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1 janvier 2011

Pour un passage en 2011 réussi,

rien de tel qu'un réveillon tranquille en famille. Pour l'occasion, petits plats dans les grands, inauguration de notre service de couteaux de table "Thiers" et quelques belles associations entre mets et vins.
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Pour commencer doucement, un très beau Champagne Deutz, BSA, floral, tendrement brioché et beurré, la bouche assez ronde sans lourdeur, une belle acidité et une persistance très appétissante. Très belle entrée en matière.
Servi sur un foie gras au sel, ce Chassagne-Montrachet, premier cru Clos du Château de la Maltroye 2004 du château de la Maltroye m'a surpris par son côté presque 'Puligny'. Je m'explique. Nez assez floral, fin et frais, associé à une première impression minérale intense, sapide et salivante. En bouche, magnifique structure, presque tannique, une sensation de faux-gras, un grillé très élégant, une puissance minérale profonde et opulente. Excellent et très bel accord avec le foie gras.
Sur une poularde de Bresse, sa garniture de morilles et sauce au vin jaune, ce cru L'Etoile 2004 du domaine Baud et fils se caractérise par un nez sur la retenue, évoquant les noisettes et un certain "gout de jaune" (malgré un cépage Chardonnay quasi-exclusif). La bouche est très droite, un peu vanillée, avec une impression d'oxydation ménagée (noix ?). Pour mon gout personnel, un peu trop typé 'Jura' pour que je puisse l'apprécier à sa juste valeur.
Avec les fromages, une fois n'est pas coutume, j'ai choisi un Saint Estèphe Cru Bourgeois, château les Ormes de Pez 2000. Robe foncée très intense, sans signe d'évolution. Un nez riche, sur le poivron mur et le cassis. Bouche structurée, tannins fins, boisé élégant et légèrement épicé. Belle longueur. Un vin très bien fait, sans artifice ni maquillage, mais qui manque d'un petit je-ne-sais-quoi pour provoquer une grand émotion. Bien +++.
Riesling Spätlese, Bernkasteler Doktor 1995, Dr. Thanisch : servi sur des macarons de Pierre Hermé, ce vin révèle une robe très claire, à peine marquée par l'âge. Un nez typique du cépage, sur les essences naphtées, accompagnées de notes d'agrumes fraîches. Forte impression de minéralité intense. En bouche, le vin joue sur un registre d'équilibre, entre forte acidité de structure, sucres résiduels et beau fruité sur les agrumes. Accord judicieux avec les macarons, particulièrement avec les macarons aux truffes (un véritable combat entre ces notes pétrolées d'origines différentes qui nous ont offert un très beau "ton sur ton") ! Excellent.
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Après une courte nuit, un second menu de gala :
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Saint Jacques poellées, purée de patates douces,
sauce crémeuse à l'huile de truffe
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Ris de veau braisé sur son lit de poireaux, sauce au pineau des Charentes
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Pour accompagner ce premier repas de 2011, un grand classique de la maison que ce Savennières Roche aux Moines 1999, domaine aux Moines / Dames Laroche : robe dorée intense, presque ocre. Un nez de fraîcheur, de puissance minérale et de fleurs mellifères. La bouche est suave, fraîche et structurée. La minéralité du cru est agréablement présente, sur des notes schisteuses. Finale sur l'onctuosité et un glycériné toujours frais. Très beau vin.
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Avec les fromages, un Chambolle-Musigny, premier cru Derrière la Grange 2002, domaine Louis Rémy étonnant de puissance et de complexité. Un nez sur les fruits noirs et le cassis, une légère note d'évolution se traduit par des fragrances de pruneaux et de réglisse. La bouche est très riche, plus proche d'un Gevrey Chambertin que d'un Chambolle Musigny. Bel équilibre général entre tannins fins, acidité et fruité. Magnifique persistance en bouche. Excellent.
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Ce soir enfin, pour 'finir' les restes, et surtout se réhydrater après de telles  émotions, fin de la trilogie avec un Riesling, Grand Cru Eichberg 2005 du domaine Paul Ginglinger assez opulent, sur un registre plutôt mur, qui pétrole déjà, et laisse une belle impression de droiture. Bien ++. Puis un Saint Joseph 2006 du domaine Philippe Faury toujours aussi fringuant, nez explosif sur les fruits rouges, une pointe cassissée, un côté à la fois floral et épicé. Une bouche élégante, finement tannique, une impression de faux-gras, toujours sur un registre droit, gourmand et velouté. Excellent. Enfin, pour finir les macarons au chocolat, un Maury, cuvée Prestige 15 ans d'âge du Mas Amiel. Robe sombre, tirant sur le café. Grosse liqueur. Nez sur les pruneaux et les fruits confits, une pointe d'oxydation ménagée. Bouche de demi-corps, enveloppante, encore boisée. Un léger bémol toutefois quant à la persistance. Bien +.
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Voilà, l'année 2011 semble débuter sous de bons auspices.
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En espérant que la décennie à venir nous permettra de nouvelles découvertes et d'aussi nombreuses rencontres, parmi les passionnés, grands malades, vignerons et, au grès des hasards de la vie, à tous ces inconnus qui me lisent ici, dans les pays francophones limitrophes, par delà l'Atlantique ou même sur de lointains continents.
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Je vous souhaite à toutes et à tous une très grande et très belle année 2011.
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Bruno

