3 août 2017

Le Relais d'Arc et Senans (39)

Je veux vous parler d’une très belle découverte faite à l’occasion de la visite (et d’une nuit) à la saline royale d’Arc et Senans, le Relais d’Arc et Senans qui propose une restaurant de très beau niveau à prix très doux.
Pour preuve, nous avions choisi le Menu-Carte à 3 plats (entrée / plat / dessert) pour 32 € par personne.

Salade aux Queues d'Ecrevisses, Ravioles de Royan et Petits Légumes

Croustillant Fromager (au Comté, Morbier et Chèvre Frais) et son mesclun aux Noix


Filets d'Omble Chevalier, Sauce aux Ecrevisses, Risotto au Comté

Moelleux de Chocolat Noir, Crème aux épices, Sorbet Cassis

Verrine Melon, Framboises, Mures Infusés au Thym
L’Etoile, Philippe Vandelle 2010 : un blanc qui jaunit doucement, avec une belle acidité qui étire le vin, une aromatique enveloppante mais qui sait rester fraîche et une allonge superbe. Finale salivante à souhait. Excellent

Arbois, Cuvée des docteurs (Melon à Queue Rouge), Lucien Aviet et fils 2015 : charme du cousin du Chardonnay, avec un supplément de minéralité sur le silex, une tension complétée par une belle aromatique, persistance et empreinte superlative sur la langue. Vite, l’adresse de ce producteur ! Excellent +
Très bon accueil, service décontracté, plats très bien réalisés et une addition douce (170 € à quatre), sans compter une carte des vins certes courtes mais très intéressante.
Je vous recommande vivement cette adresse.

Bruno

2 août 2017

Dégustation au domaine Jean Macle à Chateau-Chalon (39)

Dans le magnifique village de Château Chalon (ouiii ouiii ouiii comme dirait Stéphane Bern), une visite de vigneron est incontournable. Et comme on se contente du meilleur, nous avions pris RDV au domaine Jean Macle, connu et reconnu comme le sommet du rocher jurassien.
Nous sommes reçus par Madame Macle mère qui nous propose une très belle dégustation, ponctuée de recettes de cuisine et agrémentée de quelques « vieilleries ».
En route pour une symphonie des fragrances et des saveurs.
Le Côtes de Jura 2012 présente un nez jurassien typique, laissant une impression de douceur et de complexité. Quelques notes « jaunes » viennent compléter la floralité chardonnesque. Bouche fraîche, peu typée, présentant une rondeur avenante et une acidité tonique qui n’aura de cesse d’allonger le vin. Finale sur les noix fraîches, une amertume vivifiant et un peps presque « perlant ». Excellent
Le Château Chalon 2008 présente un nez typique de jaune, complexe, avec un supplément de fraîcheur sur la menthe, mais pas que. Epices fraîches, noix vertes et anisé (curcuma) viennent apporter une élégance à la corpulence du vin. En bouche, c’est à la fois rond et tendu, avec un surplus d’allonge et d’énergie, sur un registre toujours fin et élégant. Finale acidulée laissant une très grosse (et longue) empreinte. Vibration ultime. Excellent ++
Un Château Chalon 1982 qui «traînait » évoque les grands chardonnay au nez, avec la corpulence, la floralité et un grillé à la Coche-Dury. A l’aération, des notes d’amandes apparaissent. Bouche douce, sur les épices légères et la tension. Les notes de « jaune » s’intègrent parfaitement à l’ensemble, grâce à l’acidité de structure. Fraîcheur ultime en finale, interminable sur les papilles. Accord magique avec un Comté fruité (mi-affiné). Exceptionnel
Le Côtes de Jura 1983 n’est pas en reste, avec les classiques du Jura, mais complétés par la noix verte et une pointe réglissée du plus bel effet. A l’aération, quelques notes aldéhydiques se mêlent aux amandes du Chardonnay. Bouche sur un équilibre presque bourguignon, rondeur tendue et charmeuse, complétée par de belles note jurassiennes sur une finale à la fois effilée et tout en rondeur ! Paradoxe bien agréable des grands vins. N’a pas à rougir face à son ainé dans la gamme. On approche l’exceptionnel
On termine la dégustation par un Macvin 2010 dont le nez m’évoque le Marc (du Clos de Tart), un fond boisé et surtout des notes d’agrumes oranges (Cointreau). Finesse en bouche malgré la charge alcoolique, aromatique forte portée par les oranges amères et sucrosité mesurée et bien équilibrée. Quelques notes de pineau sur la finale. Excellent ++
Nous remercions Madame Macle mère pour son accueil, ses explications et surtout la possibilité d’avoir gouté quelques vieux millésimes. Grand(s) terroir(s), grand vigneron et très grand accueil. Nous avons tutoyé les sommets l’espace d’un instant.
Bruno

