24 août 2021

Vins du Jura (et d'autres contrées)

Quelques impressions distillées au gré de dégustations pendant ces vacances estivales, dans l’ordre chronologique.


Pernand-Vergelesses, premier cru Clos du Village 2012, domaine Rapet père et fils : un nez minéral presque chablisien, une impression tellurique intense alliée à une fine réduction salivante. Bouche serrée, intense, minérale sur le caillou. Rondeur douce glycérinée sur une finale saline, fraîche et persistante. Beaux amers nobles en retour. Excellent

Fleurie, cuvée spéciale 2009, domaine Michel Chrignard : nez intense sur les fruits noirs, avec en complément une pointe acidulée. Bouche sur une belle fraîcheur beaujolaise, structurée, une pointe d’acidité maîtrisée. Finale sur des notes réglissées, peut-être un peu courte. Très Bien (+)

Malaga Cruz : un nez typé sur le pruneau, les cerises à l’alcool et les raisins de Corinthe. Bouche douce, légère sucrosité alliée à une acidité avec du grain. Bouche sur un registre frais. Finale sur une sucrosité élégante, pointe café et notes d’amers. Très Bien +

Gevrey-Chambertin, premier cru Lavaux Saint Jacques 2001, domaine Dugat-Py : nez assez discret dans un premier temps, entre puissance gibracoise et fruité du pinot fin. Très grande élégance sur la réglisse amère. Belle acidité en bouche, plutôt serrée, tonique et restant fraîche. Délicatesse avec un retour de fins amers en rétro-olfaction. Finesse des tannins avec un joli caractère. Excellent (+)

Côtes du Jura, les Chalasses VV 2012, Jean-François Ganevat : superbe nez de chardonnay noble, sur un équilibre minéral cristallin, avec une fine réduction salivante. A l’aération, notes florales et mentholées. Bouche en plein accord, avec une belle amertume, une acidité fraîche et une aromatique sur le menthol. Longue persistance sur le zan. Excellent +

Porto Tawny, 20 ans, Graham’s : grande finesse au nez, aromatique extraordinaire, sur le pruneau, la noix et la peau de pistache. Impression complémentaire de minéralité presque saline, voire tannique. Attaque en bouche sur une trame acide bien constituée, et presque perlante. Douceur ensuite sur le pruneau et les notes oxydatives. Tannins avec un beau caractère. Finale sur la longueur et la complexité, laissant un grain en bouche magnifique. Equilibre magistral entre acidité, amertume, salinité et sucrosité. EXCEPTIONNEL

USA, California, Ridge, Lytton Springs 2006 : nez sur une puissance et une aromatique profonde, complete par une pointe d’épices (malgré une légère fermeture). Très belle bouche corpulente, mais sachant rester fraîche et élégante. Notes de fruits noirs intenses, grain tannique épicé et belle aromatique. Finale presque « tendre » et fine. Pour amateur de vins corpulents. Excellent


Condrieu, la Berne 2010, Philippe Faury: nez complexe, à la fois fin et opulent. Notes de fruits gorgés de soleil, sur une belle tension acide et une pointe réglissée. Bouche sphérique avec du caractère, équilibrée. Tendresse et structure pour un vin « apaisé ». Finale sur une belle salinité, presque tannique, un soupçon d’épices. Excellent ++

Arbois, cuvée Tradition 1993, domaine Rolet : un nez de jaune élégant, sur la noix et le curry, d’une belle fraîcheur. Une impression de « sucre oriental », avec une aromatique salivante. Bouche complexe et équilibrée, entre acidité et notes de jaune. Finale sur une belle acidité avec du grain, fraîche et salivante. Retour en rétro-olfaction de notes de curry et de peau de noix. Excellent +

Sancerre, Chêne Marchand 2015, François Crochet : élégance et finesse au nez, sur un équilibre minéral qui sauvignonne doucement. Bouche serrée, tellurique, sur un équilibre salin. Belle empreinte sur la finale, avec les marqueurs du cépage, mais sans caricature. Très Bien ++

Palette, château Simone 2018 : un nez jeune sur une grande floralité, légère pointe capiteuse. Complémentairement, on décèle des notes salines, une aromaticité fine et une pointe fumée. Bouche jeune et tendre, fumée, sur une acidité salivante. Finale complexe, entre granulosité, glycérine et réglissé. Un vin plein de promesses. Excellent (+)

