10 mars 2012

Anniversaire (suite)

Ce soir, ce n'était pas une séance délocalisée du GJE comme aurait pu nous faire croire le costume de l'Oliv tel qu'on peut le rencontrer maintenant très fréquemment dans quelque palace parisien, mais simplement une repas d'anniversaire (un peu pantagruélique j'en convient) en compagnie de quelques ami(e)s fin(e)s connaisseurs et gastronomes. Pas de prise de notes pendant ce repas, donc des impressions un peu brutes jetées "a posteriori".
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Au menu :
   * amuse-bouche variés,
   * saumon cru mariné, sa salade de fenouil sauce crémée,
     émietté de fromage de chèvre à l'huile de truffe,
   * coq au vin de Chassagne et sa garniture de pâtes,
   * plateaux de fromages : chèvres, vaches
     et pâtes persillées,
   * tarte tatin, cannelés maison.
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Pour accompagner et faire glisser :
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Côte du Jura, Chardonnay Flor 2008, domaine Baud : un chardonnay très frais, simple mais bien construit, tension assez sensible mais bien contrebalancée par un côté "vanillé" - en fait un léger velouté - en finale. Bien++
Anjou, Authentique 2007, domaine Philippe Delesvaux : je confesse là mon erreur d'un carafage un peu trop appuyé. Résultat, une touche d'oxydation assez marquée qui a masqué les qualités du vin. Pour ma part, hormis un nez clairement sur la pomme et des touches poussiéreuses, j'y ai décelé une belle construction tendue, minérale à souhait, un fruité 'floral' très cristallin. La finale, intacte, est vibrante et très gourmande. Bien++ (sans doute Très Bien sans carafage.
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Puligny-Montrachet 2008, domaine Paul Pernot : bouchonné !
Pernand-Vergelesses Premier Cru Sous Fretille 2006, domaine Rapet père et fils : Equilibre entre la minéralité crayeuse de la montagne de Corton, une certaine corpulence et une maturité élevée du millésime. Impression de légère sucrosité, mais respectant la trame tout en longueur du cru. Au même titre que le prochain vin, très bel accord avec le saumon. Très Bien.
Meursault-Santenots Premier Cru 2009, domaine du Marquis d'Angerville : un nez très grillé, à la Coche Dury , avec un supplément de fraicheur par des fragrances mentholées très intenses. Magnifique dès les premières senteurs. la bouche est complètement raccord. Amertume noble traduisant la jeunesse du vin. Corpulent mais équilibré, frais mais charpenté. Finale sensuelle, terriblement séductrice. Un seul bémol : boire sur le fruit les deux bouteilles restantes ou parier sur un vieillissement encore plus harmonieux ? Excellent.
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Fleurie, Les Moriers, cuvée non filtrée 2007, domaine Chignard : fruits rouges intenses, presque réglissés au nez. Maturité et sensation légèrement acidulée. Un gamay de gastronomie très sérieux, élégamment construit que certains convives ont pris pour un Bourgogne ... Très Bien.
Nebbiolo d'Alba DOC, Valmaggiore 2006, domaine Sandrone : une relative déception. Si la différence de constitution se détecte au nez, la bouche est assez opulente, un petit manque d'élégance quand même. Sensation un peu (trop) boisée en finale. Bien++.
Clos de la Roche Grand Cru 1999, domaine Louis Rémy : nez typique du Bourgogne de belle origine : fruits rouges et noirs, pointes d'épices. Bouche bien construite, sérieuse, corpulente, sans défaut ... mais manquant d'émotion. Un bon bourgogne, sans doute plus au niveau d'un premier cru que d'un grand cru. Bien++.
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Savennières Roche-aux-Moines, domaine Laroche 2004 : très belle expression de Savennières. Nez très chenin, touches minérales associées à des notes de miel et de fleurs odoriférantes (acacia). Bouche fraîche, tendue, très schisteuse, avec une impression de très légère sucrosité (alors que la teneur en SR est très très faible), en fait une belle rondeur. Finale toujours sur une tension vivifiante et salivante. Très Bien.
Condrieu, la Berne 2009, domaine Philippe Faury : Changement complet de registre avec ce vin presque exubérant. Sirop et abricots sucrés au nez, complété par une pointe de miel et une sensation déjà très saline. La bouche est tout en rondeur, mais sans mollesse. Amers agréables, qui apporte de la fraîcheur. Finale sphérique et enveloppante. Très Bien.
Sauternes, château la Tour Blanche 2004 : Agrumes et abricots confits, notes rôties élégantes au nez. Bouche de demi-corps, avec une sucrosité mesurée. Très onctueux. Un vin plus en dentelle qu'en puissance. Très Bien.
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Pacherenc du Vic Bilh doux, cuvée Brumaire 2007, château Bouscassé : une meilleure impression que très récemment. J'ai adoré le côté tourbé, charbonné et rôti du vin. Sur un équilibre très minéral, notes d'abricots secs, de fruits exotiques et même de truffe blanche. Magnifiquement buvable. Excellent.
Alsace Gewürztraminer Grand Cru Zinnkoepflé, SGN 1994, domaine Rominger : un peu déçu par ce vin. Si le caractère GWZ est décelable au premier nez, avec cette impression de corpulence et d'épices confites. Notes de menthe. La bouche a pratiquement mangé ses sucres. Il en résulte un vin tout en élégance et en fraîcheur, malgré sa structure. Bien+++.
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Un grand merci à toutes et à tous pour votre bonne humeur, même si l'étiquette a du un peu en pâtir en fin de soirée ...
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Enfin, je vous présente le nouveau couteau "cheval" qui m'a été offert lors de cette soirée. Une attention qui m'a vraiment beaucoup touchée. Merci les amis.
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Mardi 13 : renseignement pris auprès du créateur de ce couteau, Mickaël Moing, il s'agit d'un couteau piémontais, manche en loupe d'amboine  (padoùk des Indes / santal rouge) bicolore et lame en acier 100Cr6 trempé (acier faiblement allié, non-inoxydable, contenant environ 1 % de carbone et 1,5 % de chrome, qualité utilisée dans les roulements à billes).
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Bruno

