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30 juillet 2026

Repas au Moulin de Cambelong (Conques, Aveyron)

Qui dit Aveyron dit bonne viande, qu’elle soit de l’Aubrac ou, d’un peu plus loin, de Salers. Comme à nos habitudes, nous avons cherché un restaurant de qualité ne permettant de profiter à la fois des saveurs locales et d’un lieu et d’une ambiance champêtre. Après quelques hésitations (la maison Bras étant disqualifiée eut égard à notre dernière expérience un peu décevante, mais aussi à un comportement qui ne plairait sans doute pas à Michel Bras - on refuse la pression des étoiles mais on maintient le prix des menus !), notre choix s’est porté sur le Moulin de Cambelong dont la cuisine à quatre mains est assurée par Emilie et Thomas.

Situé dans la vallée du Dourdou, pas très loin de l’abbatiale de Conques, l’établissement, qui fait également hôtel, propose trois menus, dont un végétarien. Apéritif en terrasse pour profiter d’un peu de fraîcheur en cette fin juillet plutôt chaude. Dès notre installation, le ton est donné : décontraction, accueil et professionnalisme.

Nous avons donc choisi le menu « Ribeira » constitué de 7 services :


Amuse-Bouche divers


TRUFFES D’ÉTÉ

fleurs de courgette farcie, émulsion crémeuse à la Manzanilla


LANGOUSTINE

en tartare, poutargue et jus de carottes


RISOTTO NOIR

laitue fumée


LIEU JAUNE IKEJEME

à la grenobloise et tomate (et sa remise en bouche)


FOIE GRAS de la maison Miltaut

poché, baselle et myrtilles


BOEUF d’Aubrac

cuit à la braise, betterave et sauce vin Jaune


FROMAGES


CHOCOLAT ET CASSIS

biscuit croustillant, confit et sorbet de cassis, émulsion chocolat


Pour les vins, nous avons été particulièrement raisonnables … en débutant le repas par le cocktail « frênette », sur une base de pétillant local, sirop de frêne et crème de framboise. C’est léger, très fruité, une sucrosité mesurée et une petite amertume. Dose d’alcool minimale (moins de 1,5°). Tout est prêt pour ce menu dégustation.


Saumur, Brézé 2021, domaine Guiberteau : encore et toujours, on revient en terrain connu et très classique. Mais pourquoi se priver d’un tel plaisir ? Nez minéral très « caillou », puissant et vif, avec déjà cette composante aromatique du Brézé. Notes florales fraîches bien marquées, sur le chèvrefeuille. Bouche vive et énergique, très « péchue ». Acidité saline qui réveille les papilles. Un vin encore jeune, très serré, avec une finale de caractère révélant de fins amers nobles. Retour sur des touches grillées, fraîche et de type « pierre à fusil ». Gros potentiel encore. Excellent +

Irouléguy, cuvée Haitza 2019, domaine Arretxea : une robe sombre. Nez profond, puissant, sur les fruits noirs gorgés de soleil (cassis / myrtille). A l’aération, une pointe plus acidulée apparaît. En bouche, le vin est velours, avec de beaux tannins virils mais crémeux et civilisés. Fine acidité qui équilibre l’ensemble et dessine une belle mâche. Finale de caractère, avec une petite granulosité tannique salivante. Longue empreinte profonde et enveloppante. Très bel accord tant avec le foie gras poché qu’avec un bœuf à la cuisson millimétrée. Excellent +


Que dire de ce repas. Une utilisation très équilibrée des épices (curry japonais par exemple), qui vient relever la saveur des plats sans être prégnante. Des associations très originales, voir osées : il fallait penser au vin Jaune en accompagnement du bœuf. Des cuissons millimétrées. Des mets nobles dans un menu à prix finalement très modéré. Au même titre que nos visites à l’Auberge Pom’Poire, je retiendrais donc cette impression d’évolution vers le haut constante du début à la fin du repas, sans jamais nous faire regretter le plat précédent, ni l’écraser. Tout était parfait. Seul petit bémol, l’absence du sommelier pour nous guider dans le choix des vins, mais l’exercice était facile. C’est dommage car il est venu en fin de repas pour une discussion très amicale autour des alcools.

Une adresse à conserver dans un coin de la tête.


Bruno


20 juin 2024

Repas étoilé au restaurant gastronomique de la Butte à Plouider (29)

Pendant les vacances, il est de tradition de s’offrir un « bon » restaurant. Les deux dernières fois en Bretagne, nous étions descendus au « Le Saison » à St Grégoire où nous avions passés deux très belles soirées.

