19 juillet 2014

Repas d'avant les vacances

Jamais les vacances n'auront été aussi attendues que cette année, la faute sans doute à un début 2014 plutôt chaotique. Pour ne pas rompre à la tradition, et surtout essayer de reprendre une vie normale, petit repas pas improvisé du tout (oserais-je dire à la bonne franquette ...) en ce samedi soir écrasé de chaleur.
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Pour une fois, honneur à la cuisine :
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Tuile de parmesan, compotée de fenouil et ses tomates, feuilles de salades
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Dessert de fraises (rouges et noires) et verrine de panna cota à la crème de fraises
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En apéritif, un Riesling Auslese, Zeltinger Sonnenuhr 2002, Joh. Jos. Prüm : un magnifique nez ultra-complexe, à la fois sur une grosse aromaticité typé "ananas confits", une fraîcheur et une finesse superlative et un rôti digne des plus grands liquoreux. Toujours un effet légèrement perlant qui apporte du peps. La bouche est plus sur un équilibre de Spätlese que d'Auslese, mais diablement bien construite. Elle est complètement en accord avec le nez, sur un équilibre de délicatesse, une fraîcheur perlante et une sucrosité minimaliste qui allège le vin. Une touche fumée en sus. C'est encore un bébé mais on touche ici à l'aérien. RDV dans 10 ans minimum pour les deux bouteilles restantes. Ce cadran solaire donne l'heure exacte ! Excellent +
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Pour accompagner l'entrée (et le plateau de fromages), un Saint Joseph blanc 2010, domaine Faury : un classique de la maison qui me séduit toujours autant, tant par sa structure médionale aromatique (et pourtant, c'était difficile de passer après le Joh. Jos. Prüm), sa floralité grasse, sa rondeur, sa suavité et son amertume réglissé ultra-salivante. Excellent.
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Pour souligner l'épaule d'agneau et son tian de légumes d'été, un Côte Rôtie, Blonde du Seigneur 2001, domaine Georges Vernay : une robe rubis sombre à peinte tuilée. Un nez très fruits noirs (qui pinote presque) dégageant une impression de douceur sensuelle. Une touche fumée en sus, alliée à des notes tertiaires qui m'évoquent les feuilles mortes. La bouche est très structurée, tellurique, laissant une première impression très énergique. Les tannins sont magnifiques, encore parfois un peu anguleux mais déjà d'une sensualité superlative. Un véritable cru nuiton (servi à l'aveugle pour monhôte d'un soir qui est tombé dans le panneau) !!! Belle acidité et notes d'amers agréables qui apportent un charme évident au vin. Magnifique malgré san jeunesse (la seconde bouteille attendra 10 ans - Dieu me prête vie). L'archétype du GRAND VIN qui n'en met pas plein la vue au premier regard mais qui laisse une empreinte indélébile (la différence entre Scarlett Johansson et Nabilla par exemple - à vous de choisir). Exceptionnel.
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Bientôt le repos et la sagesse dans le Layon ...
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Bruno

13 juillet 2014

Retour à Frichemesnil ... avec un Condrieu d'anthologie

Il y avait bien longtemps que nos pas nous avaient menés du côté de Frichemesnil, à la lisière du Pays de Caux. Dans ce petit village normand, trône un restaurant à la cuisine classico-créative, récompensée justement d'un macaron au guide pneumatique, le restaurant « Au Souper Fin ».
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Pour ce repas dominical en forme d'anniversaire, nous avons opté pour le menu « Suggestion du chef », ...
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après quelque mise en bouche et ...
un excellent beurre demi-sel de noble origine !

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Cuisses de grenouilles poêlées à l'ail des ours,
mousseline de cresson de la vallée
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Turbot pêche locale de Dieppe,
fricassé de girolles au poivre de séchuan
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Plateau de fromages normands et d'ailleurs
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et mon interprétation toute personnelle
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Macaron aux fraises gariguettes, comptée de rhubarbe
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Mignardises ...
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Pour accompagner ce repas, un Condrieu, Chaillées de l'Enfer 2009, domaine Georges Vernay : un vin d'anthologie, n'ayons pas peur des mots. La quintessence du Condrieu noble. Un nez ample, aromatique à souhait, une pointe d'exubérance, mais sans la caricature qu'on prête souvent au viognier. Complexité entre notes exotiques profondes et une fraîcheur qui titille les papilles. La bouche est, millésime 2009 oblige, grasse et corpulente. Cette structure ne cache pas - au contraire elle lui sert d'écrin - une texture de finesse et de minéralité. Un grain en bouche à la fois "tannique" (n'ayons pas peur des mots) et salin / épicé. Grande et belle aromaticité, qui se termine sur des amers nobles salivant. Un vin éternel ? Exceptionnel
P.S. : j'ai tendance à préférer le Coteau de Vernon, mais je dois avouer que là, on touche à la quintessence du viognier.
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Avec les fraises, un Banyuls, VDN 2005, M Chapoutier : un vin à la robe noire d'encre. Très beau nez de fruits noirs intenses, plutôt cassis et cerises noires. Des touches "sudistes" confites (figue / épices) et des notes de cacao. Première impression tannique. En bouche, bel équilibre entre la puissance et la corpulence des 90 % de grenache noir, une charge tannique qui a du grain, une sensation minérale schisteuse et une douceur justement mesurée. Une sorte de "porto light", une touche gourmande et croquante en sus. Finale presque mentholée et fumée. Très belle association avec les fraises et la rhubarbe. Excellent
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Une excellente adresse que je recommande (une nouvelle fois) très fortement. Une sorte de moment de bonheur dans un océan de médiocrité.
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Bruno