6 novembre 2010

Je tiens ma revanche (Episode 2)

Traditionnellement, les anniversaires constituent d'excellents prétextes pour multiplier - parfois plus que de raison - les fêtes, entourés d'amis, d'une bonne table et de belles bouteilles.
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Il y a quelque temps, un couple d'amis très chers m'a questionné au sujet de l'anniversaire de Madame. S'agissant d'un compte rond, l'occasion était une nouvelle fois bien tentante pour ne pas résister à la tentation d'un "petit" repas.
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Le programme des sorties-restaurant étant déjà bien chargé pour ces mois de Novembre / Décembre, et étant personnellement un très piètre cuisinier - tout juste capable de griller un steack - ils m'ont aimablement et très amicalement proposé de nous héberger l'espace d'une soirée. Seule contrainte, limiter le nombre de convives à 8 personnes maximum (je m'en excuse auprès des oubliés d'un soir, mais ce n'est que partie remise).
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Il me fallut ensuite convaincre Madame du bien-fondé de la proposition, dans un échange de fond de cours digne d'une rude négociation salariale. Finalement, et malgré les (sou)rires sarcastiques qui se tapissent dans l'ombre et dans mon dos (le train de vos insultes roule sur les rails de mon indifférence), la raison l'a emporté et nous voilà réunis en ce samedi soir.
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Un immense merci à François et Gwenola pour le prêt aussi gracieux que désintéressé de leur appartement et le partage en toute simplicité de leur amitié.
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En amuse-bouche :
  * Trio de St Jacques : juste snackée, carpaccio à la couturière et à l'huile de truffe.
  * Carpaccio de boeuf Salate.
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Au menu :
  * Duo de foies gras (poché façon "vin chaud anisé" - mi-cuit au sel),
  * Côtes de bœuf du bohémien Yves-Marie, rattes et champignons de saison,
  * Le plateau de fromages de l'Oliv,
  * Le tiramisu aux figues façon François et ses macarons divers.
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Pour accompagner dignement ces mets fins, quelques bouteilles ont été dégoupillées (qui dit plaisir, dit non-prise de notes : mes commentaires n'en sont donc que plus succincts) :
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Champagne Krug 1990 : un nez très fin et en même temps dégageant une impression de puissance tranquille, une légère pointe miellée. En bouche, et après une courte aération, le vin est puissant, minéral et très profond.. Trame acide immense qui donne une longue phénoménale au vin. Remarquable accord avec le carpaccio de Saint Jacques "à la couturière" (gingembre, citron vert, huile d'olive et échalote). EXCELLENT.
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Chablis Grand Cru Grenouilles, 2001, Cave La Chablisienne : La robe est jaune pâle, sans indice d'évolution, presqu'encore avec des reflets verdâtres. Un nez sur la coquille d'huitre et la craie pillée et des touches citronnées. Là encore, on retrouve une sensation de corpulence. En bouche, le vin est d'une équilibre tendu, entre puissance minérale, presque 'tannique', acidité et légère rondeur. Se développe dans une finale qui enveloppe la bouche. TRES BIEN ++.
Condrieu, les Chaillets de l'Enfer 2007, domaine Georges Vernay : Changement complet de registre avec ce vin puisque le nez est une explosion de senteurs florales et fruitées : abricot sans lourdeur, pêche blanche et violette. La bouche structurée associe volume, gras ... et acidité, ce qui renforce le sentiment de fraîcheur du vin. Finale très élégante, saline et montrant une amertume mesurée. TRES BIEN ++.
Cette confrontation de deux vins de style complètement différent, presque opposé, est intéressante à plus d'un titre puisque j'ai noté que chaque vin présentait un accord optimal avec le plat proposé : le Chablis avec le foie gras au sel et le Condrieu avec le foie gras poché.
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Cornas, 2004, domaine Alain Verset : En préambule, je dois dire que j'ai moins bien tasté ce vin qu'ICI. Mais, je confesse que j'aurais du prévoir un carafage avant le service. Personne n'est parfait. Un nez typiquement fumé, sur les fruits noirs et (légèrement) la violette. Assez profond. Une bouche modérément et élégamment tannique, sans astringence, sur un équilibre acidité/fruité/charpente presque bourguignon. Belle finale longue et fraîche. TRES BIEN +.
Clos de la Roche Grand Cru, 1990, domaine Louis Rémy : C'était le 'joker' de la soirée au cas où un bouchon eût été défectueux. Et bien, là encore, une très grosse déception. La robe ne montre pas de signe de fatigue, encore pimpante de rouge et sans traces d'évolution. Le nez est un peu poussiéreux, pas net, liégeux, de "vieux grenier" ... En bouche, on sent la race des grands Côtes de Nuits ... mais le vin est plat. Pas de défaut mais sans doute (déjà ?) passé. Une très grosse désillusion.
Corton Grand Cru, 1985, domaine Rapet père et fils : Heureusement, il faut savoir rebondir et se rabattre derrière des valeurs refuges. Ce Corton commence timidement, presque comprimé par ses années de bouteilles. Puis, doucement, tranquillement, sans faire de bruit, il se développe dans le verre. Un nez associant un fruité élégant et profond (cassis, réglisse), des notes animales fumées et une belle évolution sur le sous-bois et le fumé (cependant moins développé que le Cornas. En bouche, la structure est parfaitement équilibrée entre tannins, fruits (cerise presque confite) et acidité. Malgré une impression de force, cela reste élégant et presque souple. La finale est  magnifiquement longue, enveloppante et droite (minérale / terreuse dans le bon sens du terme). EXCELLENT.
L'Etoile, cuvée les Lys d'Or 2005, château de l'Etoile : Je laisse le soins à mes camarades d'un soir de commenter ce vin que je n'ai pas dégusté.
Muscat de Beaumes de Venise, cuvée Hommage, domaine des Bernardins : une robe rosée, presque cuivrée. Le nez m'évoque clairement les Porto LBV, sur le pruneau, de fruits secs et de café, avec toutefois une "construction" qui rappelle le Muscat 'classique' de la maison : noix, floralité, fruité et épices. En bouche, on retrouve ces mêmes impressions complexes et équilibrées. La sucrosité est mesurée, et permet un très bel accord avec le Tiramisu aux figues. TRES BIEN ++.
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Pour terminer tranquillement la soirée, nous eûmes enfin droit à une sorte de farandole des digestifs ... que personne n'a bu bien évidemment !
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Une soirée encore mémorable, entourée d'amis chers, et qui s'est prolongée tard dans la nuit parisienne.
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Un grand merci à l'ensemble des participants pour leur bonne humeur et leur amitié.
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Bruno