4 mars 2012

Souvenirs ligériens

Commençons la visite par deux villages classés parmi les plus beaux villages de France, le premier dans l'Indre et Loire, le second dans le Maine et Loire.
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Crissay sur Mance (Chrisseium au IX° siècle et Crissiacum au XI° siècle) est une ancienne châtellenie appartenant successivement à l'Île-Bouchard et à l'archevêché de Tours. Le château médiéval, partiellement détruit pendant la guerre de Cent Ans, est encore visible par son donjon du XIII° siècle et quelques vestiges du XV° siècle, complété par l'église du XVI° siècle et quelques logis en tuffeau des XV° et XVI° siècles (avec fenêtres à meneaux, toits d'ardoises et lucarnes ouvragées).
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Candes Saint Martin est surtout connu pour son église collégiale des XII et XIII° siècle. Erigée sur l'emplacement d'une église primitive, mal connue, établie par Saint Martin en 387, on y discerne deux périodes de construction : 1/ un style gothique à réminiscences romane (chapelle Saint Martin, chœur et transept) - 2/ le passage d'une nef avec un haut et large vaisseau central flanqué de deux bas-côtés plus bas et plus étroits à une nef à trois vaisseaux tandis que la façade nord est enrichie d’un porche monumental surmonté d’une chapelle dédiée à Saint Michel. Pendant la guerre de Cent Ans, apparaissent des fortifications : créneaux et mâchicoulis, chemin de ronde et bretèche.
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Le porche (vers 1250) est massif, rectangulaire, et à deux étages. Il est couvert de voûtes s’appuyant sur une fine colonne centrale. La porte de l’église comporte cinq voussures. Le premier rouleau est couvert de scènes du jugement dernier. Sur le tympan largement mutilé, figure le Christ entre la Vierge et Saint Jean. Dans les ébrasements, des niches abritent des statues évoquant la correspondance entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Dans les soubassements, la statuaire aujourd'hui mutilée, est très hétérogène : têtes de saints et de rois au milieu d’un décor de végétaux, d’anges et de masques.
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La façade nord est composée de deux registres superposés de statues : une première série incomplète entoure le portail, une seconde, séparée de la première par de fines colonnes, est mieux conservée. Elle ne semble pas obéir à un programme iconographique précis, les apôtres étant mêlés à des statues de saints. Une bretèche, construite au XV° siècle pour défendre l'église, interrompt l’arcature supérieure de la façade.
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La façade ouest est flanquée de deux contreforts d’angle, surmontés au XV° siècle de créneaux et de mâchicoulis. Deux autres contreforts plus petits amortis en pinacles s’appuient contre le pignon et encadrent la porte. La faible élévation du flanc sud s’explique par la pente de la falaise. Le chevet, très sobre, est percé uniquement de grandes baies.
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Les trois nefs d’égale hauteur donnent un effet de verticalité, comme dans la cathédrale de Poitiers (alors que le projet initial prévoyait une nef flanquée de deux bas-côtés plus bas et plus étroits), les piliers formés de colonnes juxtaposées contribuant à cette impression. Les voûtes bombées (dites « voûtes angevines » ou de « style Plantagenêt »), typiques du gothique angevin, datent des années 1250.
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Le chœur et le transept, couverts de voûtes d’ogives antérieurs, construits à partir de 1180 et terminés au début du XIII° siècle, se rattachent à la tradition romane.
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Les décors sculptés sont nombreux. Les liernes, la retombée des nervures et les clés de voûte sont richement ornées de sculptures polychromes : le massacre des Saints Innocents, des sculptures de Saint Martin debout sous un dais, Saint Pierre et Saint Paul tenant les instruments de leur supplice, Saint André et Saint Thomas, ... La nef centrale est décorée par une iconographie très complète et complexe.
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La chapelle Saint-Martin : A gauche du chœur, un étroit passage ouvrant sur le transept permet d’accéder à la chapelle Saint Martin qui renferme le tombeau du Saint, surmonté d’un gisant. Dans l’absidiole, une verrière représente Saint Martin en évêque, ses armes d’officier de l’Empire à ses pieds. Sur la gauche, un vitrail représente l’enlèvement du corps de Martin par les Tourangeaux.
