19 janvier 2018

Dégustation à la cave la Chablisienne


Retour aux fondamentaux avec un voyage éclair d’une journée sur Chablis. Programme court mais intense et prometteur.
Première dégustation à la cave de la Chablisienne, qui propose une large gamme de Chablis, premiers et grands crus. Suite à notre dégustation lors du dernier Grand Tasting, nous avons déjà une idée de l’articulation de cette dégustation. En route …

Chablis, vieilles vignes, les Vénérables 2014 présente un nez typique du chablisien, relativement simple mais franc, sur des notes citronnées, une belle vivacité et une minéralité fine. Bouche de demi-corps mais relativement tonique, un côté glycériné agréable et une finale intense et vibrante. Très beau rapport qualité / Prix. Très Bien
Devant l’absence du premier cru « Côte de Léchet » 2014 (snif, il était tellement bon en décembre), nous partons sur le même cru en 2013. Chablis, premier cru Côte de Léchet 2013 présente une extrême finesse au nez, presque aérienne, complexifiée par une gourmandise élégante. La bouche de ce 2013 est très proche de son cadet de un an, peut-être une acidité de structure plus marquée à ce stade. C’est vineux et profond, une belle énergie tellurique avec un habillage de gras et d’amers du plus bel effet. Peut-être une finale un peu plus courte que le 2014, mais c’est vraiment beau. Très Bien +(+)
Ensuite, retrouvaille (attendue car ce cru n’est pas toujours disponible) avec un Chablis, premier cru l’Homme Mort 2013 qui traduit une impression pierreuse, sur la pierre à fusil, avec un potentiel aromatique qui transparaît déjà. Bel équilibre en bouche, grande minéralité enrobée par un faux gras glycériné qui allonge le vin. La structure acide est présenté, mais rien ne dépasse. Grosse empreinte sur une finale plus marquée (léger grillé). Excellent
Passons ensuite aux grands crus, en trois temps.
Le Chablis, grand cru Bougros 2012 présente un premier nez très floral, qui devient plus vineux à l’aération. Une pointe vanillée / ronde transparaît. En bouche, la structure est serrée, sur les amers nobles type zan. Aujourd’hui clairement fermé, le vin laisse entrevoir un potentiel certain, même si un grillé et une certaine rondeur en finale traduire un millésime parfois en surmaturité. Très Bien

Le Chablis, grand cru Bougros 2013 montre, derrière une réduction végétale / herbacée qui s’estompe, un nez plutôt discret. Le bouche est clairement dissociée à ce stade, l’acidité et l’amertume menant un combat qui ne grandit pas le vin. A revoir
Enfin, le Chablis, grand cru les Clos 2014 a tout du grand cru et du chablisien. Finesse, élégance, floralité se côtoient dans un concert sans fausse note. En bouche, tout y est. L’acidité (forte par construction) est présente mais bien intégrée, de la mâche (presque « tannique »), de la « minéralité kimméridgienne », qui sait allier tension et rondeur, sur une base de coquilles d’huitres. Gros potentiel jusqu’à une finale claquante, qui laisse une énorme empreinte. Excellent (+)
Un grand merci à l’équipe du caveau de la Chablisienne (en plein travaux) pour leur accueil, leurs explications et leur geste commercial. Nous avons retrouvé le goût du Chablis.

Bruno

Restaurant "Au Fil du Zinc" à Chablis

De passage à Chablis pour quelques dégustations dans les environs, je cherchais un endroit sympathique pour le déjeuner du midi. Sur les conseils de l’ami Oliv, notre choix se porte sur le restaurant au Fil du Zinc.
Il est des endroits comme ça. Au départ, un repas rapide sur le pouce façon bistrot eût largement suffi. Mais un je-ne-sais-quoi nous a surpris dès notre arrivée. Une ambiance qui nous a détourné de notre objectif initial. Bref, nous sommes parti sur un menu en 5 services …

Amuse bouche divers

Velouté de potimarrons et graines de courges

Tartare et œufs de truites de Prégilbert, crème raifort et mâche

Pâté en croute, veau et canard

Cochon, Chutney de kaki, choux de Bruxelles ‘al dente’

Quelques fromages (sans photo)

Dessert sur une base Crème de marrons, glace rhum et clémentine

Puisque nous conduisions (et accessoirement que nous avions prévu deux dégustations dans l’après-midi), nous nous sommes contentés d’une bouteille, mais quelle bouteille :

