18 janvier 2019

L'église abbatiale de Pontigny (Yonne)

En marge d’une visite gastronomico-œnologique à Chablis, courte visite en ce matin glacial à l’abbaye de Pontigny (Yonne).

Le monastère de Pontigny a été créée en 1114 par Hugues de Mâcon, abbé provenant l’abbaye de Cîteaux. L’abbatiale de Pontigny, construite entre 1138 et 1150, est une construction caractéristique de l’architecture cistercienne dont les maîtres mots sont simplicité et sobriété. De style roman voûtés d’arêtes, l’église offre de longues perspectives soulignées par un jeu d’ombres et de lumières, invitant à la contemplation.
Le cœur, repris en style gothique à la fin du XII° siècle, respecte les principes cisterciens, à savoir une absence d’ornements que les chapiteaux en feuilles d’acanthe ne viennent qu’à peine troubler.
Quelques restaurations des XVII et XVIII° siècles apportent une touche baroque complémentaire, dont de magnifiques stalles sculptées et des grilles en fer forgé.

Promenade en photos …

Vue extérieure

Le porche d’entrée


La nef

Les bas-côtés

Le transept et sa rosace

Le cœur et sa ferronnerie

Un chapiteau

Bruno

14 janvier 2019

Salon Papilles et Pupilles - 15° anniversaire

En ce lundi se tenait au studio Cyclone la 15° rencontre autour du vin et des spiritueux d’auteurs, salon professionnel organisé par « Papilles et Pupilles » auquel nous participons maintenant avec plaisir depuis quelques années (merci à Florence Coiffard et Delphine Laurent pour leur invitation récurrente).
Un 15° anniversaire fêté comme il se doit avec l’ensemble des vignerons. Très beau salon avec une organisation au top, des locaux spacieux et aérés et des verres à dégustation optimisés pour notre plus grand confort.
Petit bémol avec une fréquentation en nette hausse par rapport à l’an dernier, mais c’est sans doute la rançon du succès.
Et côté dégustation, nous avons été « obligés » d’effectuer une certaine sélection, devant retourner au travail l’après-midi. Notre sélection toute personnelle.

Domaine Jean-Marc Burgaud
Un accueil toujours au top, Jean-Marc est un homme affable, modeste, travailleur et très doué. Une belle gamme de beaujolais et de Morgon à prix doux.
Beaujolais-Village rouge 2018 : tiré du fût, ce vin présente un fruité gouleyant, une légère pointe glycérinée de bel effet. Du corps et de la mâche en bouche pour une entrée de gamme très réussie. Très Bien
Régnié 2018 : tiré du fût, il présente un véritable sérieux, une belle acidité sur une structure laissant entrevoir un vieillissement serein. Grand potentiel. Très Bien (+)
Morgon, Charmes 2018 : tiré du fût, on reconnaît au premier nez le petit grain qui morgonne. Confirmation en bouche, avec du relief et une charge tannique soyeuse. Très Bien ++
Morgon, Grands Cras 2017 : tiré du fût, le fruité est intense, avec (déjà !) un grain soyeux, sur une structure de demi-corps sans dilution. Très Bien
Morgon, Côte du Py 2017 : tiré du fût, quelle tendresse, sur une assise à la fois fruitée et légèrement viandée. Du corps en bouche, des tannins nobles. Un Py quoi ! Excellent
Morgon, Javernières 2016 : étonnamment, le nez évoque un cabernet franc de noble origine, une pointe fruitée en sus. En bouche, tout n’est que velours, douceur et tendreté. Un must dès à présent … et pour de nombreuses années. Excellent +
Morgon, Côte du Py James 2016 : issu de la croix du Py, ces vignes donnent un vin à la lecture radicalement différente du Javernières, mais pour un plaisir similaire. Maturité et fruité profond au nez. En bouche, malgré une légère phase de fermeture, on décèle un gros potentiel pour ce vin maquant, laissant une empreinte superlative. Un « petit Pinot » ? Non, un Grand Gamay ! Excellent +

