17 octobre 2019

Première étape au Bistrot du bord de l'eau (Levernois, 21)

Camp de base de notre week-end bourguignon à l’Hôtel du Parc, le « petit » établissement du Relais & Châteaux « l’Hostellerie de Levernois ». Traditionnellement, la veillée d’armes se déroule au Bistrot, avec un menu simple mais diablement efficace. Pour ce soir, ce sera :

Les Œufs façon meurette au Chardonnay (pas photographié)
Un classique revisité, mais l’apport du vin blanc est indéniable et ajoute une touche de légèreté et de fraîcheur (aromatique et acidulée) au plat. Excellent comme toujours

Filet de Bar à la Plancha, Chou-Fleur « Dubary », Sauce Nantaise
Délicatesse de la chair du poisson, tendresse veloutée des accompagnements et aromatique salivante de la sauce. Superbe

Le Flan Pâtissier, Sorbet Pêche Rhubarbes
L’archétype du dessert digeste, un clin d’œil à l’enfance avec ce flan, une fraîcheur et un côté aérien du sorbet. Très frais en fin de repas

Pour accompagner ce repas, un Saint Romain 2017, Christophe Buisson : à l’ouverture, le nez semble un peu en retrait, plutôt sur la finesse et un côté aérien. Tension acidulée qui apparaît à l’aération, avec des fragrances mentholées fraîches et les « classiques » du Chardonnay comme les amandes. Avec la température, le vin s’étoffe et s’arrondit. En bouche, c’est très énergique, tendu, d’une tension minérale intense. Le côté tellurique se marque par une pointe saline qui vient allonger le vin. Volume et allonge apparaissent ensuite, pour finir sur une finale de belle longueur, toujours fraîche. Le vin devient ensuite plus soyeux et plus rond, toujours basé sur une trame minérale sans lourdeur. Très Bien +

Nous avions quitté le bistrot en pleine canicule en juin dernier. Changement complet de météo en ce mois d’octobre, mais le plaisir de l’assiette est toujours bien présent. La carte des vins, courte mais pour amateur, constitue un complément de choix pour débuter en douceur notre périple côtedorien.

Bruno

Avant-propos au "Fil du Zinc" à Chablis (89)

Prélude à un week-end bourguignon toujours attendu avec impatience, une halte salvatrice en terres icaunaises, à la fois pour couper la route entre Normandie et Côte d’Or mais également pour se restaurer. Comme depuis 2 ans maintenant, le choix est vite arrêté, à Chablis, au restaurant au Fil du Zinc.

Repas classique entrée-plat-dessert, pour un prix modique (33 €), avec à la clé le triplet qualité / présentation / service. Cerise sur le gâteau, une superbe carte des vins, très orientée dans le Chablisien.
Au menu :

Terrine de pintade et foie gras / Gelée de volaille
Alliance très réussie de la tradition bistrotière (terrine) et de l’élégance et du goût (foie gras). Présentation très graphique qui met les papilles en émoi. Belle entrée en matière

Canard challandais / Betterave / Figue grillée / Sauce au vin rouge
Quelle viande cuite à la perfection, respectant le grain et le « jus » du canard, accompagnements en contre-point avec un côté terrien (betterave) mais élégant, une fine sucrosité justement mesurée (quenelle d’oignons confits) et une aromatique fruitée (figues). Excellent

Poire / Dacquoise / Caramel / Crème pâtissière
Croustillant de la dacquoise, velours de la crème pâtissière, sucre fin du caramel et acidité de la poire. Grande association de saveurs pour ce dessert très réussi

Pour accompagner ce repas, nous avons choisi un Chitry, Vau du Puits 2015, Olivier Morin : avec l’adoubement de Fabien Espana, ce choix s’est révélé gagnant, et plus que judicieux. Un nez immédiat, gourmand et déjà gouleyant, sur la griotte noire bien juteuse, des fragrances fumées élégantes, une pointe de grain tannique fin. Bouche qui pourrait paraître fine et acidulée, mais ce vin est un « faux maigre ». Le fruité est soyeux, les tannins sont veloutés, l’ensemble étant porté par une acidité presque épicée. En fin de bouche, on décèle une empreinte saline très vineuse, avec de la mâche, un glycériné velouté et une vraie gourmandise. Revenons à cette première impression de légèreté, vite démentie par un accord particulièrement réussie avec la chair tendre et finalement assez musclée du canard. Le concerto était parfait ! Petite appellation, mais (encore une fois) un grand plaisir à la clé. Excellent +

Confirmation de l’excellence de l’adresse dans un esprit « Bistrot chic ». Carte renouvelée pour notre plus grand plaisir. Une adresse incontournable pour notre prochaine visite sur Chablis (vivement le début de l’année 2020 !).

Bruno

6 octobre 2019

Entrainement (3)

… avec un « bœuf carottes et tagliatelles, sauce au Madiran » maison, il fallait un vin qui a du répondant :

Nuits-Saint Georges, premier cru les Vaucrains 2008, domaine Chicotot : une robe légère, peu intense, sur un rouge tirant vers l’orangé. Premier nez sur la douceur, fruits noirs infusés, notes de fleurs fanées, et toujours cette touche torréfiée / de moka marqueur du cru. A l’aération, le fruit ressort, plus acidulé, avec une impression d’alcool noble, typé kirsch. En bouche, tout est douceur, onctuosité et soyeux. Le vin « semble » léger, les tannins totalement fondus, l’acidité parfaitement intégrée et l’aromatique juste dosée pour accompagner l’ensemble. Le grain torréfié est toujours présent, essentiellement sur une finale à laquelle il apporte un côté salivant et persistant. Vin cistercien, presque intellectuel … mais un intellectuel qui dégage une sorte de perfection et de plaisir avec ce triplet douceur / onctuosité / soyeux. Pas loin de l’Exceptionnel ! (on a beaucoup entendu et lu sur les 2008 acides, déchargés et sans âme. Ce Vaucrains en est le contre-exemple typique).

Fin de l’entraînement. Comme les marathoniens, il faut maintenant se ménager une période de repos avant la compétition qui approche.

Bruno

4 octobre 2019

Entrainement (2)

Poursuite de l’entraînement bourguignon, un peu plus au nord cette fois, tout en restant en Côte de Beaune. Servi avec une pièce de bœuf :

Savigny les Beaune, les Fourneaux 2014, domaine Rapet père et fils : robe rouge foncée intense, profonde et opaque. Aucune trace d’évolution. Premier nez dégageant une impression de puissance, terrien et « rustique » sur une base de fruits noirs (déjà) croquants. Fraîcheur et fruité sont exacerbés à l’aération, avec des fragrances tanniques. Bouche terrienne, sur une forte intensité tellurique qui donne une impression de profondeur. Notes fumées qui s’associent avec un grain tannique croquant, velouté et avec un caractère presque nuiton. Belle acidité de structure. Finale fraîche, qui laisse une impression de puissance au vin. Beau village ! Très Bien ++ / Excellent

A suivre …

Bruno