Pic Saint Loup, Guilhem Gaulcem 2009, Ermitage du Pic Saint Loup : nez méridional, une aromatique sur les herbes sèches, la garrigue. Bouche élégante, structurée, une pointe d’épices et des tannins de caractère. Finale toujours fraîche, finement mentholée. Grande buvabilité malgré les 15° annoncés. Excellent

Mosel-Saar-Ruwer, Zeltlingen Sonnenuhr Auslese 2002, Joh. Jos. Prüm : nez complexe, d’abord sur le pétrole et les terpènes, puis développant une aromatique fruitée et réglissée. Pointe d’ananas confit. Bouche assez ample, sur une acidité semi-perlante. Notes fruitées et belle amertume. Finale peut-être un peu en retrait, sur un registre « perlant ». Très Bien +

Chablis, Grand cru Grenouilles 2006, Jean-Paul et Benoit Droin : raide, décharné et sans intérêt.


Rully, premier cru Grésigny 2015, Paul et Marie Jaqueson : nez assez discret, sur un chardonnay minéral. Bouche par contre opulente, énergique, avec une amertume bien équilibrée. Grande fraîcheur saline. Finale marquante, puissante et profonde. Excellent

En battle sur une côte de bœuf :

* DOCG Barolo 2004, Poderi Aldo Conterno : nez très profond, sur un fruité intense, typé fruits noirs. Pointe complémentaire de pruneau et d’aneth. Grande sensualité en bouche, sur une trame acide bien définie et une sorte de douceur des tannins. Grain en bouche noble, soyeux. Longueur fraîche, saline et tannique. Finale apaisée par un côté réglissé / glycériné.

* Gevrey-Chambertin, premier cru Clos Prieur 2009, domaine Rossignol-Trapet : un pinot typique au nez, sur les fruits noirs, une pointe réglissée et de façon plus surprenante des épices douces. Un côté granuleux « rustique » transparaît. Notes d’alcool noble, type « fruits à l’alcool ». Puissance veloutée en bouche, alcool et fruits en symbiose. Le grain du Gevrey est magnifique, et dessine une finale fraîche, menthe et réglisse. Pointe d’amers nobles en rétro.

* Match nul : Excellent +

IGT Puglia, Why Not ? Zinfandel / Negroamaro 2020 : pas grand chose dans la bouteille.

Argentine, Mendoza, Malbec 2005, Catena Zapata : grand nez très aromatique et salivant. Impression de puissance et d’élégance, profonde. Bouche structurée puissante, tannins civilisés. Fraîcheur jusque dans la finale salivante, sur un registre m’évoquant les grands Cabernet Franc ! Retour sur les épices et une sorte de droiture et de rondeur. Excellent

Barsac, château Coutet 1998 : robe dorée. Nez rôti, laissant une impression de légèreté et de fraîcheur. Bouche soyeuse, tendre et finement rôtie. Grande finesse sur les zestes d’agrumes et belle acidité. Finale qui s’arrondit et devient plus opulente. Notes réglissées en complément. Excellent (+)

Alsace Pinot Gris, Vendanges Tardives 2011, Paul Ginglinger : nez finement exotique, pas loin du gewurztraminer, entre fleurs exubérantes (et mesurées) et aromatique orientale. Bouche avec une jolie douceur granuleuse. Impression de sucrosité « légère ». Roses et litchis s’associent. Grain salivant sur la finale bien tendue par l’acidité. Excellent +


Côtes du Roussillon, le Clos des Fées 2014, Hervé Bizeul : nez profond et intense, sur les fruits noirs et une impression tannique. Bouche puissante et structurée, sur une grande acidité. Petits tannins fins et légèrement granuleux. Finale sur une belle aromatique sudiste, enjôleuse, enrobée, presque glycérinée. Retour d’une amertume élégante. Excellent

Vouvray, Bretonnière 2015, domaine de la Taille aux Loups (Jacky Blot) : puissance minérale fraîche et claquante au nez. Notes de poudre calcaire, de gras et de glycériné. Bouche en plein accord, une grande tension, une acidité sur le fil bien maîtrisée, une aromatique florale. Finale sur un joli gras, finesse mentholée. Un vin jeune et plein de promesses futures. Excellent +

