19 octobre 2014

Ce soir, c'est Faury !

Non, je ne me suis pas reconverti dans la publicité l'iPhone 6 (mais je pense que je peux être rapidement au niveau de ces slogans ringards accouchés par des bobos à l'attention d'autres bobos - pauvre Stanley Kubrick, il doit se retourner dans sa tombe, lui le génial inventeur de ce chef d'oeuvre de 2001 Odyssée de l'Espace), mais le résultat d'une pure coïncidence en prenant deux bouteilles un peu au hasard dans ma cave.
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Donc, en apéritif, un Condrieu la Berne 2010 , domaine Faury : un beau nez variétal sur l'abricot, complété et complexifié par une sensation grillée et salivante du plus bel effet. En bouche, le vin est éminemment gras et glycériné, mais d'une tension et d'une acidité qui allongent le vin et laisse une impression salivante et une très belle fraîcheur générale (mentholé). Allonge superlative pour une finale vibrante avec de beaux amers nobles. On n'est pas loin des cousins du domaine Vernay. Excellent + (et plus même).
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Avec une pintade au cidre, un IGP Collines rhôdaniennes (Syrah), L'Art zélé 2012, domaine Faury : une syrah fraîche et sérieuse, un nez très épicé et sur les fruits rouges presque croquants, une bouche certes de demi-corps mais avec des tannins déjà très civilisés, et une finale légèrement vanillée et soyeuse. Une valeur sûre pour ce vin de copain. Très Bien +
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Bruno

29 septembre 2014

A nos chers disparus

Une fois de plus, le destin a frappé à la porte, un peu à la manière de décrire la 5° symphonie de Ludwig van Beethoven. Après un premier deuil, résultat d'année de combat contre la maladie, c'est une nouvelle épreuve que nous avons du supporter en cette année 2014. Plus cruelle, plus violente et plus rapide, mon beau-père s'en est allé après un combat perdu d'avance contre la fameuse "longue maladie". En ce lundi soir, nous avons décidé de partager une bouteille (un magnum) qui lui était partiellement destinée. Une façon certainement pudique de dire adieu à un être cher.
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Saumur blanc, Coulée de St Cyr 2009, domaine de St Just : un vin justement équilibré, entre un nez plutôt floral et fruité, une touche de miel et d'opulence liée au millésime. La bouche est complexe, entre l'aspect tendu, minéral et une pointe de salinité du chenin et du terroir, le tout arrondi par un gras et un glycériné dosé comme il le faut. Très belle finale légèrement perlante, qui apporte du peps et une belle vivacité. Que dire de ce vin. Une véritable valeur sûre élaborée par un artiste vigneron. Excellent.
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Immenses remerciements à Arnaud Lambert et à Anne-Laure du domaine pour ce don.
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Permettez moi d'associer la mémoire de Monsieur Yves Lambert à cet hommage.
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Bruno 

20 septembre 2014

Materazzi ou Zidane ?

En ce samedi midi, repas impromptu dans une pizzeria qui ne paye pas de mine vue de l'extérieur mais qui offre une magnifique terrasse sous une pergola rafraichissante et surtout des plats copieux et goûtus et une carte des vins très intéressante (et à prix doux).
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Pour accompagner un carpaccio de bœuf, mozzarella, lamelles de parmesan et roquette au pesto, nous avons choisi une bouteille de DOC Barbera d'Alba, 2011, Terre da Vino : une robe rubis / vermillon intense et profonde, un nez séveux, très fruits noirs (cerises noires), une pointe vanillée en sus et un côté terrien de bonne augure. La bouche est très suave, concentrée et juteuse, sur une charge tannique élégante. Aromaticité alliée à des notes d'olives vertes, de mûres et de figues. Très belle allonge sur la finale, avec un poil de rugosité des tannins (jeunesse). L'élevage est à peinte perceptible. Excellent
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Une très belle adresse, à prix doux, que je recommande pour un repas "sur le pouce" mais ô combien agréable. Un grand merci à mes deux congénères d'un jour pour leur amitié.
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Bruno