1 août 2017

Foncine le Haut - vue du gîte

C'est beau les hauts plateaux du Jura vus depuis notre gîte de Foncine le Haut

Mode jour

Mode coucher de soleil

Bruno

31 juillet 2017

Dégustation chez Jacques Tissot (Arbois, 39)

Crédit photographique : domaine Jacques Tissot (c)

Première visite de vigneron lors de notre séjour jurassien. Alléché par une découverte récente (ICI), nous voilà donc chez Jacques Tissot, sous les arcades de la place centrale d’Arbois, dans un lieu un peu atypique puisque plus proche d’un magasin que d’un domaine.
Très bel accueil, au cours duquel nous avons pu déguster une belle partie de la gamme du domaine.
L’Arbois Naturé 2015 (100 % savagnin élevé en cuve) est un vin de soif très floral, avec un nez citronné qui « sauvignonne ». Bouche très tonique, saline à souhait, avec une finale qui a du peps. Vin de copain sur un registre immédiat. Très Bien +
L’Arbois Chardonnay, Corvée sous Curon 2015 présente un très beau nez floral, profond sur des notes d’amandes, toujours étiré. La bouche révèle une tension liée à une acidité de belle origine, ne cachant par une aromatique bien développée, une légère pointe de « jaune » en sus. Grasse et équilibrée, elle se termine par une finale claquante, laissant une grosse empreinte (fraîche et ronde) sur la langue. Excellent
L’Arbois Blanc Typé 2013 (60% de chardonnay et 40 % de savagnin) présente un nez complexe, sur la noix, une pointe de curry, avec un côté floral et fruité bien présent. Bouche délicate, avec une pointe de « jaune » équilibrée par une grande et belle tension presque minérale. Beaux amers sur la rétro-olfaction, équilibrant un fin de bouche presque acidulée. Excellent (+)
L’Arbois Vin Jaune 2009 possède un nez riche, sur un équilibre très complexe. On ressent déjà la pâte de noix fraîches et de beaux amers étirant. Bouche complètement en accord, avec un supplément d’épices douces, d’amers évoquant la peau de noix et d’une persistance absolue. Final claquante et salivante pour laisser une impression de douceur et de velouté. Un vin corpulent de grande qualité. Excellent +
Voilà, un accueil au top, une gamme dégustée certes courte mais de (très) haut niveau et des prix qui savent rester doux. Je vous recommande cette découverte qui est devenue maintenant une valeur sûre.
Bruno

15 juillet 2017

Retour à Frichemesnil (Seine-Maritime)


Retour en Pays de Caux pour un déjeuner familial à Frichemesnil, au restaurant étoilé « Au Souper Fin ».

Nous avons opté pour le menu « Suggestion du chef » composé d’une entrée, d’un plat, d’un plateau de fromages et d’un dessert.