Arbois, vin jaune 2013, Jacques Tissot : aromaticité exceptionnelle au nez, d’abord sur le curry, puis la noix et la peau de noix. Attaque en bouche douce, d’abord sur des notes d’alcool associées à la noix, puis sur une aromatique et une épice type curry. C’est doux, enrobé, presque « confiture de lait ». La bouche est totalement tapissée. Finale à l’avenant, avec un supplément d’acidité et une allonge superlative. EXCEPTIONNEL

Mavcvin du Jura, Jacques Tissot : un nez assez végétal type céleri / cire d’abeille. Belle aromaticité, pointe de poivre blanc et d’amertume végétale de belle constitution. Bouche douce avec de jolis sucres, une salinité portée par l’aromatique sur la noix. Acidité tonique qui prolonge la finale, avec un dernier retour sur le poivre fin. Excellent (+)

Hermitage 2012, domaine Faugier-Gonnet : réconciliation avec la Syrah pourrait être le titre ! Nez sur le fruit intense, entre cerise et fruits noirs. Fragrances exceptionnellement fruitées, et complétées par une pointe fumée / épicée. Belle trame acide en bouche, fruits noirs, épices douces et « douceur ». Finale assez ronde mais ferme, glycérinée et sur l’aneth. Excellent

Mosel-Saar-Ruwer, Kaseler Nies’chen Auslese 2010, Erben von Beulwitz : une robe vieil or, un nez rôti intense, une aromatique sur les agrumes et l’ananas, dégageant une fraîcheur profonde. Liqueur douce et élégante en bouche, enveloppante. L’acidité est magistralement équilibrée. Notes d’ananas et de pamplemousse. Finale peut-être un peu courte pour tutoyer les sommets. Excellent

Saumur, Clos de la Rue 2011, château de Brézé : out.


Saumur, Chenin du Puy 2015, Frédéric Mabileau : superbe minéralité grasse au nez, sur un registre toujours frais. Bouche bien construite, encore jeune, mais associant tension et rondeur. Le vin est allongé, structuré, avec une pointe fumée en complément. Tendresse soyeuse en finale, avec en trame de fond une fine et belle réduction grillée. Excellent +(+)

Montlouis, Cuvée des Loups 2018, domaine de la Taille aux Loups (Jacky Blot) : une finesse aromatique au nez, sur un fruité élégant. Belle liqueur en bouche, minéralité saline et notes de sucre candy. L’aromatique est présente, un peu « mosellane ». Notes de rôti et de pâte de coing. Un équilibre original, loin de nos classiques ligériennes. Excellent

Nuits Saint Georges, premier cru Clos des Porrets Saint Georges 2000, domaine Henri Gouges : un vin sans intérêt.

Auxey-Duresses, les Crais 2014, Alain Gras : grand nez de chardonnay, sur une réduction assez marquée et salivante, et que j’affectionne particulièrement. Fruits murs et notes mentholés s’associent. Bouche sur un fruité gras, presque opulent, bien équilibré par la réduction moins prononcée en bouche. Un grain de belle facture avec du caractère. Très grande longueur sur l’élégance, avec amertume et fraîcheur au programme. C’est serré et salivant. Excellent (+)


Mosel-Saar-Ruwer, Erdener Treppchen 2007, Dr Loosen : nez fin et charmeur, sur une belle aromatique ananas et pamplemousse. Notes pétrolées fines dégageant un bel équilibre Bouche douce, semi-perlante, tenue par une belle acidité. Rondeur sur le sucre candy. Finale fraîche et fine. Excellent

Saint Aubin, premier cru En Remilly 2010, Marc Colin : nez de (très) grand chardonnay, sur la finesse, l’élevage juste, la réduction parfaitement dosée. Belle minéralité saline que l’on retrouve en bouche. Acidité bien élevée, qui claque. Joli gras, bouche salivante, saline à souhait, enveloppante et laissant une grande empreinte. Finale confirmant le statut de grand vin que ce Saint Aubin. Excellent ++

Pour le fun, quelques alcools pour des fins de soirée à la fraîche …


Bruno


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