10 septembre 2014

Un repas, un soir en semaine

Une fois n'est pas coutume mais c'est en pleine semaine que nous sommes conviés à un repas « à la bonne franquette » (paraît-il). Nous revoilà dons en plein Paris, sous une chaleur ma foi supportable et surtout compatible avec le programme qui nous attend (connaissant nos hôtes, on se doutait bien qu'on n'était pas venu pour beurrer les sandwich).
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Mosel-Saar-Ruwer Riesling Auslese **, Ürziger Würzgarten 1999, Karl Erbes : un premier nez assez discret qui s'ouvre ensuite sur une impression de floralité plutôt fine (typée Joh. Jos. Prüm). Puis des notes aromatiques et terpéniques apparaissent. En bouche, même sentiment d'abord fin et léger (presque de demi-corps), avec des notes d'agrumes en finale, puis le vin développe une puissance équilibrée à l'aération, plus conforme (si je puis dire) au style du domaine. Pétrolé et réglissé amers sur la fin de bouche, ce qui laisse une grande empreinte salivante. Es schmeckt sehr gut. Excellent
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 Lasagnes de saumon fumé au fenouil
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Vin de Pays des collines Rhôdaniennes, le Pied de Samson 2006, domaine Georges Vernay : un « petit » Condrieu qui a demandé une longue aération pour se révéler totalement (donc mes notes concerneront mes impressions sur le fromage). C'est très floral au nez, assez construit avec des notes fines de violette et d'abricots secs, sans le côté « confit » que l'on peut parfois reprocher au viognier (mais jamais chez Christine Vernay et Paul Amsellem). La bouche est de demi-corps mais sérieuse, à la fois élancée et grasse. Très belle minéralité fine en finale. Une très belle entrée de gamme, qui souligne la parfaite maîtrise technique du domaine. Très Bien +
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Tout simplement, un plateau de charcuterie italienne de noble origine
(je vous dis pas la mortadelle à la truffe !!!!)
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IGT Toscane, DOC Cepparello 2003, Isole e Olena s.r.l. : escale en Italie, mais quelle escale. Un vin à la fois charpenté et élégant. Magnifique premier nez sur les fruits noirs, très aromatique avec des notes presque balsamiques. Grande fraîcheur alliée à un élevage luxueux mais juste. Magnifique (encore !) bouche, une sorte de pinot structuré (mon côté franchouillard sans doute), avec des tannins encore bien présents, mais d'une suavité telle qu'on en oublie la jeunesse du vin. C'est crémeux et suave. Finale au même niveau, avec un rien d'amertume qui nous rend inoubliable cet instant. Superbe allonge pour ce vin Exceptionnel (Papy est meilleur en vin qu'en informatique semble-t-il !).
Ce vin est la parfaite synthèse entre le fruité, l'élégance et la corpulence. What else ?
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Plateau de fromages
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Panna cota et framboises
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Vous allez me dire : « pas de vin avec le dessert ? ». Non en effet, parce que nous sommes des gens raisonnables et que nous reprenions la route après.
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Bruno