Domaine Lucien Le Moine (Rotem et Mounir Saouma)
On avait croisé un Meursault Charmes de la maison à Levernois. Confirmation sur 4 autres appellations de l’excellence des vins. Un must !
Côtes du Rhône, Nopia 2018 : sous une réduction plus aromatique que d’élevage, un vin gras, opulent, salin, sachant garder une grande fraîcheur. Très Bien (+)
Chassagne-Montrachet, premier cru la Grande Montagne 2016 : quel nez à la fois fin, élégant, minéral et floral. Bouche sur une acidité ciselée, du travail d’orfèvre. Aromatique ultra-fine, laissant une empreinte superlative et superbe. Excellent ++
Chambolle-Musigny, premier cru les Hauts Doix 2016 : sur une base torréfiée au premier nez, se cache un pinot fin, bien construit sur une trame acide soyeuse, une pointe réglissée et surtout une empreinte en finale. Excellent +(+)
Chambertin Clos de Bèze Grand cru 2016 : finesse terrienne, grand pinot en bouche, conjugant charge tannique évanescente (ce n’est qu’une impression) et fins amers salivants. Grande élégance sur une allonge superlative (encore oui !). Exceptionnel
Chateauneuf du Pape, Ariosa 2015 : élevage sur la réduction, qui ne gâche pas (et ne cache pas) le fruité sudiste, les aromes de garrigue, une pointe de fraîcheur qui rend le vin aérien. Un C9P pour PDF ! Excellent +

Tenuta La Massa (Toscane, Italie)
Découverte de quelques vins de Sangiovese construits sur l’élégance. Belle et grande gamme de sangiovese.
IGT Toscana, La Massa 2016 : ce vin composé de 60 % de sangiovese, 30 % de merlot et 10 % de cabernet sauvignon montre un fruité opulent immédiat. Grande énergie en bouche, tannins crémés et combinaison réussie entre acidité et amers fins. Une entrée de gamme qui détonne. Excellent
IGT Toscana, Carla 6, 2015 : ce 100 % sangiovese (terroir de schistes) représente la quintessence de la finesse. Elégance au nez, fruité aromatique fin, qualité des tannins, grain tellurique et aromatique grasse sur une finale allongée par un équilibre entre amertume et acidité. Excellent ++
IGT Toscana, Giorgio Primo 2015 : ce vin aux cépages bordelais (65 % de cabernet sauvignon, 30 % de merlot et 5 % de petit verdot) montre une aromatique très cabernet mur. Charge tannique imposante, mais manquant pour moi d’élégance et d’équilibre. Une impression d’extraction qui gâche un peu mon plaisir. Bien +

Voilà, un court passage pour une sélection pointue, laissant les papilles en bon état (je ne parle pas des pupilles !) : belle confirmation et belles découvertes pour ce salon toujours aussi agréable.
RDV l’année prochaine.

Bruno

5 janvier 2019

Reprise (ratée) !

Après le « black Friday », le « blue Monday », « Haloween » et autres trumperies inventées pour consommer et nous américaniser définitivement (manque plus que les vaga.co.nneries de Cayron.Moix.Angot !), voilà qu’on nous invente maintenant le « Dry January ».
Soi-disant qu’il faudrait jeûner en janvier pour éliminer les excès des fêtes ? Connaissant mon appétence pour toutes ces modes bobo, je profite de l’occasion pour vouloir accompagner un cabillaud de noble origine avec un vin de noble contrée (et en passant, j’emm… les bien pensant).
Donc, un Chassagne-Montrachet, premier cru les Caillerets 2007, domaine Fontaine Gagnard : un nez élégant de chardonnay, plutôt sur un équilibre minéral (trop) marqué. Fragrances évoquant plus un chenin qu’un chardonnay. La bouche confirme malheureusement mes premières impressions. Un manque évident et criant de volume, de gras et d’aromatique. Une sorte de squelette sur l’acidité, mais sans l’enrobage nécessaire au plaisir. Finale un peu stridente, décharnée et peu amène. Je me dis qu’une aération lui sera peut-être bénéfique. Donc, rebouchage et direction réfrigérateur pour la nuit. Le lendemain, c’est encore pire car le vin n’a pas résisté. Oxydé ! Lamentable
Vade retro les bobos. Vous ne m’aurez pas (Chablis nous attend pour une revanche : restaurant + dégustations).

