19 avril 2012

Ruffes et dolomies du Salagou (34)

Esquisse géologique du département de l'Hérault
Le paléozoïque  (ou ère primaire). Les roches les plus anciennes (gneiss, schistes, micaschistes) se rencontrent au nord-ouest et sont issues de dépôts marins accumulés pendant 250 millions d’années, puis métamorphisés lors de la surrection hercynienne. Ce métamorphisme qui touche l’extrémité sud du Massif Central, provenant du plissement hercynien, a transformé les argiles en schistes et les calcaires en marbres. Les roches paléozoïques sont :
- des schistes fractionnés (favorables au développement de la vigne),
- des marbres,
- des gneiss issus d'un métamorphisme plus important que celui des schistes),
- des granites érodés, issus d'une recristallisations à haute température (environ - 330 Ma).
Ces formations anciennes génère des sols acides favorisant le développement d'essences comme le châtaignier et, en altitude, le hêtre, les résineux et le développement d'une lande à callunes (Calluna).
A la fin de l’ère primaire, l’érosion a généré deux dépôts particuliers :
- le bassin charbonnier de Graissessac issu des débris de la forêt tropicale accumulés dans les bas-fonds marécageux date de la fin du Carbonifère (vers - 300 Ma),
- les ruffes du Salagou constituent des dépôts de grès ferrugineux oxydés en zone marécageuse. Ils sont toujours actifs du fait d'une érosion toujours intense.
Le mésozoïque (ou ère secondaire). Entre - 250 et – 65 Ma, période sans surrection de montagnes, il se produit une très forte accumulation de calcaires issus de mers chaudes et peu profondes :
- des calcaires jurassiques durs (causses du Larzac, de la Selle, de Viols-le-Fort et du Pic Saint Loup, massif de la Séranne, gorges de l’Hérault, garrigues d’Aumelas et de la Moure, montagnes de la Gardiole, du Mont Saint-Clair et des environs de Bédarieux),
- des calcaires crétacés (environs de Ganges, de Saint-Chinian, du Causse d’Hortus, des garrigues de Saint-Mathieu-de-Tréviers et de Villeveyrac).
Cette accumulation est particulièrement développée sur le rebord du causse du Larzac ou sur les flancs des gorges de la Vis. Les propriétés de cette roche-mère favorisent la formation de paysages karstiques caractéristiques : paysages secs, dépressions de type doline, existence d'avens et de grottes, présence de la garrigue dans les zones méditerranéennes, ...
D'autres dépôts se visibles :
- marnes noires du Lias en rebord ouest et sud du causse du Larzac (accélération de l’érosion) et au sud du Pic Saint-Loup,
- dolomies (cirque de Mourèze, environs du Caylar), roches formées au voisinage des récifs coralliens (carbonate double de calcium et de magnésium) sous des conditions spécifiques. Ce contexte explique l'imbrication des roches calcaires et dolomitiques que l’érosion met aujourd’hui en valeur : les dolomies se fractionnent en rochers gris, formant des champs chaotiques de cheminées et de colonnes, un sable (grésou) issu de cette érosion s’accumulant à leur pied,
- les bauxites, souvent rouges, sont des anciennes latérites issues de dépôts altérés de sols formés sous climat tropical humide ou chaud et sec, à la fin de l’ère secondaire.
Le cénozoïque (ou ère tertiaire). Entre - 65 et - 1, 8 Ma, période riche en événements tectoniques, la chaîne pyrénéo-provençale se forme et provoque la déformation des dépôts calcaires, comme la surrection du Pic Saint-Loup, dont on peut observer le redressement à la verticale. Elles se retrouvent également sur les causses de Viols-le-Fort et d’Aumelas, même si l’érosion les a fortement rabotés ultérieurement. A l'ouest, le chaînon de Saint-Chinian et la montagne de la Gardiole apparaissent. Vers - 30 Ma, la Méditerranée commence à se former. Cet effondrement provoque une érosion intense de la chaîne pyrénéo-provençale, jusqu'à sa disparition. La mer envahit au Miocène la plaine littorale jusqu’aux premiers contreforts des garrigues, avec accumulation de calcaires coquilliers. Vers - 5,3 Ma, la mer se retirera du fait de la fermeture du détroit de Gibraltar. Au Pliocène, une réouverture partielle explique la présence de sables dans les environs.
Le quaternaire.  Depuis - 1,8 Ma, les alternances froid / chaud provoquent l’érosion par le gel et la variation du niveau marin : creusement des vallées, déblaiement des cailloutis de gélifraction, mise en place de dépôts sableux et caillouteux.
Des basaltes noirs issus d'un volcanisme quaternaire éteint depuis 700 000 ans sont visibles autour d’une faille nord-sud passant au centre du département, coiffant les calcaires au nord du département (crêtes étroites de l’Escandorgue).
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La région du Salagou.
Le lac du Salagou se situe dans le bassin d'effondrement permien de Lodève, au sud du Massif Central. A la fin de l'ère primaire (Permien entre - 300 et - 250 Ma), la mer se retire de ce bassin, remplacée par une chaîne de montagne de type hercynien. Sous un climat chaud et très oxydants (expliquant la coloration rougeâtre des sédiments), il se produit une forte érosion qui vient combler - par des grès et des argiles d'origine continentale - les parties les plus basses. Cette sédimentation a évolué au cours du Permien, d'abord grossière avec des galets et des graviers, puis plus fine avec des sables et des boues argileuses. Les dernières roches formées sont des argiles rouges connues sous le nom de "ruffes". Postérieurement, un volcanisme quaternaire avec des éruptions de type strombolien s'est développé entre - 1,9 et - 1,4 Ma, alternant émissions de laves basaltiques très fluides et périodes explosives. La plus grande partie des basaltes en résultant a été érodé, quelques rares effleurements subsistant en sommet de plateau ou au niveau d'anciennes cheminées volcaniques appelées neck, comme à la Roque. Les derniers volcans du Salagou se sont éteints vers - 650 000 ans.
On le remarque clairement sur la carte ci-dessus, le lac du Salagou est à la croisée de trois types de dépôts : en bleu les basaltes issus du volcanisme quaternaire, en gris les grès ferrugineux oxydés des ruffes datés du Permien et en rose/orange les dolomies du cirque de Mourèze.
Quelques images.
Les ruffes (argilite), et
lits de grès marneux gris-vert
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 Les dolomies du cirque de Mourèze
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Orgues basaltiques quaternaires
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Quelques vues du lac et de ses environs
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 Le village abandonné (englouti) de Celles
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Le château de Malavieille
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Bruno