Bouillon de volaille à l’Ail des ours et petit épeautre, foie gras chaud poélé

Bar de ligne en carpaccio, bonbons de crevette, langoustine snackée, pousses et herbes du jardin

Turbot pêche côtière de Dieppe, légumes à la niçoise, fumet crème au pistil de safran

Plateau de fromages (hum …)

Nougat glacé, fruits rouges de saison

Mille-feuilles à la vanille bourbon

Macaron fraises gariguettes et compotée de rhubarbe

Feuillet caramélisé, framboises et crème citronnée

Pour accompagner ce repas.
En apéritif, un Champagne Billecard-Salmon plutôt vif et tendu, avec un joli enrobage, une sorte de rondeur briochée qui fait le contre-point. Finale salivante, un vrai sec qui penche vers une douceur toute avenante, florale et fruitée. Belle « bulle » fraîche. Très Bien +
En entrée, un Arbois Chardonnay, Vieilles vignes, les Corvées sous Curon 2013, Jacques Tissot : superbe aromatique sur un oxydatif ménagé du plus bel effet, notes florales et beaux amers au nez. Une bouche sur un fruité intense (fruits blancs) d’une belle maturité, corpulente et ronde tout en restant traçante. Finale longue, de beaux amers nobles étirant. Excellent (+)
Avec le poisson, un Puligny-Montrachet 2014, François Buisson (Buisson-Battault) : un palier supplémentaire dans la finesse et la puissance. Nez magnifique sur un élevage encore présent mais élégant, des notes d’amandes grillées alliées à des amers salivant. Bouche corpulente, fraîche, presque mentholée. Grosse empreinte en bouche, jusqu’à une finale vibrante. Excellent ++
Avec les fromages, nous sommes partis sur un rouge ! Grand bien nous a pris avec ce Chinon, les Pierres Chauds 2014, Fabrice Gasnier : un nez qui explose les fruits rouges, sur la cerise principalement, une pointe de végétal noble, une sensation tannique encore granuleuse (dans le bon sens du terme). En bouche, confirmation d’un grain tannique superlatif, complètement intégré à un substrat fruité, le cabernet franc droit mais sans notes de poivrons verts. Belle acidité qui laisse penser à une garde encore bien confortable. Très belle découvert. Excellent +

Confirmation une nouvelle fois de l’excellence de la table, tant pour l’accueil, le service et la cuisine d’Eric Buisset. Une valeur sûre en Normandie, et l’une des plus belles table qu’il m’a été permis de « faire ».
Révélation avec une carte des vins qui recèle de belles pépites à des tarifs très doux, notamment pour les appellations peu connues ou peu médiatisées.
Nous y reviendrons avec plaisir.

Bruno

2 juillet 2017

Réunion du bureau du Gunthard Club

Le temps n’a pas d’importance, seul le résultat compte. Il nous aura fallu attendre près de 10 ans pour délocaliser le Gunthard Club dans le département des Yvelines. Et le résultat fût largement à la hauteur de notre attente (et de nos espérances). Repas maison concocté de main de maître par Oliv surnommé parfois la « Grande P » dans les milieux autorisés et qui avait, pour l'occasion, mis les petits plats dans les grands. Le thème : l’amitié, le partage et surtout ne pas se prendre au sérieux ni se prendre la tête. Objectif atteint !

Pour une fête plus folle, les étiquettes n’ont été découvertes qu’après le service.

En apéritif

Champagne, Cuvée 733 Dégorgement Tardif, Jacquesson : ce vin (base 2005) présente au nez une belle évolution, sorte d’oxydation ménagée vivifiante, associée à une aromatique très agréable. En bouche, l’élégance domine, avec une acidité fine, une belle vivacité et une pointe minérale qui vient complexifier l’ensemble. Fraîcheur, légère rondeur en finale, sur des amers presque poivrés. Très Bien + (+)

En entrée : langoustine grillée et sa bisque, chaud-froid de petits pois pour les uns, sole grillée et sa sauce crémée, chaud-froid de petits pois pour les autres (les allergiques)


Pouilly-Vinzelles, Le ciel pour seule limite 2014, Jules Desjourneys : très joli nez grillé, qui ne cache pas l’élégance du vin. En bouche, c’est  extrêmement complexe, gras, grillé, opulent … et tendu ! Une pointe vanillée me fait penser à un vin jeune. Quelques notes de pierres chaudes évoquent (après découverte de l’étiquette) le Macônnais. Finale traçante, avec un retour sur de beaux amers nobles, laissant une grande et belle empreinte en bouche. Très Bien + (+)

