19 avril 2023

Dégustation au domaine Pelissero à Treiso (Italie)

Une première rencontre au hasard d’un salon (feu le WineLab rebaptisé « Grand Tasting Pro » pour faire genre) très prometteuse ; une visite pour une dégustation plus complète et dans de meilleures conditions en 2019, il n’en fallait pas plus pour que nous nous retrouvions ce mercredi matin au domaine Pelissero à Treiso (Italie), en plein vignoble du Barbaresco.

Accueil sympathique de Katia qui se substituera à notre interlocutrice « internet » (Giulia) occupée à d’autres tâches, mais qui viendra amicalement nous saluer. Passage éclair du maître des lieux, Georgio, dont l’humour apporte une touche plus décontractée encore à cette dégustation.

En route donc pour taster les dernières productions (la politique du domaine reste la même, à savoir un élevage juste, pour accompagner le vin et son évolution et non le maquiller – utilisation du bois avec parcimonie, foudres de 50 et 75 hl pour le vieillissement et fûts de 228 litres de plusieurs vins pour la finition, sauf pour la cuvée Vanotu qui comprend toujours plus de bois neuf).


Salle de dégustation luxueuse, verres adéquates, eau pétillante disponible et crachoir, tout est prêt pour les choses sérieuses.



DOC Blanco Langhe 2022 (Riesling / Chardonnay et Favorata) : un nez élégant, très fleuri, complété par des touches citronnées. Bouche tendue, de contact « sec » (ce n’est pas un défaut), typé Riesling (50 %), avec un léger enrobage. Notes réglissées. Finale fraîche. Jolie entrée en matière.

Riesling Langhe, Rigadin 2021 : nez très aromatique, sur le menthol et le pamplemousse. Aucune fragrance pétrolée. Bouche équilibrée, entre tension acidulée et gras. Longue empreinte en finale, avec une pointe saline / aromatique / mentholé de bel effet. +

DOC Dolcetto, Munfrina 2021 : un nez qui « pète » le fruit, sur la cerise rouge, avec toutefois un supplément de concentration. Notes fumées. Bouche gouleyante, avec du gras, des tannins crémeux et de la mâche. Tannins entre parenthèse très civilisés. Finale fraîche, sérieuse, facile. ++

DOC Dolcetto, Augenta 2021 : nez similaire au précédent, toutefois plus assis, plus accompli, plus vineux. Impression poivrée fine et légère. Bouche très vineuse, corpulente, fraîche, vivifiée par ce côté poivre toujours présent. ++

DOC Barbera d’Alba, Piani 2020 : une robe rubis sombre, concentrée et profonde. Nez profond, vineux, sur les fruits noirs. Bouche aromatique très développée, entre fruits noirs et réglissé. A la fois croquant et gouleyant sur une base vineuse. Finale saline, acidulée, très agréable. ++

DOC Langhe Nebbiolo, 2020 : une robe rouge plus diaphane. Nez fin, presque évolué, qui pinote doucement, une sorte de Bourgogne régional. Bouche douce, un peu acidulée, un poil astringente. Sans doute pas en place à ce stade. +

DOCG Barbaresco, Nubiola 2018 (assemblage de 6 parcelles) : un nez d’une grande élégance, pointe évoluée fine sur un substrat de fruits noirs bien mûrs. Bouche structurée, douce, avec une acidité poivrée savamment dosée. Belle vivacité. Finale tapissante, laissant une impression (un grain) poivrée. ++(+)

DOCG Barbaresco, Tulin 2018 (cru) : on monte clairement dans la gamme avec un nez extrêmement vineux, d’une profondeur sur les fruits noirs, toujours. Pointe boisée légère et juste dosée. Bouche de gastronomie, structurée, tannique, laissant un toucher velouté. Finale élégante, sur une grande fraîcheur et une structure bien née. ++++