30 août 2014

Une soirée ordinaire avec des produits extraordinaires

Back to Le Gros Theil pour cette côte de boeuf Galicia, issue de 130 jours de maturation chez l'artisan / artiste boucher Matthias Paynel.
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Il ne fallait pas louper la cuisson de la bête !
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Et pour accompagner cette magnifique viande goûtue à souhait, riche, aromatique et nourrissante, nous avons sorti quelques très belles bouteilles.
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A l'apéritif avec un caviar de wagyu, un Champagne, Mailly Grand Cru 2006, Francis Boulard : superbe champagne finement minéral, un nez légèrement brioché assez frais et tendu, une bouche soyeuse à souhait, presque suave, sur une trame vineuse "sérieuse" et une minéralité crayeuse fine et presque tannique. Belle acidité qui tend le vin. Salivant et frais en finale. C'est de la belle ouvrage ! Excellent (+)
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Avec la viande, un Vin de Pays de l'Hérault, domaine de la Grange des Pères (Laurent Vaillé) 2006 : une robe rouge grenat foncée, montrant une belle viscosité sur les parois du verre. Nez corpulent qui dégage une impression fraîche et équilibrée, jamais opulent. Notes sudistes d'olives, de végétal noble (presque sur les anchois) et d'amertume de bon aloi, un soupçon de graphite. La bouche est structurée sur les fruits rouges et noirs, accompagnés de touches tanniques puissantes. Grande aromaticité sudiste, mais fraîche, sur le cassis, des notes de garrigue et toujours les anchois (dans le bon sens du terme). Superbe équilibre complexe. Tannins denses, gras, fins et déjà polis, seule une note légèrement boisée trahit la jeunesse du vin. Magnifique empreinte sensuelle en finale, très longue, sur un registre d'équilibre entre fraîcheur, fruité et consistance tannique. Jamais la sensation alcoolique n'est présente malgré les 14°. Excellent + / Exceptionnel
Merci à l'ami Gilles pour ce cadeau exceptionnel.
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Pour finir, un Saint Joseph, cuvée du Papy 2007, Stéphane Montez (domaine de Monteillet) : changement de registre avec cette syrah assez typique, sur la violette, les fruits noirs, les épices et une pointe vanillée / beurrée liée à l'élevage. La bouche est très bien construite, sur une trame plus acide quoique paraissant plus corpulente. Fruits noirs et rouges, tannins aimables déjà bien fondus, soyeux du début à la fin quoique relativement abondants. Bel équilibre en finale, toujours frais. Excellent
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Que des (très) belles choses produites en France. Magnifique soirée ...
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Bruno

27 août 2014

Jadis

Sous prétexte d'une livraison de quelque vin de Loire, Savennières de Tessa Laroche plus précisément, me voilà donc en ce mercredi midi invité par un ami à un repas surprise dans le XV° arrondissement. Ayant "a priori" éliminé les restaurants de fruits de mer et indiens que je n'apprécie guère, nous arrivons sous la conduite de notre hôte (d'un pas mal assuré eu égard à son grand âge) devant le restaurant Jadis, dont le cadre est plus bistrotier que gastronomique, et pourtant ...
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Autant le dire tout de suite, la cuisine y est somptueuse, certes simple et sans fioriture, mais associant avec bonheur les bonnes saveurs. Une cuisine de marché, faite maison, mais qui ne sacrifie en rien au goût. Une adresse que je vous recommande vivement.
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Donc, au menu :
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Burrata à partager, tomates cerises confites dans le miel et balsamique
(superbe accord entre l'acidité de la tomate et le côté sucré / miellé)
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Pièce de boeuf dites "insolite"(sélection des boucheries André) juste grillée, purée d'oignon rouge, pommes chips
(une araignée d'anthologie, ultra-gouteuse, une cuisson parfaite, une sauce aux anchois tip top et des chips maison croustillantes à souhait)
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Pour le plaisir, un couteau droit Sauveterre de chez Guy Vialis. Il est des petits détails qui vous ravissent les yeux ...
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Le "dessert" : Lichettes de comté, magret de canard fumé; moutarde de cremona et pain dentelle
(je crois que je vais piquer l'idée pour un prochain repas ...)
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Et pour accompagner ce repas, un Sancerre rouge, Charlouise 2011, Vincent Pinard (SITE) : un très joli nez sur les fruits rouges très croquants (cerises rouges) associés à des notes plus glycérinées et grasses (pour moi un peu typé Givry), une touche fumé et épicée en supplément. La bouche est complexe, fruitée évidemment, mais sur une charge tannique de demi-corps et une corpulence assez développée. Belle acidité qui vient équilibrer l'ensemble. Finale qui révèle la jeunesse du cru avec quelques touches boisées et (déjà !) un grain tannique bien poli. Belle empreinte sur les papilles (la preuve, la bouteille a eu peine à survivre à ce repas à deux). Excellent
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Un véritable coup de coeur pour ce restau-bistrot-gastro (1 fourchette au guide pneumatique, mais pour moi, il en vaut certainement un peu plus).
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Une immense merci à l'ami JP.
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Bruno

14 août 2014

Monique et Tessa Laroche au domaine aux Moines (Savennières, 49)