5 juillet 2014

Incompétence ou "foutage de gueule" ?

Pas l'habitude de taper sur les fonctionnaires, mais là, c'est le summum. Vivement l'ouverture des marchés et la concurrence. En plus, vu l'heure d'envoi du mail, j'ai affaire à un robot.
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Ils ont de la chance, car un Responsable Qualité qui répond comme ça dans l'industrie, c'est la porte !!!
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Bruno

21 juin 2014

A la bonne franquette qui disaient !

L'exemple type du traquenard ... dans lequel on adore tomber. En ce samedi soir d'été, jour de la fête de la musique, des amis valériens nous proposent un dîner "à la bonne franquette" pour fêter la vie, tenir une promesse faîte à Pascale Chicotot et accessoirement faire chanter du tire-bouchon. Entre deux couches de peinture, notre réflexion pour accepter cette invitation a été de courte durée. Nous voilà donc sur les hauteurs de Rueil, en plein quartier communiste de cette belle ville administrée par le concubin de MAM !
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Après un apéritif sur le pouce au cours duquel j'ai pu apprécier une bière tripel Extraomnes : puissance tannique, corpulence alcoolisée (8,5 %) et amertume type bierre blanche qui donne une boisson rafraichissante et salivante et un verre de Touraine, le Petiot 2012, Vincent Ricard : Un sauvignon simple mais bien fait. Notes variétales et touches de poudre de riz. Frais, digeste et immédiat. Très Bien
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Une entrée de tomates / burrata
(et je passe sur la liste à la Prévert des condiments ...)
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Un filet de canette au miel truffé, abricots et courgettes au curry, deux vins servis : un Condrieu, les Chaillées de l'Enfer 2006, domaine Georges Vernay : un classique, merveilleusement complexe, avec un nez abricoté léger et des notes de fraîcheur mentholée, une bouche grasse et ample, mais tenue, tendue et allongée par une amertume presque perlante magnifique. Finale très longue, qui tapisse le palais, jouant sur la bimodalité gras / amertume. Excellent + et un Ladoix 2012, domaine Chicotot : un pinot de grande classe, sur la cerise, une touche fumée en bouche. C'est immédiat, encore un peu sur l'élevage, mais droit et profond. La bouche est sérieuse et vineuse, un peu sur le cassis et toujours la cerise. L'archétype du vin de copain, mais qui sait s'adapter à une nourriture exigeante en terme de corpulence. Excellent
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Pour finir, un Calva dont je n'ai noté ni le nom ni la cuvée. Une fin de soirée sans doute difficile ...
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A la bonne franquette qui disaient (un énorme merci pour cette soirée finalement très agréable au cours de laquelle nos hôtes n'ont eu cesse de nous émerveiller, en particulier par deux feux d'artifices simultanés visibles depuis leur promontoir !)
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A très bientôt.
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Bruno