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La prieurale Notre-Dame de Cunault est probablement la plus grande église romane de France sans transept. Sur les lieux d'un monastère fondé au IV° siècle par Maxenceul, disciple de Saint Martin, l'église actuelle est construite en pierre de tuffeau entre le début des XII° et XIII° siècles. Elle va connaître une période de prospérité grâce au protectorat de plusieurs seigneurs d'Anjou comme Foulque Nerra. Après la guerre de Cent Ans et les guerres de religion, la prieurale est dépeuplée, elle ne comptera plus que quelques moines. Au milieu du XVIII° siècle, le prieuré est supprimé et l'édifice partagé, le cœur vendu, seule la nef reste ouverte au culte et devient église paroissiale après la destruction de l'église Saint Maxenceul (Ancienne église paroissiale du XIIe, détruite en 1754, située dans l'enceinte du cimetière de Cunault) toute proche. A la révolution, l'édifice est vendu comme bien national et c'est sous l'impulsion de Prosper Mérimée que la restauration sera entreprise, à partir de 1838. Dans son état actuel, les bâtiments conventuels ont disparu (ils se situaient vraisemblablement au sud). L'église se caractérise par un intérieur de grande dimension, un très large déambulatoire lumineux ...
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et surtout de nombreuses fresques murales remarquablement conservées.
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On y trouver la châsse de Saint Maxenceul, fondateur de l'église, et une piéta du XV° siècle.
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Le tympan, avec des traces de polychromie évidentes, représente une Vierge en majesté qui trône sur deux niveaux (ses jambes sont au niveau du linteau), l'enfant Jésus (décapité) est sur ses genoux, deux anges l'entourent.
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Le clocher, de la fin du XI° siècle, s'élève au niveau de la cinquième travée. Il présente trois niveaux de baies en retrait successif, le premier comporte cinq baies cintrées, le deuxième trois baies de plus grande taille et le troisième quatre baies, le tout étant coiffé d'une flèche pyramidale.
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La nef comporte cinq travées, les trois premières datent de 1170 et sont voûtées de style « gothique angevin » (la voûte est bombée de sorte que la clef de voûte est plus élevée que la clef des arcs formerets). Les deux dernières sont romanes et voutées en berceau brisé.
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Les collatéraux sont couverts de voûtes d'arêtes. Le vaisseau central est aveugle. La cinquième travée du collatéral sud soutient le clocher. Elle est voûtée par une coupole sur trompe.
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Les chapiteaux sont remarquables, quoique difficiles à observer raison de la hauteur des arcades, et variés : motifs végétaux historiés ou bestiaire fantastique.
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Il n'y a pas à proprement parler de transept, mais les sixième et septième travées du vaisseau central sont bordées de collatéraux dédoublés qui ouvrent sur des absidioles voûtées en cul de four. Le deuxième collatéral sud est plus étroit que son équivalent au nord.
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Le choeur, constitué de quatre travées droites et d'un rond-point à cinq pans, est ceint d'un déambulatoire ouvrant sur trois chapelles rayonnantes. Dans la chapelle rayonnante sud, il subsiste quelques traces de fresques polychromes.
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L'église Saint Eusèbe de Gennes domine la Loire d'une cinquantaine de mètres. On connaît relativement mal son histoire. Elle fût bâtie en plusieurs phases sur les vestiges d'un temple gallo-romain : nef des X et XI° siècles, tour des XII et XIII° siècles et flèche du XV° siècle. Son style roman primitif est visible dans le cœur, les absidioles à voûtes en cul de four et le transept en berceau brisé. Abandonnée au XIII° siècle et déconsacrée à la Révolution, l'église sera démantelée, la charpente réutilisée pour l'église voisine de Saint Vétérin, les cloches fondues pour fabriquer monnaies et balles de fusil. Détruite partiellement pendant la seconde guerre mondiale, elle est maintenant restaurée et abrite le mémorial des « cadets de Saumur » tués en 1940 lors de la défense de la ville.
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Un week-end très riche d'émotions, de belles rencontres, de belles personnes.
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Bruno