Bruno

1 janvier 2019

Repas et vins de réveillon

Réveillon entre amis à la maison pour attendre le passage vers une année 2019 que l’on espère plus calme que 2018. Au menu :

Noix de St Jacques juste snackées

Foie gras maison au sel

Poularde de Bresse, morilles, champignons et légumes du moment

Quelques fromages de nos régions

« Le Grand Cru Vanille » de la Pâtisserie des Rêves

Pour accompagner l’ensemble, nous avons bu :

Riesling Spätlese, Brauneberger Juffer Sonnenuhr 2008, Fritz Haag : un nez très fin et très élégant, sur des notes aromatiques justement dosées, typées ananas rôti, une pointe de douceur en supplément. Impression initiale de richesse élégante. Bouche enjôleuse, mais sans fard, ronde, riche, avec une amertume saline vivifiante. Acidité ciselée qui resserre les papilles, avec une vibration presque granuleuse. Grande fraîcheur et grande élégance en finale. Excellent
Vouvray, Clos de la Bretonnière monopole 2014, domaine de la Taille aux Loups (Jacky Blot) (carafé au moment du service) : nez de chenin très floral, une douce aromatique discrète, une impression aérienne quoique déjà assez puissante. Bouche énergique, puissante, presque tannique. Acidité redoutable, alliée à des amers nobles dégageant une puissance salivante. Substrat tellurique, avec un grillé léger présentant un volume vibrant. Explose en une finale qui promet. Jeune aujourd’hui, mais quel potentiel. Déjà Excellent +(+)
Le lendemain, le vin a repris du gras et du volume, pour laisser une empreinte encore plus marquée et marquante. Amers sur le zan qui apportent un velouté sensuel.
Chassagne-Montrachet, premier cru les Caillerets 2009, domaine Marc Colin : un nez de chardonnay encore jeune, sur la noisette, des notes grillées, des fragrances fruitées (fruits murs). Bouche à l’avenant, avec un charme certain. Réduction noble bien dosée. Puissance mesurée, par une fine acidité alliée à une sorte de rondeur enveloppante. Grande empreinte finale, sur la peau de noix et des notes vibrantes. Excellent ++
Nuits Saint Georges, premier cru les Vaucrains 2006, domaine Chicotot (carafé 3 heures) : un nez marqueur du climat, à savoir du fruit, du fruit intense et bien mur associé à des notes de café torréfié que j’affectionne particulièrement. Douceur et suavité sont les deux premières impressions qui transparaissent. Bouche grandissime, complètement équilibrée. Une sorte d’infusion de fruits noirs bien murs, associés à une acidité bien présente, gage d’un (long) vieillissement paisible. Elégance superlative jusque dans une finale où apparaissent quelques notes tertiaires (champignons de Paris). Jeunesse folle avec un avenir tout tracé. A prescrire contre la morosité. Excellent ++(+)
DOCG Barolo, Ciabot Mentin Ginestra 2005, Domenica Clerico : une (relative) déception pour ce vin qui est apparu fermé. Un nez sur les fruits intenses, dégageant une impression de corpulence, une sorte de « Cabernet sans poivron » (pas un Bordeaux donc !). En bouche, droiture et élégance, avec une charge tannique imposante. Belle aromatique veloutée … mais il manque sans doute ce grain de folie qui nous aurait fait basculer dans le Grand. A revoir dans quelques années. Très Bien
Le lendemain, encore plus d’amers presque astringents, une grosse puissance tannique et une aromatique qui s’est développée, mais qui manquent de maîtrise.
Coteaux du Layon, Sélection de Grains Nobles 1996, domaine Philippe Delesvaux : Que dire sur les SGN de Philippe, si ce n’est qu’on touche presque toujours à l’Exceptionnel. Un nez superbe de raisins et d’abricots secs, rehaussé par un rôti noble. En bouche, c’est une véritable liqueur, une grande sucrosité totalement équilibrée et fondue dans la trame acide du vin. Buvabilité maximale pour cette « sucrette ». Retour sur une finale de malt, entre tourbe, fumé et sucre candy. Quelle longueur phénoménale. C’est proprement Excellent ++(+)

Superbe repas, accompagné de superbes vins, même si le Barolo ne s’est pas présenté sous ses meilleurs auspices.

Meilleurs vœux à toutes et à tous : santé, bonheur, prospérité et large soif !

Bruno