28 août 2009

Les affaires reprennent

A l'occasion de l'anniversaire d'une amie, un repas simple, convivial, dans la bonne humeur ... et avec quelques belles bouteilles.
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En apéritif :
L'Etoile chardonnay 2004, domaine Baud : une robe jaune dorée intense, semblant (déjà) évoluée. A l'ouverture, nez clairement sur l'oxydatif ménagé, mais gardant une fraîcheur et une vivacité presque "bourguignonne". Après aération, le côté "jurassien" s'efface pour laisser place à une belle fraîcheur. Attaque en bouche charnue, ronde et glycérinée, sur les amandes mentholées. Un vin très complexe, puisque finissant sur des notes minérales très prononcées. Belle persistance en bouche, avec un retour des notes de noix et d'alcool à brûler. BIEN +
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Avec l'entrée - salade d'endives, noix et cubes de roquefort :
Gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg 2001, domaine Paul Ginglinger : une robe jaune plus claire que le vin précédent. Un nez magnifique, sur la rose et les fruits confits (ananas). Bouche très charpentée, presque tannique, et épicée. Un beau fruit mur et confit en bouche, qui se termine en queue de paon, avec une alternance de la charpente et de la fraîcheur, un peu comme si le substrat acido-minéral du vin venait tenir le côté fruité et velouté (presque sur un équilibre demi-sec), jamais lourd. TRES BIEN.
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Avec le plat - poulet vallée d'auge (crème et calvados), pommes grenailles et courgettes farcies :
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Gevrey Chambertin Premier Cru Clos Prieur 2004, domaine Rossignol-Trapet : une robe rouge assez légère, sans traces d'évolution. Au nez, ça pinote clairement (fruits rouges) mais avec un supplément de puissance et de "granulosité". En bouche, attaque révèlant le côté fruité du Pinot puis, étonnamment, un caractère fortement épicé. Ensuite, la structure commence à parler, avec une minéralité terrienne très marquée (un velouté granuleux) et une touche de réglisse. Un vin puissant mais en même temps élégant. Tannique mais civilisé. Finale réglissée, épicée et veloutée, très longue. EXCELLENT.
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passons sur le Saint Joseph rouge 2005, domaine Philippe Faury bouchonné ! De rage, une halte rapide à la cave afin de combler ce manque :
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Côte Rôtie 2003, domaine Burgaud : une robe rouge sombre très intense. Nez de graphite puis, après aération, sur les fleurs (violette). En bouche, l'effet millésime est à peinte perceptible car le vin est tendu par une belle acidité. Un beau vin tannique et viril, mais semble-t-il un peu monolithique et n'ayant pas le charme du précédent (manque de fruit). BIEN.
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Avec le dessert - glace aux fruits rouges et boudoirs :
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Porto Vintage 2000, Quinta de Castelinho : robe rouge presque noire-bleutée. Un nez typiquement sur la prune et le cassis. Un vin robuste et charpenté en bouche, développant malgré tout un fruité élégant (fruits murs) et une belle floralité (violette, ciste). Finale douce-amère très agréable et très longue. Un Porto un peu sur le modèle du Taylor's dégusté précédemment (voir ICI et ICI). TRES BIEN +
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C'est promis, je commence mon régime demain.
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Bruno