3 mars 2012

Domaine aux Moines à Savennières (49)

Dernière étape de notre périple à Savennières, chez Tessa Laroche du domaine aux Moines, en appellation Savennières-Roche-aux-Moines.
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Nous débutons par une visite complète et très précise du domaine, depuis les vignes de cabernet franc, les jeunes pousses en devenir et les vignes situées derrière le parc du domaine. Magnifique promenade sous la houlette de Tessa qui nous a parfaitement expliqué la gestion de la vigne et sa conversion au bio.
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La dégustation commence par quelques 2011 sur fûts, avec un intérêt pédagogique pour le béotien que je suis, celui d'essayer de déceler les différences suivant les fûts utilisés et leur contenance (les vins n'étant pas "terminés", je resterai simplement factuel, sans donner de 'notes').
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Fût n° 1 (400 litres / de 2008 / producteur 1) : un nez très fruits exotiques, sur l'ananas et le pamplemousse. Joli gras minéral.
Fût n° 2 (400 litres / de 2009 / producteur 2) : un nez plus floral et plus minéral à la fois. La bouche est plus tendue, avec une légère sensation de boisé. Corpulence un peu plus marquée.
Fût n° 3 (220 litres / de 2009 / producteur 3) : fruit et gras, très salin au nez. La bouche montre une grande longueur et une tension finale plus marquée.
Fût n° 4 (220 litres / de 2010 / producteur 3) : un nez plus boisé, avec un léger perlant. Une pointe supplémentaire d'épices et de fumé. La finale est plus réduite.
Fût n° 5 (220 litres / fût neuf / producteur 3) : retour de notes fruitées au nez, ananas / menthe et eucalyptus. Boisé léger en bouche, contrebalancé par un mentholé du plus bel effet. Finale proche de celle rencontrée sur le fût n°2.
Le point commun entre tous ces échantillons (non terminés d'ailleurs) : l'équilibre entre gras / tension et minéralité.
Sur cuve : le nez est très fruité, ananas et pamplemousse, mais apparaît plus "raide" et plus "brut de décoffrage". La bouche est étonnamment ronde  et grasse (Tessa suggère que la malo est faite ou en cours). On retrouve enfin une finale sur l'ananas, comme pour les élevages sous bois.
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Après cet exercice très pédagogique, nous allons dégusté trois vins en bouteilles, deux secs et un moelleux.
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Savennières Roche aux Moines 2010 : nez d'agrumes miellés, avec une sensation agréable de gras et de minéralité très profonde. La bouche est énorme, tant pour la corpulence que pour sa granulosité. Bel équilibre entre acide / schiste et gras. Finale très saline, fraîche et tendue. Très Bien+
Savennières Roche aux Moines 2004 : un vin plus sur un équilibre sec-tendre. Belle rondeur, mais avec toujours ce retour sur une minéralité très tellurique. Sans doute de garde plus courte. Bien+++
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Nous finissons enfin par un moelleux avec ce Savennières Roche aux Moines, cuvée de l'Abbesse 2010 : un nez sur l'ananas confit avec une sensation de léger boisé. Un équilibre demi-sec, minéral, avec des amers nobles, salins, long et frais. Bien++
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Voilà, encore une très belle rencontre qui conclut ce week-end. Un grand merci à Tessa pour sa disponibilité, ses explications et l'organisation de cette dégustation aussi originale qu'instructive.
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Bruno