Crédit photographique © : domaine aux Moines.
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Dernière visite de notre trilogie ligérienne, je devrais dire angevine, la visite au domaine aux Moines, tenu de mains de maîtresses par Monique et Tessa Laroche.
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Nous sommes accueillis par Monique, la maman, avant que Tessa ne vienne très rapidement nous rejoindre pour une dégustation à quatre mains (et plus si nous nous comptons).
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D'emblée le ton est donné puisque la dégustation se déroule dans un climat de bonne humeur et de saine taquinerie entre nos deux hôtes d'une matinée.
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Nous débutons la valse des crus par un Vin de France 2013, le Berceau des Fées (jeunes vignes n'ayant pas l'appellation Savennières Roche aux Moines avant 5 ans) : un nez pétant très floral, sur le chevrefeuille et la fraîcheur. Une pointe perlante est présente, apportant un surcroît de peps. La bouche est vive et tranchante, sur une belle floralité, une pointe poudrée en sus. Un vin qui présente plus un équilibre « Anjou » que Savennières (c'est normal, ce n'est pas un Savennières dixit Tessa). Bien +
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Place maintenant à une mini-verticale de Roche aux Moines, mini de la « faute » de stocks qui se réduisent de plus en plus.
Le 2012 présente un nez riche miellé, sur une belle complexité d'ensemble. La bouche est ronde et grasse, un peu réglissée, sur un équilibre à la fois élégant et opulent. Finale parfaite, sur une minéralité perlante et vibrante. Excellent
Le 1999 présente une évolution raisonnée au nez, une bouche plutôt fondue avec un caractère chenin droit corpulent. La minéralité est fine et agréablement complétée par un glycériné léger. Finale fraîche. Très Bien +
Le 1998 révèle un degré supplémentaire d'évolution, toujours miellé et semi-oxydatif (pour moi). Magnifique bouche complexe, à la fois ronde et minérale, finissant sur une fraîcheur vivifiante. C'est plus abouti que le 1999. Plus complexe, plus évolué et plus frais. Excellent
Le 1992 présente un nez presque « botrytisé » (y'en a !), ultra- complexe, rôti, sur le caramel, la cire d'encaustique, sans jamais sacrifier à la fraîcheur. La bouche est à l'avenant, grasse, glycérinée, avec en finale un retour sur la minéralité et l'impression rôtie. Une grosse empreinte sur les papilles. Excellent +
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La cuvée des Moines 2011 (élevage long en demi-foudre) présente un nez grillé un peu sur la réduction, mais très agréable. Là encore, j'y retrouve la pâte du chenin (un peu comme le Brézé du Clos Rougeard (ICI). La bouche propose un gros volume avec un potentiel énorme, tout en sachant rester fraîche et élégante. Semi-perlant en finale, ce qui apporte un supplément de vibration. Exceptionnel
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Un peu sucre pour la route ! La cuvée les Nonnes 2011 (François si tu me lis !) est construite sur une dualité sucres / minéralité qui parfois me déroute. Joli grain en bouche, dosage mesuré des sucres mais je n'ai pas trop adhéré. Très Bien
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Nous terminons par une visite en chai pour goûter les 2013 sur fûts :
Fût 1 (intérieur parc, barrique d'un vin, chauffe moyenne) : très floral, citronné, sur les agrumes avec un léger gras. Fine minéralité et très gros potentiel.
Fût 2 (Les Ruettes, chauffe blonde, même tonnelier) : plus frais et moins exhubérant, plus gras, plus glycériné et une impression de corpulence et de puissance marquée. Étonnamment, la chauffe plus douce laisse une empreinte plus boisée.
Fût 3 (autre tonnelier) : un nez grillé assez marqué, fumé et frais en bouche.
Cuve (13° d'alcool) : c'est fruité, sur la figue, une belle tension cristalline. Magnifique empreinte en finale.
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Un grand merci à Tessa et Monique pour leur accueil et leur bonne humeur. Nous attendons avec impatience les tentatives de brioches et de madeleines.
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A très bientôt.
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Bruno


PS : chose promise, voici la brioche « made in Roche aux Moines »