DOCG Barbaresco, Vanotu 2018 (cru - 80 % de bois neuf) : un supplément d’élégance au nez, avec des touches d’herbes aromatiques, de fruits gorgés de soleil. Bouche corpulente et élégante, avec une grosse charge tannique civilisée, mais qui demandera du temps pour se polir. Notes salines et épicées. Finale laissant une longue empreinte, fraîche, élégante, marquante. ++++(+)

DOC Moscato d’Asti 2022 : pour se refaire la bouche avant le départ, un bonbon, une friandise. Jus de pêche jaune au nez, poire mûre et gourmandise en bouche, légèreté et sucrosité mesurée, avec une charge d’alcool de 7°. Belle façon de terminer notre dégustation. +++


Remercions très chaleureusement Katia pour sa disponibilité et ses explications sur la gamme et les vins dégustés. Encore une fois, accueil superlatif, amical et décontracté.

Côté vins, confirmation de la qualité des terroirs de Barbaresco … et du domaine. RDV pour notre prochain séjour dans le Piémont.


Bruno


16 avril 2023

Prélude en Beaujolais

En prélude à une quinzaine italienne, petite halte beaujolaise, à la fois pour revoir certaines de nos « madeleines » mais également pour une soirée étape chez un couple de vignerons sympathiques, et qui font bon, au hameau du Fêtre à Chiroubles.

Passons sur un pique-nique glacial sur les bords de Saône à Tournus, 5°C, un vent du nord, et un léger crachin …


Coup d’œil sur l’église romane clunisienne d’Ameugny, au nord de Cluny, dans un style « lombard » caractéristique


Le fût d’Avenas, toujours aussi magnifique, avec son autel en calcaire marmoréen


Le prieuré de Salles d’Arbuissonnas, dont la visite n’est plus libre mais qui propose désormais un petit musée dont l’iconographie est simple mais justement dosée. L’architecture quant à elle reste toujours aussi impressionnante, avec ses pierres dorées.


Pour terminer la journée, nous avons bu trois bouteilles de Chiroubles de Jean-Louis et Maria Chapuy : un 2017 à point, sur un registre beaujolais classique mais sérieux et vineux, un 2019 plus concentré et plus serré, qui demandera encore un peu de temps pour se fondre et enfin et surtout un 2019 « fût de chêne » digne des plus grands crus de la région, oscillant entre un côté gouleyant classique, une structure vineuse bien établie et dont l’élevage a, étonnamment, assagi le côté solaire et chaud du 2019 élevé en cuve.


Bruno


9 avril 2023

Pâques

Repas familial pour Pâques, avec deux vins au programme, et une très belle surprise.

En apéritif pour commencer, un Pet’Nath’, Orgasmic, domaine Frédéric Mabileau : un nez très aromatique, muscaté, frais et fin. Une bouche sur un équilibre « sec tendre », florale, fine bulle et acidité abricotée. Une pointe amère vivifiante. Nous avons choisi de poursuivre avec ce vin, sur une entrée « truite fumée et avocat », et quelle ne fût pas notre surprise. Le vin a pris de la « douceur » et une sorte de velouté sensuel. Mariage parfait entre le gras de l’avocat et le fumé de la truite. L’amertume vient se fondre, sur un équilibre de grand chenin. Pointe « sucrée » juste comme il faut. Finale élégante, laissant une belle empreinte. Accord improbable, mais super accord. Excellent

Coteaux du Languedoc, Pic St Loup, cuvée Guilhem Gaulcem 2009, Ermitage du Pic St Loup : grand vin. Nez sur une aromatique méridionale, thym et garrigue, complétée par des notes de fruits noirs intenses, une pointe d’amers fins et une sorte de rondeur maîtrisée. En bouche, vin énergique, tannique, mais d’une grande élégance. Equilibre entre la structure et une acidité intégrée qui vient allonger le vin. Epices fines, fond cacaoté, grande et belle fraîcheur malgré le millésime. Finale vive, sur des amers réglissés du plus bel effet. Excellent +


Bruno