Visite chez Catherine et Philippe Delesvaux

En ce samedi matin, RDV « traditionnel » pour un voyage ligérien réussi chez Philippe Delesvaux à la Haie Longue, sur la corniche angevine. Nous sommes reçus par Catherine et Philippe.
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La visite débute par un rappel de la géographie des lieux, puis de la géologie, dans cette micro-région située aux confins de l'Anjou blanc et de l'Anjou noir. Philippe a coutume de le dire, c'est un véritable résumé de la géologie mondiale que l'on peut trouver ici, comme le montre la photo ci-dessus, témoin de la variabilité géologique du sous-sol :
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(de haut en bas et de gauche à droite) cinérite dite pierre carrée, constituée de cendres volcaniques acides agglomérées, quartz et grès
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Nous prenons ensuite la voiture de nos hôtes pour découvrir quelques lieux particuliers, sorte d'indispensable complément sur le patrimoine historico-culturel et humain avant la dégustation, bref une véritable humanité dont Catherine et Philippe nous ont gratifié. Merci beaucoup pour cette parenthèse intemporelle, qui fait que je me sens plus riche intellectuellement aujourd'hui. Juste deux illustrations
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le chevalet - restauré - de la mine des Malécots à Ardenay (et son terril),
vestiges d'un passé révolu
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l'un des moulins à vent d'Ardenay en cours de restauration
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Ensuite, place à la dégustation en trois temps, rouges, blancs et sucres.
Commençons par les rouges 
Anjou rouge, Montée de l'Epine 2010 : un vin issu de 100 % de cabernet sauvignon. Concentration, richesse élégante, fruité réglissé (petits fruits rouges acidulés) et gourmandise. Magnifique de simplicité et de spontanéïté. Très Bien
Anjou rouge, le Roc 2011 (100 % cabernet franc) : un vin de demi-corps, frais, avec un léger perlant. A attendre de toute urgence. Bien+
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Poursuivons par les blancs secs
Anjou blanc, Feuille d'Or 2008 : un nez tourbé, anisé et minéral. Belle bouche tendue, minérale, un toucher salivant. Très Bien
Anjou blanc, Authentique 2008 : même construction pour ce vin, avec toutefois un supplément de fraîcheur (menthol), de tension et de cristallinité. Belle corpulence sur un registre droit. Très Bien++
Anjou blanc, Feuille d'Or 2009 : un blanc sur un équilibre sec-tendre, présentant un joli gras bien équilibrée avec une minéralité salivante. Très Bien
Anjou blanc, Authentique 2009 : Joli volume, gras élégant, amertume noble, rôti salivant. Excellent
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Terminons enfin par les sucres
Coteaux du Layon, les Clos 2010 : un nez frais, mentholé, tourbé et charbonné à l'aération. La bouche est clairement carbonifère, rôtie, bâtie sur une belle tension (acidité). Salinité très très salivante en finale. Excellent
SGN 2008 : Opulence mais équilibre, tension minérale et amertume noble sont les caractères principaux de ce vin. Une touche de sucre candy et de zan. Magnifiquement astringent, tout en noblesse. Excellent
SGN 2009 : un vin qui m'a paru plus capiteux en attaque, plus riche et plus long. Peut-être un manque d'élégance dans son état actuel. Très longue garde à prévoir, sur un modèle « 1997 ». Aujourd'hui Bien++. A terme, excellent et plus
SGN 2010 (sur cuve) : bien sûr, c'est un bébé, mais il se dégage de ce vin un fruité type ananas confit et une richesse digne des meilleurs Sauternes. Puissance en devenir et à dompter. Déjà bien salivant en finale. Très Bien++
SGN Anthology 2010 (sur cuve) : une cuvée rarement produite, uniquement sur les très grandes années. Nez de demi-sec graphité, de fruits exotiques confits et même de pâte de fruits. Le caramel au lait est également présent. Finale tendue. Sera nul doute magnifique dans 20 ans
SGN Anthology 1997 : le (très) grand frère du précédent. Rôti, amertume noble, graphite / charbon et zan au nez. La bouche recèle une magnifique liqueur, rôtie, sur des amertumes nobles et gourmandes, des notes d'abricots secs, de zestes confits, et toujours cette sensation (en second plan) de minéralité parfaitement intégrée, qui tient le vin et l'équilibre (malgré un taux de sucres de près de 450 g/l !). Magnifique
Un grand merci à Philippe et Catherine pour leur geste aussi généreux et que discret : nous laisser cette bouteille à peine entamée, sur la pointe des pieds, presque en catimini. Bref, la spontanéité et la sincérité qui, je le pense, ressemble sans doute un peu à de l'amitié. J'essaierai d'en faire bon usage.
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Nul doute que nous reviendrons prochainement, tant pour l'accueil que pour les vins encore en élevage ...
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Bruno

