec un toucher de bouche à la Mac Enroe. Quelle longueur et quelle fraîcheur. Un vin qui possède un grain, une personnalité et un caractère hors du commun. LE degré de finesse supplémentaire dans l'échelle des vins dégustés depuis trois jours. Excellent +++
Eiswein Mülheimer Sonnenlay 2010, Weingut Haag-Becker : Encore cette impression perlante et fraîche au nez. Typiquement des notes de rhubarbe et de rôti à l'aération. En bouche, énorme liqueur, sucrosité vibrante presque saline. Un véritable jus de rhubarbe confite avec la remontée de température. En finale, l'acidité étire le vin, le rend superbement frais et élégant, avec toujours cette touche minérale granuleuse mais fine. Très jeune aujourd'hui bien sur, mais quel potentiel ! Très Bien aujourd'hui, mieux encore demain
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Enfin, juste pour le fun, une vue des toilettes du restaurant ...
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... et de la cave à vieux millésimes, qui nous faisait de l’œil à chaque repas (petit-déjeuner compris)
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Bruno