Chablis, Grand Cru les Clos 2012, Jean-Paul et Benoit Droin : (sans prise de notes) un nez sur une grande fraîcheur chablisienne, une impression minérale fine et mesurée, complexifiée par une sensation de léger gras et une belle aromatique un peu fumée. En bouche, le vin est puissant mais élégant, certes jeune, mais d’une complexité folle. Parfaite association entre la tension acide, la minéralité d’Exogyra virgula (sacré Kimméridgien !), le gras enrobé fin du millésime, la complémentarité de ses marqueurs venant apporter un supplément de profondeur et de vibration tellurique. Salivation claquante assurée et une empreinte d’une longueur exceptionnelle. Un vrai vin de cailloux comme je les affectionne. On approche doucement de la perfection. Excellent + (+)
Un domaine que je découvre grâce à notre Papy, et quel domaine.

Et avec le cochon, nous avons craqué pour un verre de rouge. Un Givry premier cru la Brulée 2015, François Lumpp : du fruit, du fruit et du fruit, mais pas que. Structure tannique sérieuse, plutôt sur la finesse, une pointe fumée bien présente. Architecture acide en place, bien tendue, et qui apporte un complément (j’allais dire un contre-point) aux tannins. Belle finale étirée, presque gouleyante. Très Bien +
Grande et belle découverte pour ma part. Un vrai bistronomique : ambiance, accueil et service décontractés, mais avec le style ; assiette(s) de très haut niveau (mentions spéciales au tartare de truites, au pâté en croute, à la cuisson du cochon et des légumes et au dessert - pas de jaloux !), avec une certaine touche d’originalité ; carte des vins fabuleuse, à prix doux.
Je note, je note pour une prochaine fois.

Bruno

15 janvier 2018

Pasta e Basta : ça marche aussi le midi !

Pour cause de grippe récalcitrante, notre repas de fin d’année professionnel, en comité restreint et choisi, a été repoussé en ce début janvier. RDV donc ce lundi midi au restaurant italien Pasta e Basta situé à quelques encablures de notre lieu de travail.
Et bien, je peux vous le dire. Ça marche aussi le midi, même si les contraintes d’horaires ne nous ont pas permis de profiter des desserts. Tiens, une bonne / mauvaise (rayer la mention inutile) excuse pour revenir !

Menu concocté de main de maître par l’équipe emmenée par Romain, tant au niveau de l’assiette que des vins. Ce que j’aime par-dessus tout ici, c’est cette impression d’intimité et de proximité juste. On se sent presque en famille, on vient écouter une histoire de l’Italie, une histoire sur les domaines et les vins. Bref, on s’y trouve bien.

Passons aux choses sérieuses avec en amuse-bouche une Pizzetta d’une simplicité et d’un moelleux superlatif.
Ensuite, farandole d’anti-pasti avec, dans l’ordre :

Salade de poulpe

Carpaccio de magret de canard

Salade de saucisse épicée

Burrata e San Daniele (le classique, mais quel classique !),

Plats variés selon les convives, avec :

Linguine à la truffe blanche, sauce au foie gras

Calamars frits

Bar sauvage en croûte de pommes de terre

Les vins ont été servis étiquettes découvertes :
DOC Sicilia Bianco, Vigna di Gabri 2012, Donnafugata : ce vin issu en majorité du cépage ansonica présente une belle couleur jaune d’or, assez intense et soutenue. Nez sudiste mais frais, qui s’ouvre sur des notes de fruits blancs, une touche aromatique bien développée. En bouche, c’est très élégant, sur un registre aromatique et d’une opulence bien mesurée. Belle tension associée à un gras énergique. Finale marquante, allongée et vivifiante. Accord particulièrement pointue avec la saucisse épicée (qui apporte un supplément poivré au vin) et changement de registre complet avec la Burrata et le San Daniele avec lesquels on passe sur un équilibre plus tendu, plus floral et moins aromatique. M’a fait penser (toutes choses différentes par ailleurs) à un chenin de noble origine. Excellent

IGP Terre Siciliane Rosso, Mille e una notte 2011, Donnafugata (cépage Nero d’Avola) : robe profonde, sombre et dense. Nez complexe, fruits noirs, épices douces, notes sudistes (thym, garrigue) avec une impression de fraîcheur … presque mentholée. En bouche en plein accord avec le nez, sur une puissance terrienne intense, mais ne cachant pas un joli fruité aromatique, des tannins corpulents dégageant des notes crémées. C’est rond bien sûr, c’est puissant (15° !), mais avec une élégance presque bourguignonne. Encore un italien qui pinote ! Excellent (+)

Deuxième confirmation de la qualité de ce restaurant. Nous y reviendrons aux beaux jours pour profiter (encore plus) de la charcuterie et des légumes de saison.
Un grand merci à Romain pour son accueil et la précision de ses explications.