2 mars 2012

Le domaine de Saint Just à St Just sur Dive (49)

Deuxième rendez-vous en ce vendredi de week-end prolongé au domaine de Saint Just, pour ce qui sera ma troisième visite (hormis les deux rencontres du Grand Tasting au cours desquelles j'avais bien sympathisé avec Arnaud Lambert).
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Malgré son absence due à un salon à l'étranger, nous avons été particulièrement bien reçus. Les bouteilles ont été ouvertes le matin même, de façon à ce qu'elles puissent s'aérer correctement. C'est vraiment très agréable de se sentir attendu, mais toujours en toute décontraction.
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Depuis quelques temps, le domaine a en charge la conduite des vignes du château de Brézé. C'est donc une dégustation comparative que nous avons effectuée.
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Les blancs
Saumur, les Perrières 2010 : (terroir limoneux sur craie / craie sablo-limono-glauconieuse micacée) un nez sur une extrême sensation de fraîcheur, citron vert confit, léger gras, notes de pamplemousse, velouté et belle acidité fine. La bouche est complètement en adéquation avec le nez. Bien++
Saumur, Coulée de St Cyr 2010 : (sol calcaire du Turonien supérieur / sables calcaires faluniers et marnes localement rubéfiées) après une légère réduction qui s'estompe rapidement, le vin apparaît sous un aspect très vineux, sérieux. Beau gras, complété par des notes fraîches type fenouil. La bouche est magnifique, sur un registre légèrement salin, traçante et tellurique, terriblement séduisante. Très Bien
Saumur, château de Brézé, château blanc 2010 : un nez très gras, mentholé, réglissé et minéral. La bouche est vineuse, peut-être un peu courte en finale. Bien
Saumur, château de Brézé, Clos David 2010 : un nez très floral, une touche de citron vert et des fragrances de menthol. La bouche est magnifique d'équilibre et de puissance, droite, précise, florale, une acidité parfaitement intégrée. Extrêmement long. Un vin qui va être difficile à conserver tant il est déjà bon aujourd'hui. Très Bien+
Saumur, les Perrières 2011 (sur cuve) : notes de pamplemousse et de citron. Le vin est reposé, dense, volumineux et traçant. Très Bien
Saumur, château de Brézé, la Rue 2010 (sur cuve) : nez très profond, séveux et sérieux. La bouche montre une structure tout en longueur, sur des notes de poire. Equilibre, acidité intégrée et sensation traçante viennent compléter mes impressions. Excellent
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Passons maintenant aux rouges
Saumur, château de Brézé 2010 : un vin tout en fruit (fruits rouges), concentré, sur le réglisse. Peut-être un léger déficit d'acidité. Bien
Saumur Champigny, Terres Rouges 2010 : (terroir limoneux sur craie / craie sablo-limono-glauconieuse micacée) un vin plus rond, plus tannique et plus concentré que le précédent. Sans sacrifier au fruité gourmand, il présente une belle structure. Bien++
Saumur Champigny, Montée des Roches 2009 : (sol calcaire du Turonien supérieur / sables calcaires faluniers et marnes localement rubéfiées) Fruits rouges mûrs et intenses, quelques notes d'épices douces. La bouche est à la fois moelleuse et tendue, les tannins montrent une astringence noble pleine de promesses. Très Bien
Saumur Champigny, Clos Moleton 2008 : (sol calcaire du Turonien supérieur / sables calcaires faluniers et marnes localement rubéfiées) un nez fumé, sur la pâte d'amande et la réglisse, des notes de fruits (rouges et noirs) mûrs. Très belle bouche minérale, les tannins sont très frais et très élégants, enrobés par un gras élégant. Les épices sont présentes. Très longue persistance, sur un registre enveloppant. Très Bien++
Saumur, château de Brézé, Clos du Tue-Loup 2010 : Excellence de ce vin mêlant les fruits rouges, une pointe lactée élégante, une belle minéralité, de la mâche et un toucher de bouche sur un registre frais et très long. Excellent
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Pour finir, un "petit liquoreux", le coteaux de Saumur, Clos Bonne Nouvelle 2009 du château de Brézé : le nez est rôti et confit, sur un équilibre qui m'évoque le doux-amer. En bouche, zestes d'agrumes, fraîcheur et moelleux. Bien++
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Un grand merci à l'équipe du domaine de Saint Just pour sa disponibilité, son accueil et sa prévenance.
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A très bientôt pour une nouvelle dégustation.
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Bruno