15 juin 2014

Un sacré retard de compte-rendu

La faute aux tourbillons de la vie, mon assiduité au blog est quelque peu chahutée ces derniers temps. Et pourtant, nous avons dégusté de belles choses !
Heureusement, mon nouveau joujou technologique me permet de noter en temps réel mes impressions sur les vins dégustés. Je vous propose donc un simple copié-collé de mes compte-rendu sur Wine Secretary sous Androïd.
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Morey St Denis, Premier cru les Faconnières 2009, Stéphane Magnien : Nez fruité très élégant, presque évanescent. Notes fumées et épicées un peu terrienne. Bouche de demi-corps, léger fruit rouge. Beau grain de tannins, complexifié par une épice bien marquée. Finale assez courte. Un vin assez simple dans sa construction, plus chalonnais que nuiton. Bien +
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Crozes-Hermitage, Cuvée Albéric Bouvet 2005, Gilles Robin : Un nez clairement sur les fruits noirs, très mûrs, presque confits dans l'alcool, qui ne masquent toutefois pas une certaine fraîcheur mentholée. Notes de garrigue, de tabac et d'épices douces, avec une composante "rôtie". Bouche très structurée, sur une charge tannique abondante et légèrement lactée. Grain en bouche. Fruits noirs et épices, sur un fond frais et élégant, presque en dentelle. Notes résinées et réglissées. Seul petit défaut, une finale un peu courte quoique salivante sur des tannins montrant une amertume noble. Très bien + / Excellent
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Beaujolais-villages, domaine des Vignes des Jumeaux 2012, Paul Janin et fils : Nez variétal, sur les petits fruits rouges acidulés (framboises) manquant de profondeur et de complexité. Même impression en bouche, plutôt frêle et monolithique, avec une forte acidité et une amertume dissociée. Assez court en finale. Une relative déception. Bien
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Crémant de Loire, 1948, Domaine de St Just (Arnaud Lambert) : Un joli nez fruité gouleyant, sur les fruits rouges (framboises et myrtilles). Bouche construite sur une droiture et une acidité équilibrée et un faux gras qui vient arrondir l'ensemble. Belle impression vineuse. Gagne en finesse et en complexité à l'aération tout en gommant l'excès d'acidité. Très bien
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Nuits St Georges, Premier Cru les Vaucrains 2002, Georges Chicotot : Très beau nez de pinot déjà un peu évolué, sur les fruits rouges (cerises à l'alcool) et noirs (léger réglissé). Bouche sur une belle corpulence élégante, droite et fraîche. Tannins bien présents, avec un beau grain terrien. Plus élégant sue son voisin St Georges, une moindre puissance toutefois. Vinosité soyeuse, très persistante. Excellent
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Côtes du Roussillon villages, cuvée Segna de Cor 2011, Domaine le Roc des Anges : Très beau nez gorgé de soleil, sur une base de fruits noirs bien murs. Notes telluriques. Bouche tannique, crémeuse, très fruits noirs / pruneaux, avec quelques notes sudistes (olivade / garrigue). Épice plutôt fine. Grain terrien très dynamique. Impression fraîche en finale, presque mentholée, et enrobée (réglisse / résine). Fond de verre sur le tabac blond. Excellent (dont un rapport Qualité / Prix exceptionnel)
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Saint Joseph 2010, domaine Faury : Nez complexe, à la fois floral, assez capiteux et montrant une amertume noble un peu grillée. Notes de fruits jaunes, une touche miellée. Bouche à l'avenant, sur la fraîcheur, avec une belle vivacité tendue. Finale sur un faux gras très suave, avec une amertume élégante noble. Excellent
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Clos de la Roche Grand Cru 2002, Domaine Louis Rémy : Grand nez fruité de pinot noble, sérieux, profond et tellurique. Notes boisées bien présentes, apportant un côté grillé et réglissé. Touches de cerises à l'aération, avec un supplément de densité. Bouche serrée, à l'avenant. Fruit dense, reglisse, une pointe grillée / boisée. Notes de rafles. Peut être une pointe chaude en finale et une légère raideur à gommer. Très bien +
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Porto vintage 2000, Quita do Castelinho : Superbe nez de cerises très mûres, presque kirch, une pointe de figues, une touche de pruneau. Très belle bouche, corpulente, tellurique, gros grain tannique élégant. Du caractère. Excellent
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Morgon, Corcelette 2010, Daniel Bouland : Un nez plutôt vineux et profond pour un gamay, plus sur le réglissé et le fumé que les fruits rouges. La bouche est assez corpulente, bâtie sur des tannins qui ont un caractère tellurique marqué. Joli grain en bouche, fraîcheur mentholée bien marquée et suavité réglissée. Finale complexe, à la fois corpulente et élégante, la touche fraîche allongeant le vin. Excellent (quoique encore très jeune).
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Savennières Roche aux Moines, 2007, Domaine Laroche : Nez minéral intense, tellurique, sur des notes de miel, de coing et de fleurs blanches plutôt capiteuses. Bouche opulente, sur un gras qui vient équilibrer la minéralité presque tannique du vin. Finale légèrement perlante et grasse. Très bien (à conserver d'urgence encore quelques années). 
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Bruno

2 juin 2014

"Le Morgon à Jojo"

C'était un temps aujourd'hui révolu, à l'époque où jeune ingénieur de recherche je faisais mes armes dans un laboratoire de spécialités pour l'agrochimie. Le Jojo s'occupait des petites plantes, moi des molécules pour les soigner. Au hasard d'une conversation, il me proposa un "petit Morgon" qu'un client lui vendait depuis quelques années. C'était en 1991.
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20 ans plus tard, le crabe l'a emporté, bien trop tôt (à peine a-t-il eu le temps de profiter de la retraite). 2009 restera notre dernier millésime commun.
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Aujourd'hui, à l'occasion d'une autre cérémonie, j'ai ouvert ses dernières bouteilles.
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Morgon, cuvée les Lys 2009 Domaine des Souchons (Serge Condemine) : un Morgon qui a du grain, un joli fruité intense et complexe (à la fois profond et gouleyant). Réglisse et rondeur liés au millésime. Tannins avec un toucher de bouche qui a du caractère. Belle impression de volume et de longueur en finale. Très bien
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Six pieds sous terre
Jojo
Tu chantes encore
Six pieds sous terre
Tu n’es pas mort
(C) Jacques Brel
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Bruno