Le Cirque de Navacelles (34)

Niché au cœur des gorges de la Vis, qui entaillent les causses de Blandas (Gard) et du Larzac (Hérault), le cirque de Navacelles est une singulière curiosité géologique. D’une profondeur de 300 m, il résulte de l’abandon d’un méandre de la Vis qui s’est ouvert un tracé plus direct en créant une cascade de 8 mètres de haut.
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Quelques photos valent mieux qu'un long discours !
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La résurgence de la Vis, dans le grand site du cirque de Navacelles, se situe sur la commune de Vissec dans le Gard. La rivière, qui prend sa source dans le Parc National des Cévennes, disparaît ensuite à Alzon (au moulin de Larcy), donnant un lit sec à l’origine du nom du village de Vissec (le Vis sec). Elle rejoint alors un réseau souterrain creusé dans le karst avant de réapparaître à la résurgence de la Foux (ou résurgence de la Vis), accessible uniquement à pied.
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L'implantation de moulins sur le lieu même de la résurgence est ancienne puisqu’on la signale dès le XI° siècle, lors d’une dotation faite par la famille de Vissec. Ils furent rasés en 1629 lors des troubles religieux qui secouèrent la région, sur ordre du duc de Rohan, ou emportés par une inondation en 1741. La reconstruction fût difficile, du fait de leur situation. Leur activité cessa définitivement en 1907 lorsqu'une nouvelle crue provoqua une destruction fatale. Restaurés aujourd’hui, ils sont en accès libre.
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Quelques vues des moulins, jeux d'eau, de feuillages et d'ombres.
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Pour finir la ballade, nous voilà transportés au Tibet.
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Bruno

La manufacture royale de Villeneuvette (34)

Villeneuvette est une commune de l’Hérault située au bord de la Dourbie, à quelques kilomètres de Clermont-l’Hérault. Ce « Village-Usine » du XVII° siècle a été créé à l’initiative de Colbert, puis élevé sous le règne de Louis XIV au rang de Manufacture royale, dans le double but de dynamiser le tissus économique local et de concurrencer les textiles anglais et hollandais au Moyen-Orient.

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Fileuses, cardeuses, tisserands, menuisiers, boulangers, médecins et charretiers participaient à la production des draps, vendus par les ports de Sète et de Marseille.
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Après la Révolution, la manufacture est achetée dans un état de délabrement poussé par Denis Gayraud qui commencera sa remise en état. A sa mort, ses successeurs en feront une sorte de « cité idéale », devenant un modèle industriel, économique et social. On doit ainsi à la famille de Maistre les transformations du XIX° siècle, stigmates d’une Révolution industrielle pas toujours très heureuse. Si la manufacture fût prospère au siècle des lumières, les XVIII et surtout XIX° siècles nous rappellent l’inexorable déclin des cités drapières - en Languedoc comme partout ailleurs en France d’ailleurs - face aux grands industriels du drap.
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L'activité de la Manufacture perdurera, cahin-caha, jusque dans les années 1950, époque où l’énergie électrique viendra supplanter la force hydraulique, scellant à jamais son destin.
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Maintenant désaffectée, il nous reste aujourd'hui un village-clos qui se distingue par un patrimoine bâti dont le charme est authentique : porche d’entrée, chapelle, aqueduc du « Pont de l’Amour », vestiges industriels, …
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Quelques photos maintenant :
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Avant de partir, un dernier coup d'oeil sur le fronton de la Manufacture avec une maxime qui me va bien (mais sans doute oubliée par nos "décideurs").
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Bruno