Cette année, nous souhaitions changer d’endroit, pour diverses raisons. Notre problématique était de trouver un étoilé de rapport qualité/prix intéressant et dont la carte n’était pas exclusivement tournée vers les crustacés et les fruits de mer, pour cause d’allergie. Après quelques recherches, notre choix s’est porté vers le Restaurant de la Butte, sis à Plouider et tenu par le chef Nicolas Conraux.

Salle résolument moderne et épurée, mais agrémentée de décorations inspirantes : moquette au sol, tables en bois, décorations en pierre, tenue « bretonne » des serveurs, … Tout est prêt pour profiter avec quiétude de l’instant.

Pour cette première expérience, nous avons choisi le menu « Expérience » décliné en 9 services …


On commence par une quadrilogie de beurres, superlative, gourmande et qui demande à y revenir, l’ensemble étant servi par un pain de compétition.


Kraz’ Coques

Remplacé par un amuse-bouche sur une base artichaut (mise en bouche gourmande)

Estran, algues et chanvre (salade marine végétarienne revisitée)

Lieu jaune de ligne (peau à base de citrons et sauce au beurre blanc)

Le Jusant (excellent)

Agneau des prés salés, petits pois (cuisson millimétrée et sauce tip top)

L’ormeau d’élevage de Sylvain

Remplacé par un plat végétal sur une base chou-fleur et condiments (belle trilogie de chou-fleur)

Petite pêche, condiment umami (cuisson al dente du poisson, sauce gourmande)

Fraises préservées, Hydrolat de mélisse (fraîcheur pour se refaire la bouche)

Soufflé de far Breton (un far revisité avec sa glace vanille, tip top)


Pour accompagner le repas, nous nous sommes orientés vers un accord mets et vins en quatre services, sachant que pour l’agneau, nous avions décidé d’un verre de rouge bien spécifique (ce qui fera un total de 5 verres) :



AOP Vin de Savoie, Jacquère, Giant Step 2022, Ludovic Archer : un nez salin, très frais, finement acidulé, une pointe curry sans notes oxydatives. Bouche tonique, vive, avec un joli gras. De la structure. Finale charmeuse, fine, presque semi-perlante. Avec l’estran, le vin prend de l’allonge et une aromatique sur le zan. Une jacquère sérieuse, vineuse, très surprenante. Très Bien

Chablis, Montserre 2020, château de Béru : un nez très cristallin, frais, une pointe aromatique sur la menthe. Impression d’élevage semi-oxydatif bien dosé. Bouche à l’avenant, tendue, minérale, légèrement évoluée. Belle construction avec de la structure. Finale sur une rétro-olfaction fraîche, saline, salivante. Découvert d’un Chablis non classique. Très Bien ++

Irouléguy, cuvée Haitza 2016, domaine Arretxea : un nez explosif, qui explose de fruit. C’est sérieux, structuré et profond. Notes de fruits noirs, d’épices douces et de réglisse. Bouche corpulente et charmeuse, de jolis tannins déjà bien polissés, une amertume dosée comme il se doit. Finale suave, avec toujours cette profondeur, cette structure et cette fine amertume Excellent +

Mâcon Cruzille, les Chassagnes 2021, domaine du Clos des Vignes du Mayne (Julien Guillot) : un nez frais et dense, un peu type « Dureuil Janthial ». Notes aromatiques opulentes, sans lourdeur. Bouche qui présente une forme de rondeur, dessinant un chardonnay salin et provoquant une grande salivation. Belle finale vibrante, avec du volume et de la persistance. Excellent

Jura, Vin de liqueur, Kilt, domaine des Bottes Rouges (Jean-Baptiste Ménigoz) : un nez clairement sur l’oxydatif, mais plutôt « macvin » que « jaune ». Impression corpulente sur une base d’amertume fine et de notes exotiques complexes (muscade, fruits confits, pointe rôtie). Bouche en plein accord, une sorte de macvin avec un supplément d’élégance, avec en toile de fond toujours ces amers fins, cette acidité intégrée et cette longue fraîcheur saline. Finale jurassienne, légère, sur la peau de noix et une sucrosité mesurée. Superbe avec le far revisité (far + glace vanille). Excellent ++


Une très belle découverte que ce restaurant dont l’inspiration locale est forte, les associations toujours juste, le côté « écologisme » maîtrisé jusque dans les plats « végétariens » et la présentation sans accrocs.

Service décontracté, professionnel et à l’écoute. Sommelier précis dans ses choix, qui auraient pu paraître a priori déroutants, mais les accords étaient subtils et originaux. Le chef est venu nous saluer à la fin du repas. Nous l’avons bien évidemment félicité.

Une expérience à renouveler, sans doute sur un menu totalement végétarien et en laissant une nouvelle fois la main au sommelier pour les vins.


Une très grande adresse à conserver.


Bruno