Alsace, Riesling, Clos Windsbuhl 2008, domaine Zind-Humbrecht : un nez qui pétrole, mais sans ostentation. Complexe, frais et déjà salivant. Bouche construite sur une belle structure acide, une minéralité saline marquée et une fraîcheur superlative, sorte de « turbo-fraîcheur ». allonge sublime et salivante. Excellent +

Avec une épaule d’agneau et pommes de terres sautées

Charmes-Chambertin Grand Cru 2002, domaine Taupenot-Merme : nez assez fruité, sur une aromatique prometteuse. Bouche largement en deçà, avec une (trop) grande acidité pas ou peu intégrée. Manque de définition en bouche, et finale plutôt asséchante. Juste honnête

Romanée-Saint-Vivant Grand Cru 2008, domaine de la Romanée-Conti : dès le premier nez, on bascule dans un univers étrange, fait à la fois de subtile élégance et de puissance mesurée, dans une ambiance « fondue ». Corbeille de fruits bien murs, mais pas en sur maturité, avec des touches de fraises. En bouche, c’est un concerto de Mozart, synthèse parfaite de toutes les virtuosités. Puissance élégante, douceur associée à une acidité superlative et totalement fondue, avec une amertume salivante. Rien ne dépasse, mais le vin n’est pas lisse, dessinant une sorte de dentelle. Les ondes gravitationnelles existent : je l’ai ai majestueusement rencontrées dans mon verre ! Deuxième expérience avec les vins du DRC, deuxième ravissement tant la précision est au RDV (Merci au Président). Sublime

Saint-Emilion Grand Cru Classé A, château Cheval Blanc 1993 : petite année ou année délicate qu’ils disaient ! Dès le premier nez, je pars sur un vieux cabernet avec ces notes de poivrons murs, ce fruité intense et profond, plus bordelais que ligérien. En bouche, puissance bien sur, mais sans sacrifier à une certaine douceur. Beaux amers salivants, évoquant un réglissé poivré. Finale d’une belle longueur et d’une grande complexité. Excellent +

Avec le plateau de fromages

Meursault premier cru Charmes 2005, domaine Henri Germain : un Meursault construit sur la tension et la puissance, qui viennent compléter et allonger une opulence sur des amers nobles. Traçant, jusque dans sa finale. Excellent

Côtes du Jura, Chardonnay 2006, Jean Macle : nez sur une belle aromatique jurassienne, doucereux sans lourdeur ni mollesse, d’élégantes notes de noix vertes, dégageant une sorte de fraîcheur mentholée surperlative. Bouche à l’avenant bien sur, avec ce côté sec / tendre élégant, des touches de curry et un bel enrobage des papilles, jusque dans une finale étirée, vibrante et soyeuse. Accord magique avec le Comté. Excellent +

Avec le dessert : panna cotta et fruits rouges

Gewurztraminer Sélection de Grains Nobles 2005, domaine Paul Ginglinger : Léger pétrole au nez, complété par des notes fraîches, typées menthe poivrée. Impression immédiate d’opulence et de gras. En bouche, le vin se caractérise par une sucrosité bien marquée, une richesse et une aromatique développée et un équilibre entre opulence et acidité pas encore complètement établi. Un vin encore très jeune, qui finit sur des notes épicées salines, très salivante. Excellent aujourd’hui (potentiellement plus encore)

Mosel-Saar-Ruwer, Riesling Auslese, Erdener Prälat 1990, Sanctus Jacobus : nez typique des « auslese » mosellans, sur un registre plutôt frais, élégant et d’une aromatique fine. Grande tension en bouche, charge de sucres complètement équilibrée, un vin de demi-corps presque évanescent, dans le bon sens du terme. Excellent

En conclusion, un repas exceptionnel accompagné de vins exceptionnels. Merci au « Polit-Buro » du Gunthard Club réuni en comité restreint pour cette parenthèse dont l’objectif était (aussi) d’étrenner les Thiers Chambriard achetés lors d’une escapade commune. 10 bouteilles à 6, c’est une bonne et belle moyenne.
A très vite et bonnes vacances.

Bruno