Bruno

9 janvier 2018

Un SGN ou rien !


A défaut de galette et de frangipane, une envie soudaine d’une douceur m’a fait descendre à la cave et remonter d’un Coteaux du Layon, SGN 2003, château de Bois Brinçon (Xavier Cailleau) : une robe or bronze brillante, déjà très alléchante. Le nez est très liquoreux, sur les alcools nobles (cognac, Pporto tawny, …), une pointe vibrante en sus, avec une minérale « perlante ». Notes de noix verte, de pruneau et un côté miel / réglisse vivifiant. En bouche, on est frappé par la puissance et la délicatesse du vin. Une attaque vive, semi-perlante, charbonnée … qui est rapidement complexifiée par un mélange miel / réglisse. Trame allongée, avec une belle acidité qui n’est pas cachée par sa charge en sucres. Amertume sur la réglisse / le résiné, notes d’alcools élevés sous bois, avec une évolution vers l'oxydatif parfaitement maîtrisée (peau de noix, pruneaux, ...), pour une finale enrobant les papilles dont l’énergie et le grain sont presque tanniques, mais laissent une impression de fraîcheur. Longueur et empreinte superlatives. Excellent (ou plus …).
Voilà une idée qu’elle est bonne !

Bruno

1 janvier 2018

Début d'année

Deuxième fois de suite où nous réveillonnons tranquillement à la maison, pour le passage vers le nouvel an. Au menu ce soir :
En apéritif puis en accompagnement d’un foie gras au sel, un Chassagne-Montrachet, premier cru la Romanée 2007, domaine Paul Pillot : l’archétype du grand chardonnay, avec un nez complexe, à la fois sur des notes florales, des touches grillées et une impression d’amertume de noble origine. Attaque en bouche très tonique et énergique, d’abord sur de magnifiques amers vibrants complété par un grillé du plus bel effet. Ensuite, on retrouve les classiques du vin de cailloux, minéralité fine, tension, énergique tellurique. Un soupçon de gras vient enrober l’ensemble et lui apporter une sphéricité qui s’associe parfaitement avec le foie gras. Si je voulais être perfectionniste, je dirais qu’il lui manque juste un poil d’aromatique et de longueur pour tutoyer les sommets. Très Bien + (+)
Avec un rôti de biche, sauce aux airelles et à la Côte Rôtie, chips de vitelottes et purée de topinambours, un Côte Rôtie, les Grandes Places 2004, Jean-Michel Gérin : robe profonde, dense et opaque. Un très beau nez d’abord sur des notes tertiaires viandées, mais qui vont disparaître à l’aération (je n’avais pas carafé le vin). Ensuite, apparaissent des fragrances de fruits rouges et noires bien murs (cerises) associées à un côté épicé et tannique. Bouche parfaitement construite, puissante mais plaisante, épicée et tannique mais gardant une réserve fruitée salivante. Grain tannique avec un beau toucher, laissant une impression de velours sur la finale, fraîche et tendue. Très Bien
Premier repas de l’année, avec des noix de saint jacques qui appellent naturellement un Savennières Roche aux Moines, cuvée les Moines 2011, Tessa Laroche : un nez profond et puissant, d’une énergie intense, tellurique presque tannique. Quelques notes florales complètent cette minéralité exacerbée. En bouche, tension, minéralité, assise granitique … associé de manière juste à un côté presque floral. Aromatique bien développée, avec un gras finement dosé. Finale sapide, sur des notes clairement « jurassiennes », un côté « peau de noix » et oxydatif ménagé qui vient étirer le vin et lui apporter un supplément de caractère. Association au millimètre avec les St Jacques. Excellent
Meilleurs vœux à toutes et à tous : santé, bonheur, prospérité … et encore quelques belles bouteilles à partager.

Bruno

N.B. : à partir de cette année, j’ai décidé de décompresser mon système de notation, ce qui peut expliquer des appréciations moins dithyrambiques.