Pierre Sourdais à Cravant les Coteaux (37)

C'est un domaine que je connais depuis 2004, année où nous avions passé une semaine dans l'un de ses gîte maintenant réservé à ses enfants (qui travaillent sur le domaine).
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Situé à Cravant les Côteaux, le domaine Pierre Sourdais possède 27 ha de vignes caractérisés par une grande variété de sols, dépôts légers de la vallée de la Vienne (gravières), coteaux et plateaux argilo-calcaires ou siliceux. Le domaine est actuellement en cours de certifiiation « bio ».
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Nous sommes reçus en ce vendredi matin un peu brumeux par Pierre Sourdais en personne, un personnage très attachant, un peu original (il a creusé un véritable caveau dans le tuffeau, sous son chais), amoureux de son métier, et qui sait transcender les qualités du cabernet franc suivant les terroirs.
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Place donc à la première dégustation d'un week-end ligérien riche.
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Chinon, les Rosiers 2010 : (jeunes vignes de terrasses des bords de Vienne - élevage en cuve) l'archétype du vin de plaine et de graviers, frais, vif, très fruits rouges, de demi-corps et gouleyant. Un vin simple mais très bien fait ... et pour un prix modique (5,10 €). Bien+
Chinon, tradition 2010 : (assemblage de vignes de plaine et de coteaux, âges multiples - élevage en cuve) belle sensation vineuse générale. Légère perception boisée qui traduit en fait une pointe de réduction. Un vin plus sérieux qui sait rester frais. Toujours ces fruits rouges. Bien+++
Chinon, tradition 2009 : un vin que j'ai personnellement trouvé un peu en retrait du précédent, sans doute plus mou (manque d'acidité lié au millésime). Bien
Chinon, cuvée Stanislas 2008 : (sols argilo-calcaires et siliceux, vignes âgées jusqu'à 60 ans - élevage en foudres de chêne, entre 12 et 18 mois) très vineux, sur un équilibre entre tannins, acidité et fruits mûrs. Profond, avec une sensation réglissée des plus agréables. Très persistant en finale. Sans doute le plus beau vin de la série pour moi. Très Bien+
Chinon, cuvée Stanislas 2009 : un vin qui apparaît plus volumineux, sans doute un peu dissocié en l'état mais tous les constituants sont présents pour un bel avenir. Jolis tannins encore à polir. Bien+++
Chinon, les Boulais 2009 : (sélection parcellaire issue d'un plateau dominant le Vieux Bourg, sur terrains argilo-calcaires avec cornuelles, pierres blanches et dures - vignes de plus de 50 ans - élevage en fûts comme la cuvée Stanislas). Une cuvée qui n'est produite que les grandes années. Bâti sur une structure tannique impressionnante, mais qui ne sacrifie en rien à la fraîcheur et à l'équilibre. Belle acidité intégrée. Très élégant. Garde de 10 ans obligatoire, mais sera Très Bien à terme.
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Voilà, nous prenons quelques cartons, avant de quitter la Touraine pour la région voisine de l'Anjou blanc. Suite de notre périple très prochainement.
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Bruno